Halacha pour dimanche 24 Elul 5780 13 septembre 2020

Pour l'élévation des âmes de:
Mme Carlotta (Cathy) FASSI z’’l (de Netanya, et anciennement de Lyon) 
Avraham Ben Avraham FUNK z’’l (de Lyon)
Désiré Ya’akov Ben Sa’ida BENSOUSSAN z’’l anciennement de Lyon 
Mordé’haï Ben Sim’ha OHAYON z’’l
Odelia Bat Esther (DRAY, fille de Mme MARCIANO z’’l de Lyon
Mme Sarah Bat Ra'hma AMAR z"l de Lyon
Mme Esther Bat 'Hassiba EL BAZ z"l de Lyon
Louis Avraham Ben Israël SAURA z''l (de Lyon)
Mme Esther Bat Sa'ouda MARCIANO z"l de Lyon
Marco Its’hak Ben Dolly Dandouna Ha-Cohen z’’l
Dan Shlomo Ben Joël Yossef KTORZA z’’l de Sarcelles
Rabbi Its’hak Ben Yehouda (Rabbin ELHADAD) de Lyon z’’l
Mme Frewa’h Bat ‘Hanna BENSAID de Lyon z’’l 
Richard Amram Ben Chélomo AMAR z’’l de Lyon
Betty Rivka Bat Sultana PEREZ (GHOZLAND WEILL) z’’l anciennement de Lyon et Paris

Pour la guérison totale et rapide de:
Sylvie Mazal Esther Bat Régine 'Haya Sim'ha (PITOUN)
Ethan Chlomo Ben Yoni
Jacques Jacky Yaakov ‘Haïm Ben Odette Esther (BENADIBA) de Lyon
Alain Moché Ben Myriam (STEBOUN) de Lyon
parmi tous les malades d'Israël Amen.

Doit-on pleurer à Roch Ha-Chana ?

Question: Quelle est la bonne manière à adopter lors des prières de Roch Ha-Chana ? Doit-on se stimuler à pleurer au moment de la prière, afin qu’Hachem ait pitié de nous et qu’il exauce nos demandes favorablement, ou bien est-il plus juste de prier avec joie?

Réponse:
Le devoir de réjouissance à Roch Ha-Chana
Les décisionnaire débattent afin de définir s’il y a un devoir de se réjouir le jour de Roch Ha-Chana, au même titre qu’il est un devoir de se réjouir durant les autres fêtes comme Soukkot, Péssah’ et Chavou’ot.
Sur le plan pratique, il est expliqué dans le Ché’iltoutt DéRav Ah’aï GAON (H’ayé Sarah) qu’il est un devoir de se réjouir le jour de Roch Ha-Chana.
De même, Rav Sar-Chalom GAON tranche ainsi dans ses responsa (il est cité par le ROCH dans ses commentaires sur Roch Ha-Chana chap.4) en disant que la réjouissance est en vigueur le jour de Roch Ha-Chana, et par conséquent, il est interdit de jeûner le jour de Roch Ha-Chana.
Il est également expliqué dans une responsa du RACHBA (vol.4 chap.262) au nom de Rabbénou Haï GAON qu’il est interdit de jeûner le jour de Roch Ha-Chana, comme il est dit dans le livre de Néh’émya : « Allez et consommez des mets gras, et buvez des douceurs … »

Roch Ha-Chana est consacré aux prières et aux supplications
Cependant, il est certain que le jour de Roch Ha-Chana est consacré de façon majeure aux prières et aux supplications devant Hachem, comme l’écrit Rabbénou Itsh’ak IBN GIAT dans le livre Méa Ché’arim (page 44), qu’il ne faut pas jeûner à Roch Ha-Chana. Le commentaire de nos maitres sur les 10 jours de Pénitence à partir du verset « Recherchez Hachem là où il se trouve » ne signifie pas qu’il faut consacrer ces jours au jeûne, mais plutôt à la prière et à la supplication. Ces jours se nomment d’ailleurs « Jours de pénitence » et non pas « Jours de jeûne ».
De ce fait, il ne faut pas jeûner le jour de Roch Ha-Chana, car on ne repousse pas la réjouissance du Yom Tov qui est une obligation.
C’est ainsi que d’autres décisionnaires médiévaux expliquent.

Il semble à partir de tout ceci qu’il n’est pas convenable de s’attrister et de se stimuler aux pleurs lors des prières de Roch Ha-Chana qui est un jour de réjouissance, mais plutôt de prier avec joie et amour.

Les propos de Rabbénou Ha-ARI zal
Cependant, il est vrai que Rabbénou H’aïm VITTAL (le disciple de Rabbénou Ha-ARI zal) atteste personnellement dans le livre Cha’ar Ha-Kavanott (page 90) que Rabbénou Ha-ARI zal avait l’usage de pleurer de façon significative lors des prières de Roch Ha-Chana. Il disait que celui qui n’est pas pris de pleurs ce jour là, c’est un signe que son âme n’est pas parfaite.
Ses propos sont cités dans les enseignements de nos maitres les décisionnaires des dernières générations, les Guéonim d’Orient et d’Occident.

