Halacha pour lundi 22 Shevat 5786 9 février 2026

Pour la guérison totale de :
Gabriel Ben Simha
Nissim Ben 'Hanna (Roubach)
Azar Ben Lisa Kamouna (Cohen)
Maxime Moché Ben Sarah (Amar)
Michelle Bat Daisy Esther (Amar, née Madar)

Pour l'élévation de l'âme de :
Jacques Jacky Yaakov Ben Chalom (Ben Adiba) z''l
Alain Chélomo Ben Avraham (Sebban) z"l
Eliyahou El'hanan Its'hak Ben Yoël (Bouhnik) z"l
Ethan Eliyahou David Ben Fredj (Arfi) z"l
Georges Jojo Nissim Ben Moché (Hadjadj) z"l
Yvonne Ouarda Bat Sultana (Hadjadj, née Fitoussi) z"l

Une femme qui a le doute si elle a oui ou non récité le Birkatt Ha-Mazon

Cette Halacha est dédiée à l’élévation de la Néchama de
Mme Fortune Méssa’ouda Bat ‘Aïcha (Steboun) z’’l

Dans les précédentes Halachot, nous avons expliqué le principe du Din de « Safek Béra’hot Léhakel » (« Lors d’un doute sur la récitation d’une bénédiction, on ne la récite pas »), principe selon lequel chaque fois où l’on a un doute si l’on a oui ou non récité la bénédiction d’un aliment, on ne la récite pas dans le doute, puisque nous avons un principe selon lequel « Safek Dérabbanann Léhakel » (« Lors d’un doute sur une loi instaurée par nos maîtres, nous allons à la souplesse »). Or, puisque le principe des bénédictions n’est que Midérabanann (instauré par nos maîtres), on ne récite pas de nouveau la bénédiction dans le doute.
On n’est pas autorisé dans ce cas à s’imposer la rigueur de réciter la bénédiction, car en agissant ainsi on s’introduit dans un risque de récitation de bénédiction inutile dont l’interdiction est très grave, en raison de la prononciation du Nom d’Hachem en vain.

Nous avons écrit que tout ceci est valable uniquement pour les bénédictions dont l’obligation n’est pas Min-Ha-Torah (ordonnée par la Torah), mais lorsqu’il s’agit du Birkatt Ha-Mazon dont l’obligation est Min-Ha-Torah, en cas de doute si l’on a oui ou non récité le Birkatt Ha-Mazon, on est tenu de le réciter de nouveau, comme nous l’avons expliqué dans la précédente Halacha, en citant des détails sur ce point.

Le débat au sujet de l’obligation des femmes à réciter le Birakatt – Ha-Mazon
Nous devons maintenant débattre au sujet d’une femme qui a consommé du pain et s’est rassasiée de ce qu’elle a mangé, mais qui a le doute si elle a oui ou non récité le Birkatt Ha-Mazon. Doit-elle réciter de nouveau le Birkatt Ha-Mazon dans le doute – exactement comme un homme – ou non ?

Cette question dépend d’une autre question :
Les femmes sont-elles tenues Min-Ha-Torah (selon la Torah) de réciter le Birkatt Ha-Mazon, ou uniquement Midérabbanan (par ordonnance de nos maîtres) ?
Si nous considérons que les femmes sont tenues Min-Ha-Torah de réciter le Birkatt Ha-Mazon, il est certain que la femme doit elle aussi en cas de doute réciter de nouveau le Birkatt Ha-Mazon, mais si nous considérons que la femme n’est tenue que Midérabanann (seulement par institution de nos maîtres) de réciter le Birkatt Ha-Mazon, de ce fait le Birkatt Ha-Mazon est pour la femme exactement comme toutes les autres bénédictions instaurées par nos maîtres, et en cas de doute, elle ne doit pas de nouveau le réciter.

Pourquoi pourrions-nous dire que les femmes ne sont pas ordonnées par la Torah de réciter le Birkatt Ha-Mazon ?
Il est enseigné dans une Michna du traité Béra’hot (20b) que les femmes sont soumises à l’obligation de réciter le Birkatt Ha-Mazon.
La Guémara s’interroge si cette obligation pour les femmes est Min-Ha-Torah ou Midérabanann. Ce doute prend sa source dans le verset de la Torah à travers lequel nous apprenons l’obligation de réciter le Birkatt Ha-Mazon.
En effet, ce verset dit : « Tu mangeras, tu te rassasieras et tu béniras Hachem ton D. sur la terre qu’Il te donne. »
Or, la terre d’Israël n’a pas été donnée aux femmes par Hachem lors du partage de la terre, puisqu’à ce moment-là les femmes n’ont pas reçu d’héritage de la terre de façon indépendante, car le partage de la terre ne se faisait que par tribu.
Selon cela, on peut apparemment dire que les femmes sont exemptes Min-Ha-Torah de réciter le Birkatt Ha-Mazon.

Mais on peut faire remarquer que les filles de Tsélof’had ont reçu une part de la terre d’Israël, et de ce fait les femmes sont donc concernées par le partage de la terre. Mais il n’en est rien puisque la part reçue par les filles de Tsélof’had revenait à l’origine à leur père qui avait fait partie de ceux qui étaient sortis d’Égypte, mais de par elle-même, elles n’auraient rien reçu, car l’héritage de la terre ne se faisait que selon les tribus qui étaient affiliées au père.
De ce fait, nous pouvons encore dire que les femmes sont exemptes Min-Ha-Torah de réciter le Birkatt Ha-Mazon. (Rachi)

Nos maîtres les Richonim (décisionnaires de l’époque médiévale) débattent afin d’expliquer le sens de cette Guémara pour savoir si en conclusion les femmes sont réellement soumises à l’obligation de réciter le Birkatt Ha-Mazon Min Ha-Torah, ou bien si cette question reste un doute si elles sont soumises à cette obligation Min-Ha-Torah ou seulement Midérabanan.

Du point de vue de la Halacha, MARAN tranche dans le Choul’han ‘Arou’h (chap.186) que la question reste un doute et l’on ne sait pas si les femmes sont soumises Min-Ha-Torah à l’obligation de réciter le Birkatt Ha-Mazon, ou seulement Midérabanan.

C’est pourquoi, sur le plan pratique, en raison d’un doute sur des bénédictions, notre grand maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l a rédigé une formidable responsa sur cette question dans son livre Chou’t Yé’havé Da’at (tome 6), et conclut que puisqu’il y a un doute si la femme est soumise à l’obligation de réciter le Birkatt Ha-Mazon Min-Ha-Tora ou seulement Midérabanan, par conséquent une femme qui a le doute si elle a récité oui ou non le Birkatt Ha-Mazon, ne doit pas le réciter de nouveau dans le doute.

Malgré tout, puisque cette question reste un doute, si la femme en a la possibilité,
il est bon dans ce cas là qu’elle écoute le Birkatt Ha-Mazon de la bouche d’un homme ou d’une autre femme qui n’ont pas encore récité le Birkatt Ha-Mazon, qui penseront à l’acquitter de son obligation, et la femme elle aussi pensera à s’acquitter de son obligation en écoutant ce Birkatt Ha-Mazon.
En agissant ainsi, elle est quitte sans le moindre doute, et elle mérite que repose sur elle la Bénédiction.

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