ATTENTION ! Seuls les habitants d’Israël sont concernés par cette Halacha
A partir de ce soir (mardi 28 octobre – soir du 7 ‘Héchvan) – nous commencerons (en Erets Israël) à demander la pluie dans la ‘Amida de ‘Arvit.
De ce fait, nous allons revenir sur les règles relatives à ce point, avec quelques ajouts.
L’institution de nos maitres à demander les pluies
Nos maîtres ont instauré une bénédiction particulière dans la prière quotidienne, qui s’appelle Birkatt Ha-Chanim (9ème bénédiction de la ‘Amida de semaine), la bénédiction des années.
À travers cette bénédiction, nous demandons à Hachem de nous gratifier de pluies bénéfiques (« Vétenn Tal Ou-Matar Livra’ha … »).
En Erets Israël, on commence à dire cette bénédiction (Barè’h ‘Alénou) dès le soir du 7 ‘Héchvan (cette année 5786, à partir de ce soir mardi 28 octobre, à ‘Arvit).
Tous les sujets de la Parnassa (subsistance matérielle) dépendent de cette bénédiction, car la pluie se dit en hébreu « Guéchem » qui vient de la racine « Gachmiyout » qui signifie « matérialité », puisque la chose la plus élémentaire que nous recevons véritablement directement d’Hachem, est la pluie, dont nous avons tellement besoin pour vivre.
Cette bénédiction des années - dans laquelle nous demandons la pluie - inclue tous les éléments de la vie matérielle nécessaires à l’homme pour servir Hachem.
Dans les générations passées, les gens ressentaient davantage le besoin des pluies, car on savait que sans la pluie, tout le monde mourrait de faim et de soif.
Mais de notre époque où Hachem voile sa face, les gens idiots pensent pouvoir se débrouiller sans la pluie, en filtrant l’eau de mer par exemple, ou autre …
En réalité, chacun a l’obligation d’implanter la foi en Hachem dans son cœur, en prenant conscience que tous les bienfaits existant dans ce monde, toute l’abondance dont on bénéficie dans ces dernières générations, tout provient d’Hachem, et nous devons donc exploiter la relative tranquillité et la paix morale que beaucoup de personnes ont de notre époque, afin d’augmenter davantage le service d’Hachem, et en plaçant sa confiance en Hachem, en exprimant notre reconnaissance envers Lui pour tous les bienfaits dont il nous gratifie, et ne pas détourner cette bonté en la transformant en mal, comme le font certaines personnes en affirmant que « c’est à leur force et à leurs mains qu’ils doivent toute leur puissance », Hachem se vengera de telles personnes dans ce monde-ci et dans le monde futur.
Pourquoi ne pas demander les pluies depuis Simh’at Torah ?
Bien qu’il aurait fallu normalement commencer à demander la pluie en Israël depuis la sortie de la fête de Chémini ‘Atseret, puisque c’est là que débute réellement la saison des pluies (c’est d’ailleurs pour cela que nous commençons à dire Machiv Ha-Roua’h Ou-Morid Ha-Guéchem depuis l’office de Moussaf de Chémini ‘Atseret), cependant, nos maîtres n’ont institué la demande des pluies qu’à partir du moment où le juif le plus éloigné d’Erets Israël, qui est venu en pèlerinage à Jérusalem lors de la fête de Soukkot, soit rentré chez lui (les juifs les plus éloignés habitaient Bavel – Babylone ou l’Irak actuel). Or, le temps pour atteindre Bavel à pied depuis Jérusalem, correspond précisément à 15 jours, ce qui reporte la demande des pluies au 7 ‘Héchvan, depuis la fin de la fête de Soukkot.
Même si de nos jours cette raison n’est plus valable, malgré tout, on ne doit pas changer une institution de nos maîtres.
Demander la Parnassa
Une personne qui désire demander sa Parnassa d’Hachem à travers la bénédiction des années, est autorisée à le faire, à la condition que sa demande soit correctement formulée et concise. Cette personne peut ajouter sa demande personnelle avant de conclure « Ki E-l Tov OuMétiv Atta Oumvare’h Ha-Chanim … ».
Dans de nombreux rituels de prières édités de nos jours, il existe un texte prévu pour la demande de la Parnassa dans la bénédiction de « Chéma’ Kolénou ».
Ce texte – qui est fixé à cet endroit de la ‘Amida, et qui contient également un Viddouy (aveu des fautes) – est fondé sur les enseignements de nos maîtres les Kabbalistes, et à leur tête, notre maître le saint ARI zal, selon qui il est bon de dire un tel texte dans la ‘Amida.
En dehors d’Israël
En dehors d’Israël, nous commençons à demander la pluie (en disant Barè’h ‘Alénou) qu’à partir du 4 décembre au soir lors de la prière de ‘Arvit.
Les années où le mois de février possède 29 jours, on commencera à dire Barè’h ‘Alénou à partir du 5 décembre au soir. Tel est l’usage en Europe et aux États-Unis.
Les régions dont le climat est inversé à celui d’Israël ou d’Europe - comme les pays où l’été se situe entre Soukkot et Péssa’h - ne doivent pas demander la pluie dans la Birkatt Ha-Chanim (ils ne diront jamais Bare’h ‘Alénou). De même, ils ne diront jamais Machiv Ha-Roua’h Ou-Morid Ha-Guéchem dans la bénédiction de Ata Guibor. Au moment de leur hiver, ils demanderont la pluie dans la bénédiction de Chéma’ Kolénou (en disant seulement « Véten Tal Ou-Matar Livra’ha ‘Al Kol Péné Ha-Adama »).
Pour les pays où les saisons sont inversées à celles d’Israël, comme l’Argentine et le Brésil, nous avions déjà discuté de ce problème dans le passé, et nous avions écrit la conclusion de la Halacha telle qu’elle est écrite dans le livre Halacha Béroura, selon lequel le statut des habitants de ces pays est le même que celui des habitants des Etats-Unis, où l’on demande la pluie le soir du 4 ou du 5 décembre, et nous avions précisé que telle était l’opinion des grands décisionnaires.
« L’aboutissement de l’acte prend sa source dans la pensée initiale »
A partir du jour où l’on commence à dire Barè’h ‘Alénou, il faut avoir une grande vigilance afin de ne pas se tromper en continuant à formuler la bénédiction des années comme on le fait durant tout l’été (Baré’hénou), car hormis le fait de transgresser ainsi l’interdit de réciter des bénédictions en vain, il y a également un grand manquement dans la conduite à avoir lors de la prière, puisqu’on ne prête pas attention à ce que l’on sort de la bouche.
De même, vis-à-vis de Machiv Ha-Roua’h Ou-Morid Ha-Guéchem, même si lorsqu’une personne se trompe en hiver et dit Morid Ha-Tal comme en été, cette personne ne doit pas recommencer pour cela la ‘Amida, malgré tout, les Kabbalistes écrivent que cela représente un grand défaut dans la prière (voir le livre ‘Hemdat Yamim dans les règles de Chémini ‘Atseret).
Un minimum d’attention peut suffire à chacun à s’épargner ce genre d’erreurs.
Dans la prochaine Halacha, nous expliquerons – avec l’aide d’Hachem – d’autres cas particuliers de ce sujet.