Halacha pour mardi 15 Iyar 5768 20 mai 2008

Pour l'élévation des âmes de:
Mme Carlotta (Cathy) FASSI z’’l (de Netanya, et anciennement de Lyon) 
Avraham Ben Avraham FUNK z’’l (de Lyon)
Désiré Ya’akov Ben Sa’ida BENSOUSSAN z’’l anciennement de Lyon 
Mordé’haï Ben Sim’ha OHAYON z’’l
Odelia Bat Esther (DRAY, fille de Mme MARCIANO z’’l de Lyon
Mme Sarah Bat Ra'hma AMAR z"l de Lyon
Mme Esther Bat 'Hassiba EL BAZ z"l de Lyon
Louis Avraham Ben Israël SAURA z''l (de Lyon)
Marco Its’hak Ben Dolly Dandouna Ha-Cohen z’’l
Dan Shlomo Ben Joël Yossef KTORZA z’’l de Sarcelles
Rabbi Its’hak Ben Yehouda (Rabbin ELHADAD) de Lyon z’’l
Mme Frewa’h Bat ‘Hanna BENSAID de Lyon z’’l 
Richard Amram Ben Chélomo AMAR z’’l de Lyon
Betty Rivka Bat Sultana PEREZ (GHOZLAND WEILL) z’’l anciennement de Lyon et Paris

Pour la guérison totale et rapide de:
Sylvie Mazal Esther Bat Régine 'Haya Sim'ha (PITOUN)
Ethan Chlomo Ben Yoni
Jacques Jacky Yaakov ‘Haïm Ben Odette Esther (BENADIBA) de Lyon
Alain Moché Ben Myriam (STEBOUN) de Lyon
parmi tous les malades d'Israël Amen.

Sefer Torah, Tefilin et Mezouzot sur parchemin enduit

Il est expliqué dans une Baraïta rapportée dans la Gmara Shabbat (79b), que selon une Halah’a transmise (oralement) à Moshé Rabbénou au Mont Sinaï, le Sefer Torah, les Tefilin et les Mezouzot doivent être rédigés sur du Klaf (parchemin)
(Il existe certaines différences entre les différentes catégories de Klaf, mais on ne s’étendra pas sur ce sujet ici).
Cette Halah’a est tranchée par tous les Poskim (décisionnaires).
Il est donc explicite qu’un Sefer Torah, des Tefilin ou des Mezouzot qui n’ont pas été rédigés sur du Klaf, mais sur autre chose, sont Péssoulim (non valables).
 
A partir de là, nous pouvons débattre sur notre sujet d’aujourd’hui.
De notre époque, il arrive que les Sofrim (les Scribes) écrivent sur une catégorie de Klaf que l’on enduit d’une matière particulière (comme de la laque) qui reste sur le Klaf, et qui le rend lisse, de tel sorte que cette matière facilite l’écriture, et la rend plus jolie.
Apparemment, puisque l’écriture ne repose pas réellement sur la surface du Klaf - la matière appliquée sur le Klaf faisant écran entre l’écriture et le Klaf – on ne peut rendre Casher de tel Sifré Torah, Tefilin ou Mezouzot.
Mais cette question est abordée parmi les Poskim.
L’auteur du Shou’t Panim Meïrot (Rabbi Meïr AYZENCHTAT ) écrit que ceux qui contestent la Casherout de tels Sifré Torah, leurs propos ne sont que pures futilités, car la matière appliquée sur le Klaf ne fait absolument pas séparation entre l’écriture et le Klaf, étant donné qu’il est expliqué dans la Guémara Soukka (37a) que tout élément qui vient embellir la Mitsva, ne fait pas séparation.
Puisque la matière est appliquée uniquement dans le but d’embellir le Klaf et l’écriture, il est certain qu’il n’y a pas là la moindre crainte que cela soit considéré comme une séparation entre le parchemin et l’écriture.
Le Shou’t Panim Meïrot ajoute encore d’autres arguments pour autoriser. Il écrit aussi qu’au contraire, la Mitsva est encore mieux accomplie (Mitsva Min HaMouv’har) avec de tel Sifré Torah enduit de cette matière, puisque l’écriture en est embellie, et il n’y a donc pas la moindre crainte.
Telle est également la conclusion Halah’ique du Gaon auteur du Haflaa (Rabbi Pin’hass HOROWITZ) , dans son livre Shou’t Giv’at Pinh’ass (chap.56), en fournissant d’autres arguments.
Le Gaon Rabbi Ishma’el Ha Cohen conclu également ainsi dans son livre Shou’t Zera’ Emet (tome 3 chap.135).
Tel est la conclusion de nombreux autres Poskim, puisque la matière appliquée sur le Klaf ne vient que pour embellir le Klaf, elle est annulée vis-à-vis du Klaf, et considérée comme partie intégrante du Klaf, et par conséquent, il n’y a là aucune crainte d’invalidité.
 
