Halacha pour vendredi 7 Nissan 5782 8 avril 2022

Pour la guérison totale de:
Jean-Luc Chélomo Ben Zéhira (Azoulay)
Yossef Avraham ‘Haïm Ben Frédérique Léa (Arfi)
Charles Chalom ben Sultana (Nakache)
Noa’am Avraham Chimchon ben Dalia (Ouaknin)
Ariella Téhila Bat Aviva Myriam
Parmis tous les malades d’Israël  

Pour l’élévation de l’âme de:
Mordé’haï (Ma’ha) Ben Avraham (SELLAM) z’’l
Gilbert Sassi Ben Yéhouda (Hadjadj) z’’l

Divré Torah sur Métsora’ - Shabbat Ha-Gadol

Par le Rav David A. PITOUN

2 Divré Torah

METSORA’

Du matériel au spirituel
(A partir des écrits du Gaon Rabbi David SHALITIEL shalita

Il est écrit dans notre Parasha:
« Lorsque vous arriverez dans le pays de Kena’an que je vous concède, je donnerai le fléau de la lèpre dans les maisons où vous résiderez …. Le Cohen ordonnera qu'on détache les pierres atteintes par la plaie et qu'on les jette hors de la ville, dans un lieu impur. Puis il fera gratter la maison intérieurement, autour de la plaie, et l'on jettera la poussière qu'on aura raclée hors de la ville, dans un lieu impur. On prendra d'autres pierres, que l'on posera à la place des premières; on prendra un autre mortier, et l'on recrépira la maison.»

Le fléau de la lèpre dont il est question dans la Torah, n’a strictement rien à voir avec la pathologie que nous connaissons de notre époque.
Preuve en est, la lèpre de la Torah peut frapper même les murs des maisons, comme nous le démontre notre verset.

Les lois qui sont mentionnées dans notre Parasha, et qui sont relatives à la lèpre, ne sont pas en vigueur de notre temps, puisque nous n’avons plus le Beit Hamikdash sans lequel nous ne pouvons pas offrir de sacrifices (comme on doit le faire lors d’une lèpre, selon la Torah), et que nous n’avons plus de Cohen capable d’examiner les personnes ou les murs d’une maison, pour déterminer s’ils sont purs ou impurs.

Selon Rashi, la Torah annonce ici à Israël que la plaie de la lèpre s’abattra plus tard sur leurs maisons (lorsqu’ils habiteront en Erets Israël), à cause des trésors d’or et d’argent que les Kena’anim vont cacher à l’intérieur des murs de leurs maisons, lorsqu’ils vont apprendre qu’Israël s’approche du pays pour en prendre possession sur ordre d’Hashem. Ne voulant pas que toutes leurs richesses passent aux mains d’Israël, les Kena’anim les cachèrent à l’intérieur des murs des maisons.
Par le fléau de la lèpre qui frappera les maisons, les Béné Israël sauront qu’il faut détruire les murs de la maison, et ils trouveront - grâce à cela - l’argent des Kena’anim, avec lequel ils s’enrichiront.

Rashi prend cet enseignement du Torat Cohanim, qui déduit cela à partir des termes « … je donnerai le fléau de la lèpre… » qui indiquent un cadeau pour le peuple d’Israël.

Cet enseignement du Torat Cohanim est également repris par le Zohar Hakadosh, qui émet une remarque:
Si la lèpre dans les murs des maisons, ne doit servir qu’à enrichir les Béné Israël, alors pourquoi la Torah interdit-elle de réutiliser les mêmes pierres et la même terre pour reconstruire ensuite la maison? L’objectif de la Mitsva est déjà atteint, en trouvant les trésors!

Le Zohar donne une toute autre raison au fléau de la lèpre dans la maison, raison qui va aussi dans l’intérêt d’Israël.
En effet, les Kena’anim construisaient leurs maisons, en invoquant les noms de leurs idoles. Par conséquent, un esprit d’impureté résidait sur la maison.
Hashem a voulu donc faire mériter à Israël de ne pas habiter dans une demeure impure, puisque tout le but de leur venue en Erets Israël n’était que de résider dans un lieu Saint.
C’est donc pour cette raison qu’Hashem ordonne non seulement de détruire la maison frappée de lèpre, mais aussi de ne pas réutiliser les pierres et la terre d’origine, et ainsi, les Béné Israël mériteront de résider dans un endroit réellement Saint.

