Halacha pour mercredi 13 Kislev 5786 3 décembre 2025

Pour la guérison totale de :
Gabriel Ben Simha
Nissim Ben 'Hanna (Roubach)
Azar Ben Lisa Kamouna (Cohen)
Maxime Moché Ben Sarah (Amar)
Michelle Bat Daisy Esther (Amar, née Madar)

Pour l'élévation de l'âme de :
Jacques Jacky Yaakov Ben Chalom (Ben Adiba) z''l
Alain Chélomo Ben Avraham (Sebban) z"l
Eliyahou El'hanan Its'hak Ben Yoël (Bouhnik) z"l
Ethan Eliyahou David Ben Fredj (Arfi) z"l
Georges Jojo Nissim Ben Moché (Hadjadj) z"l
Yvonne Ouarda Bat Sultana (Hadjadj, née Fitoussi) z"l

Le moment valable pour allumer les Nérot ‘Hanouka

Période de danger
Avant de définir le moment le plus valable pour allumer les Nérot ‘Hanouka, nous devons expliquer un fondement général en rapport avec les Nérot ‘Hanouka :

A l’époque où s’est produit le miracle de ‘Hanouka, ainsi que durant les générations suivantes, la situation des juifs en Erets Israël était raisonnable, et de ce fait, tout le monde allumait les Nérot ‘Hanouka aux portes des maisons à l’extérieur, du côté de la rue, afin de divulguer au maximum le miracle de ‘Hanouka aux yeux des passants.

Cependant, avec le temps, les non-juifs portèrent de nouveau atteinte au peuple d’Israël en tout lieu où il vivait, et il y avait parfois un véritable danger pour les juifs si les Nérot ‘Hanouka étaient visibles de l’extérieur. De plus, à certaines époques, les autorités non-juives interdisaient totalement l’allumage des Nérot ‘Hanouka lorsque cela tombait en même temps que leur propre fête (Rachi sur Guémara Chabbat chap. Bamé Madlikin).
A d’autres époques, la situation n’était pas aussi grave que cela, mais malgré tout, les non-juifs brisaient et renversaient les ‘Hanoukiyot à terre (comme expliqué dans Méguilatt Ta’anit).
De sorte que dans la pratique, il n’était plus possible d’allumer les Nérot ‘Hanouka aux portes des maisons à l’extérieur.
En conséquence à tout cela, les sages d’Israël modifièrent leur institution, et on alluma dorénavant les Nérot ‘Hanouka à l’intérieur des maisons, et non aux portes à l’extérieur. Ainsi, on pouvait accomplir la Mitsva et divulguer le miracle au moins aux membres du foyer, comme l’enseignent nos maîtres : « En période de danger, il est suffisant de placer la ‘Hanoukiya sur la table. »

Le moment de l’allumage
Dans leur institution initiale de l’allumage des Nérot ‘Hanouka, l’objectif de nos maîtres était de le faire à un moment où la divulgation du miracle serait la plus optimale. C’est pourquoi, ils instaurèrent d’allumer les Nérot ‘Hanouka immédiatement à la sortie des étoiles, car c’est à ce moment que l’obscurité tombe et que les Nérot sont le plus visibles.
De même, ils instaurèrent de mettre suffisamment d’huile dans les Nérot afin qu’elles restent allumées au moins une demi-heure, car à l’époque de nos maîtres du Talmud, il y avait encore de nombreux passants dans les rues au-delà de la sortie des étoiles durant une demi-heure. Le miracle était donc divulgué aux yeux des passants lorsqu’ils voyaient les Nérot ‘Hanouka.
Mais « après le départ du dernier passant dans la rue », personne ne voit les Nérot ‘Hanouka. C’est pourquoi, dans tous les cas, il ne faut pas retarder l’allumage des Nérot ‘Hanouka au-delà d’une demi-heure après la sortie des étoiles.

L’opinion du RAMBAM et des autres décisionnaires
Dans les générations suivantes - où l’on n’allumait plus à l’extérieur mais à l’intérieur des maisons - il n’y avait donc plus de raison d’allumer à l’heure précise de la sortie des étoiles, car pour les membres du foyer, il n’y a aucune différence entre un allumage fait à l’heure de la sortie des étoiles ou quelques heures plus tard.
Mais comme précisé, l’essentiel de l’institution initiale de nos maîtres était d’allumer exclusivement à l’heure de la sortie des étoiles durant une demi-heure.