Mais l’opinion Halah’ique de ces Poskim, est réfutée par d’autres sommités de la Halah’a.
En effet, de nombreux Guéonim tranchent l’interdiction sur ce point.
Parmi eux, l’auteur du Meleh’et Shamaïm qui écrit qu’il n’est pas donné à chacun de déterminer quelle chose est considéré comme « embellissement de la Mitsva » et ce qui ne l’est pas, et d’en conclure qu’elle fait séparation ou pas ?
L’auteur du Shou’t Torah Lishma tranche également l’interdiction sur ce point, à titre de séparation entre l’écriture et le Klaf, et apporte une preuve à ses propos en citant l’enseignement de la Guémara Rosh Hashana (27b) selon lequel, si l’on a enduit le Shofar avec de l’or, le Shofar est Passoul (non valable), malgré que cela embelli le Shofar. Les Poskim s’étendent longuement sur ce sujet.
Mais dans la pratique, nombreux sont ceux qui autorisent d’écrirent des Sifré Torah sur un Klaf enduit.
Par conséquent, il est certain que celui qui s’autorise à réciter la Béra’ha sur un tel Sefer Torah, a un appui crédible dans la Halah’a, en particulier, au regard de l’usage répandu.

Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita apporte lui aussi un argument pour autoriser, à partir des propos de Rabbenou Avraham de ZONCHEIM, l’un de nos maîtres qui vécut à l’époque des Rishonim (décisionnaires de l’époque médiévale), (un disciple du MaHaRaM de ROTTENBOURG et probablement un compagnon d’étude du ROSH et du Mordéh’i).
Ce Gaon écrit dans son livre Barouh’ Sheamar – dans les règles relatives à la préparation du Klaf – que l’on doit prendre de la chaux que l’on concasse très finement, et que l’on disperse sur la surface du Klaf, ce qui permettra à l’encre de mieux s’imprégner, afin que les lettres ne se déforment pas.
Il en ressort de ses propos que cette action - qui ressemble fortement au fait d’enduire le Klaf d’une matière qui le rend lisse – n’invalide absolument pas l’écriture.
Il est donc prouvé – à partir des propos de ce Rishon – que la matière que l’on applique sur le Klaf ne fait pas séparation entre l’encre et le Klaf.
 
Cependant, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita écrit dans son livre Taba’at Hamele’h - son commentaire sur le Rambam – (page 60), que lorsque nous tolérons de réciter la Bérah’a sur un tel parchemin enduit de cette matière qui le rend lisse, cette tolérance ne concerne que le Sefer Torah et absolument pas sur les téfilin et les mézouzot.
En effet, nous pouvons associer l’opinion du Rambam – exprimée dans son livre Shou’t Peer Hador – selon laquelle, il est permi de réciter la Bérah’a même sur un Sefer Torah Passoul (non Casher). Donc, même dans l’hypothèse où un Sefer Torah rédigé sur un Klaf enduit, n’est pas Casher selon la Halah’a, compte tenu de l’opinion des Poskim qui autorisent, et en y associant l’opinion du Rambam selon laquelle il est permis de réciter la Bérah’a sur un Sefer Torah non Casher, il serai donc permis de réciter la Bérah’a sur un Sefer Torah dont le Klaf est enduit.
Même s’il est vrai que de nombreux Poskim contestent l’opinion du Rambam sur le fait de réciter la Bérah’a sur un Sefer Torah non Casher (d’ailleurs, lorsque l’on trouve, en pleine lecture de la Torah, une faute qui invalide le Sefer Torah, nous le changeons immédiatement), malgré tout, il est certain que l’opinion du Rambam peut au moins être associée à l’opinion des Poskim qui autorisent la récitation d’une Bérah’a sur un Sefer Torah dont le Klaf est enduit.
Par contre, concernant les Tefilin et les Mezouzot, il est très juste de prendre en considération – Léh’atéh’ila (de prime abord) – l’opinion des Poskim qui interdisent la rédaction de Tefilin ou Mezouzot sur un Klaf enduit.

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