Les propos du Gaon de Vilna
Mais le livre Ma’assé Rav (qui est un ouvrage relatant les usages et les attitudes du Gaon Rabbi Eliyahou de Vilna) rapporte au nom du Gaon qu’il ne faut pas pleurer le jour de Roch Ha-Chana, comme il en ressort du livre de Néh’émya (chap.8), où tout le peuple pleurait, mais ‘Ezra Ha-Sofer et Néh’émya s’adressèrent au peuple et lui dit : « Aujourd’hui est un jour sacré pour Hachem votre D.ieu. Ne vous affligez pas et ne pleurez pas … Allez et consommez des mets gras, et buvez des douceurs ! Envoyez des plats à celui qui n’en a pas, car ce jour est saint pour notre Maitre. Ne vous attristez pas, car la joie d’Hachem est votre force. »
C’est pour cette raison que le Gaon de Vilna exigeait que l’officiant dise le Kaddich ce jour-là en chantant une mélodie en l’honneur de Yom Tov.

Il semble que le Gaon de Vilna est en divergence sur ce point avec Rabbénou Ha-ARI zal. Quoi qu’il en soit, il semble que les propos de Rabbénou Ha-ARI zal sont assez difficiles à comprendre à la lueur des versets du livre de Néh’émya.

Les propos de notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF ztsl
Notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l écrit (dans son livre Chou’t Yabiya’ Omer vol.1chap.36, vol.9 chap.51, ainsi que dans son livre Chou’t Yéh’avé Da’at vol.2 chap.69, et dans son livre H’azon Ovadia-Yamim Noraïm page 87) qu’il n’y a en réalité aucune divergence d’opinion, et selon tous les avis, même s’il ne faut pas se stimuler aux pleurs et à la tristesse en raison de la sainteté de la fête, malgré tout, celui dont les pleurs viennent de façon naturelle lors des prières, émanant d’un saint engouement spirituel, par son grand attachement à Hachem et par sa concentration dans les prières des Yamim Noraïm (comme lorsqu’on pleure par émotion), il n’y a absolument aucun interdit, comme l’écrit similairement le Touré Zahav sur Ora’h H’aïm (chap.288 note 2) en citant un enseignement de nos maitres où il est expliqué que les élèves de Rabbi ‘Akiva trouvèrent leur maitre en train de lire le Chir Ha-Chirim le jour de Chabbat en pleurant. Leur maitre leur dit que même s’il ne faut pas pleurer pendant Chabbat puisque c’est un jour de ‘Oneg (plaisir), malgré tout, puisqu’il éprouvait personnellement un « plaisir » à pleurer, il lui était permis de le faire.
Le Touré Zahav explique que le grand attachement que Rabbi ‘Akiva éprouvait envers Hachem lui provoquait de verser des larmes lorsqu’il lisait ces textes, car il en percevait le sens profond.
Nous trouvons ce phénomène chez des Talmidé H’ah’amim (érudits en Torah) intègres qui prient avec concentration.
Nous avons aussi remarqué à de nombreuses fois, lorsque notre maitre le Rav z.ts.l lisait des émouvantes paroles des prophètes dans les Haftarott sur la Paracha de la semaine, il versait des larmes même Chabbat par émotion et par amour d’Hachem.
(notre maitre le Rav z.ts.l s’étend longuement sur le sujet dans son livre).

La règle est la même pour les personnes qui prient avec concentration le jour de Roch Ha-Chana en versant des larmes par émotion et engouement, ils agissent correctement.
Il est très clair que Rabbénou Ha-ARI zal – qui était le pilier mondial de la Kabbala, l’expert dans les enseignements du Zohar, pour qui aucun secret n’était ignoré et qui mettait en pratique les profonds enseignements qu’il étudiait – se mettait à pleurer le jour de Roch Ha-Chana uniquement par son grand attachement et sa sainte concentration dans les prières de Roch Ha-Chana, similairement au comportement de Rabbi ‘Akiva mentionné plus haut.

Il en est de même pour toute personne dont les pleurs viennent naturellement lors des prières de Roch Ha-Chana lorsque la chose se fait de façon naturelle et de façon conséquente à la lecture des textes sacrés de la prière. Il n’y a là aucun interdit.
Par contre, se stimuler à pleurer en employant volontairement une voix gémissante ou autre, on ne doit pas permettre, comme expliqué dans le livre de Néh’émya.
Même s’il ressort des propos de plusieurs décisionnaires des dernières générations qu’il faut se stimuler à pleurer, malgré tout, il ne faut pas agir ainsi dans la pratique, comme nous l’avons écrit.

En conclusion: Il ne faut pas pleurer le jour de Roch Ha-Chana. Les prières de Roch Ha-Chana doivent être dites dans la joie, avec une sainte harmonie et dans une grande concentration, car une prière sans concentration est comparable à un corps sans âme. Cependant, une personne dont les pleurs viennent de façon naturelle et qui prie en versant des larmes, il n’y a là aucune crainte d’interdiction, et cette personne est digne de bénédiction.
Puisse Hachem agréer nos prières de façon favorable, et que nous ayons tous le mérite d’obtenir une année bonne et pleine de bénédictions, en étant tous inscrits et scellés dans le Livre de la Vie, Amen.

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