C’est pourquoi, notre maître le RAMBAM tranche que si l’on a dépassé la première demi-heure qui suit la sortie des étoiles sans allumer, on ne peut absolument plus allumer ce soir-là, puisque telle était l’institution de nos maîtres. (Les choses sont liées à la méthode propre au RAMBAM d’expliquer les enseignements de nos maîtres, mais nous ne pourrons pas nous étendre davantage dans le développement de cette méthode).

En parallèle des propos du RAMBAM, les Tossafot (Chabbat 21b) citent l’opinion de Rabbénou Its’hak selon qui, de notre époque (les Tossafot vivaient au moyen-âge), il n’y a absolument plus de notion d’allumer à l’heure exacte de la sortie des étoiles, et l’on peut – même Lé’haté’hila (même à priori) – allumer à une heure tardive dans la nuit.
Mais les Tossafot citent également l’opinion de Rabbénou Yossef Poratt selon qui, on est tenu - même de notre époque – d’allumer exclusivement à l’heure de la sortie des étoiles. Mais si l’on a tardé pour une raison quelle qu’elle soit, et que l’on n’a pas allumé à l’heure e la sortie des étoiles, même si l’on a tardé jusqu’à un moment proche de l’aube, on peut encore allumer les Nérot ‘Hanouka, car en définitive, le miracle de ‘Hanouka est divulgué aux membres du foyer même à une heure tardive. Ce n’est que Lé’hatéhila qu’il faut veiller à allumer conformément à l’institution initiale de nos maîtres.

L’opinion du RACHBA et de MARAN l’auteur du Choul’han ‘Arou’h
Notre maître le RACHBA écrit dans ses commentaires que même de notre époque (il vivait lui aussi au moyen-âge), il faut veiller à allumer les Nérot ‘Hanouka à l’heure exacte de la sortie des étoiles, et quoi qu’il en soit, ne pas retarder l’allumage au-delà de la première demi-heure depuis la sortie des étoiles. Mais Bédi’avad (à postériori) si quelqu’un a tardé et n’a pas allumé dans ce laps de temps, il peut encore allumer durant toute la nuit, car toute Mitsva en vigueur la nuit, est valable durant toute la nuit. Si ce n’est que l’essentiel de l’institution de nos maîtres était d’allumer à l’heure de la sortie des étoiles.
Selon l’opinion du RACHBA (et celle de Rabbénou Yossef Poratt), il n’y a pas de différence entre notre époque et celle de nos maîtres sur ce point, et il faut donc toujours veiller à ne pas avancer ni retarder l’heure de l’allumage fixé par nos maîtres. Il faut donc s’efforcer d’allumer exclusivement à l’heure de la sortie des étoiles. Mais Bédi’avad (à postériori) on pourra allumer durant toute la nuit.

MARAN tranche dans le Choul’han ‘Arou’h (chap.672) selon l’opinion du RACHBA.

La règle dans la pratique
Dans la pratique, il faut donc véritablement s’efforcer d’allumer les Nérot ‘Hanouka à l’heure exacte de la sortie des étoiles, et au moins durant la première demi-heure depuis la sortie des étoiles.
Cependant, si – pour une raison quelle qu’elle soit - quelqu’un a tardé au-delà de ce temps, il est autorisé à allumer même durant toute la nuit.

Dans sa jeunesse, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l donnait (déjà !) un cours de Torah chaque soir (en début de soirée) devant une centaine de personnes, et le cours durait environ 3 heures. Notre maître le Rav z.ts.l savait que s’il se rendait chez lui pour allumer les Nérot (à l’heure de la sortie des étoiles), les gens ne viendraient pas ensuite aussi nombreux pour écouter le cours. C’est pourquoi, il donnait le cours comme à son habitude, et ensuite chacun se rendait à son foyer et allumait les Nérot ‘Hanouka dans la joie.
Mais lorsqu’il n’y a rien pas d’impératif de cette nature – comme l’enseignement de la Torah à la collectivité –, il faut veiller à allumer exclusivement à l’heure de la sortie des étoiles, comme expliqué.

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