Les différents textes rituels de la prière du peuple d’Israël ont des fondements sacrés.
Personne n’est autorisé à changer le texte rituel de la prière dans lequel ont prié ses ancêtres avant lui.
Un Séfaradi n’a pas le droit de changer son texte rituel de prière pour adopter celui des Achkénazim (ou pour adopter le rituel appelé « SFARD », qui est le rituel de prière des ‘HASSIDIM, et qui n’a rien à voir avec le rituel de prière SEFARAD).
Au contraire, il se doit de prier dans le rituel de prière SEFARADI ou ‘EDOT HA-MIZRA’H (les communautés d’orient).
De même, un Achkénazi n’est pas autorisé à changer de rituel de prière pour adopter celui des SEFARADIM.
Le Maguen Avraham écrit au nom du Ari Zal qu’il y a 12 portes dans le ciel, qui correspondent aux 12 tribus d’Israël. Lorsqu’une personne prie dans le rituel de prière de ses parents, sa prière passe par la porte qui lui correspond.
C’est pour cela qu’il ne faut pas changer de rituel de prière.
C’est ainsi que rapportent de nombreux autres grands décisionnaires.
Cependant, notre maître le ‘HYDA écrit (Chou’t Yossef Omets chap.20) :
« Qui avons-nous de plus grand que notre maître le Saint Ari Zal, qui était d’origine Ashkénaze, de la famille Louria, parent du MAHARCHAL, et qui pourtant priait constamment dans le rituel SEFARADI, comme il est expliqué dans Cha’ar Ha-Kavanot. »
Le ‘HYDA ajoute, dans un autre de ses ouvrage (Kécher Godal chap.12 note 9), encore au nom du Ari zal, qu’une prière dans le rituel SEFARADI passe par les 12 portes du ciel. C’est ainsi qu’écrit également l’auteur du Chalmé Tsibbour (page 108).
Selon tout cela, il semble qu’un Ashkénazi est autorisé à changer son rituel de prière pour adopter celui des Séfaradim.
C’est d’ailleurs ce qu’a réellement fait le Gaon Rabbi Nathan ADLER z.ts.l, qui n’est autre que le maître du célèbre ‘HATAM SOFER (Rabbi Moché SOFER z.ts.l).
En effet, comme il est rapporté dans le livre Tséror Ha-’Haïm (page 58, fin de la 4ème colonne. Référence citée dans Chou’t Yabiya’ Omer Tome 6 chap.11), Rabbi Nathan ADLER z.ts.l a sollicité le Gaon Séfaradi du nom de Rabbi ‘Haïm MODA’I z.ts.l, auteur du livre Chou’t ‘Haïm Le’olam, afin qu’il lui apprenne la prononciation SEFARADITE, ainsi que le rituel de prière SEFARAD. A la suite de cela, le Gaon Rabbi Nathan ADLER z.ts.l tenait toujours à diriger lui-même les offices dans sa propre synagogue, afin de prier selon le rituel de prière SEFARAD.
C’est ce qu’atteste le Gaon auteur du livre Tséror Ha’-Haïm, cité plus haut.
Le célèbre Gaon Ashkénazi, le RYDBAZ z.ts.l (Rabbi Yaakov David Ben Zeev WALOVSKY, à ne pas confondre avec le Radbaz Rabbi David Ben ZIMRA 16ème siècle) écrit dans son livre Chou’t Beit RYDBAZ (chap.27), dans une responsa adressée au Gaon Rabbi Yossef YEDID Ha-Lévy, de Syrie :
« Je peut dire que d’une certaine manière, votre façon de prononcer la langue hébraïque (prononciation SEFARAD) est plus juste que la prononciation Ashkénaze. Ceci à cause du fait que nous, juifs Ashkénazim, avons connus de nombreuses fois l’exile et l’errance à travers différents pays, et cet exil nous a obligé à modifier aussi bien notre tenue vestimentaire que notre langage, même notre langue étrangère, beaucoup plus que vous (Séfaradim). C’est pour cela qu’il faut croire que votre prononciation est plus juste que la notre. »
Cette opinion est non seulement partagée, mais confirmée de façon encore plus détaillée par un autre non moins célèbre Gaon Ashkénazi, Rabbi Yossef CHWARTZ z.ts.l, dans son livre Chou’t Divré Yossef (tome 2 page 166).
Il existe un autre rituel de prière que l’on appelle « A’HID », innové durant ces dernières décennies en Erets Israël, principalement au sein de l’armée.
Ce rituel n’est pas conforme au rituel SEFARAD, car il est composé essentiellement du rite Achkénaze.
Le Gaon Rabbi Avraham Its’hak Ha-Cohen KOOK z.ts.l écrit dans une lettre de recommandation au livre du Richon Lé-Tsion Rabbi Ben Tsion Meïr ‘Haï OUZIEL z.ts.l, qu’un Ashkenazi n’est pas autorisé à changer son rituel de prière pour adopter celui des Séfaradim, à cause de l’interdit de « Al Titoch Torat Ime’ha » (« N’abandonne pas l’enseignement parental »).
Mais comme nous l’avons développé, d’autres opinions Halachiques (Achkénazes !!) considèrent que le rituel de prières SEFARAD est le plus approprié, et qu’il est donc permis à un Achkénazi de changer son rituel de prières pour adopter celui des Séfaradim.
Il est à noté que le rituel de prière que certains appellent « le rituel de prières du ARI Zal », n’est pas réellement celui du Ari Zal, mais seulement une espèce de mélange entre le rituel de prières ACHKENAZE et le rituel de prière SEFARAD, qui est lui, réellement celui du ARI Zal.
Il est déplorable de constater qu’au fil des générations, la pure prononciation SEFARAD s’est quelques peu perdue dans « les méandre de la modernité du langage » !!!
L’hébreu que l’on appelle « moderne » est à l’origine de la perte de ce patrimoine.
Beaucoup prononcent aujourd’hui la lettre Kouf comme la lettre Kaf, et la lettre ‘Ain comme la lettre Alef. Ou bien la lettre ‘Het comme la lettre ‘Haf, et la lettre Hé comme la lettre Alef.
Chacun doit faire les efforts nécessaires afin de prier et de prononcer correctement les mots et les lettres de sa prière, pour qu’elle soit acceptée devant Hachem.
Si la personne n’y arrive pas même avec des efforts, elle peut poursuivre dans la prononciation à laquelle elle est habituée, car selon le strict Din il est permis de prier même en langue étrangère, et il est certain qu’une prière dite dans un hébreu mal prononcé est préférable à une prière dite en langue étrangère.