A partir de ce point, le Zohar Hakadosh poursuit en disant que toute personne qui construit une nouvelle maison, doit stipuler verbalement qu’il construit cette demeure afin qu’elle soit digne et appropriée au Service d’Hashem. A ce moment là, un esprit de Sainteté émanant d’Hashem, va régner sur cette maison.
Tel est le sens du verset, dans le livre de Iyov (Iyov chap.5):

« … tu assigneras ta maison et ne trouveras rien en défaut. »
Ce qui veut dire, que lorsque tu assigneras ta maison, afin qu’elle soit consacrée au Nom d’Hashem, grâce à cela, reposera sur cette maison, un esprit de Sainteté et de pureté.

C’est ainsi que les Béné Israël se sont comportés lors de la construction du Mishkan.
Pour chaque chose qu’ils réalisaient, ils disaient : « Ceci est pour le Nom d’Hashem », « Ceci est pour le Mishkan », « Ceci est pour le Sanctuaire », « Ceci est pour le Rideau », et c’est grâce à cela, que résidait un esprit de Sainteté sur la demeure d’Hashem.
C’est comme cela que l’on transforme des éléments matériels en éléments spirituels de 1ère importance.

Il en est de même pour toute chose.
Lorsqu’on achète une maison, on doit dire qu’on l’achète Leshem Shamaïm
(pour la seule Gloire d’Hashem, même si on l’achète également pour notre propre nécessité), afin que réside un esprit de Sainteté sur cette maison.
Lorsqu’on achète quelque chose en l’honneur de Shabbat, on doit préciser verbalement « ceci est en l’honneur de Shabbat
(Li’hvod Shabbat) », et ainsi de suite pour toutes choses.
Grâce à cela, on peut transformer des pierres matérielles en pierres sacrées.

C’est d’ailleurs pour cette raison que nous avons l’usage - lorsque quelqu’un entre dans une nouvelle maison – de procéder à ‘Hanoukat Habaït (inauguration de la maison), en réunissant quelques personnes (un Minyan, pour que la She’hina puisse résider), qui prononceront des paroles de Torah. Cette tradition a une grande importance.

Shabbat Ha-Gadol
Il est rapporté dans le TOUR et le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 430) au nom du Midrash Sho’har Tov sur Tehilim 136:

Le Shabbat qui précède Pessa’h est surnommé « Shabbat Ha-Gadol » (le Grand Shabbat) en raison du Miracle qui s’est produit ce jour là.

En effet, la sortie d’Egypte eu lieu un jeudi 15 Nissan.
Le Shabbat qui précéda le départ d’Israël du pays d’Egypte – qui était donc le 10 Nissan, Hashem ordonna à Israël de se procurer un agneau par famille pour les besoins du Sacrifice de Pessa’h qui allait être réalisé la veille de leur départ et consommé dans la nuit qui précèdera leur départ.
Lorsque les Béné Israël exécutèrent l’ordre d’Hashem, les aînés d’Egypte leur demandèrent pour quelle raison ils se procuraient cet agneau.
Les Béné Israël répondirent qu’il allait servir au sacrifice de la nuit de Pessa’h pendant laquelle Hashem va frapper tous les aînés d’Egypte, et c’est pour cette raison qu’il nous demande de réaliser ce sacrifice et d’utiliser le sang de cet agneau en l’appliquant sur le fronton et les linteaux des portes de nos maisons pour que l’Ange de la Mort distingue entre es maisons juives et celles des Egyptiens.
En entendant ces explications, les aînés d’Egypte allèrent trouver leurs parents ainsi que Pharaon en leur demandant de laisser partir Israël afin d’échapper à une mort certaine, mais ils se heurtèrent à un refus catégorique.

Une terrible bataille éclata à ce moment-là entre les aînés d’Egypte et leurs parents, et de nombreuses victimes tombèrent ce jour-là, comme il est dit dans le Tehilim:
« Il frappe l’Egypte avec ses aînés ».
C'est-à-dire: l’Egypte fut frappée par ses propres aînés.
En voyant cela, les égyptiens voulurent se venger d’Israël et chacun brandit son épée pour exterminer le peuple d’Israël, mais Hashem les protégea dans sa grande miséricorde et infligea ce jour-là de terribles maladies aux égyptiens qui leur provoquèrent des souffrances atroces au point de leur faire tomber les dents et de leur provoquer des déchirures dans les intestins.
Les égyptiens durent se replier et abandonner leur projet d’extermination.

C’est pour toutes ces raisons que l’on appelle ce Shabbat « Shabbat Ha-Gadol » car c’est un grand jour pour Israël qui fut épargné de l’extermination.

Shabbat Shalom

Rédigé et adapté par Rav David A. PITOUN France 5782

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