Halacha pour dimanche 21 Shevat 5786 8 février 2026

Pour la guérison totale de :
Gabriel Ben Simha
Nissim Ben 'Hanna (Roubach)
Azar Ben Lisa Kamouna (Cohen)
Maxime Moché Ben Sarah (Amar)
Michelle Bat Daisy Esther (Amar, née Madar)

Pour l'élévation de l'âme de :
Jacques Jacky Yaakov Ben Chalom (Ben Adiba) z''l
Alain Chélomo Ben Avraham (Sebban) z"l
Eliyahou El'hanan Its'hak Ben Yoël (Bouhnik) z"l
Ethan Eliyahou David Ben Fredj (Arfi) z"l
Georges Jojo Nissim Ben Moché (Hadjadj) z"l
Yvonne Ouarda Bat Sultana (Hadjadj, née Fitoussi) z"l

Lorsqu’on a le doute si l’on a récité le Birkatt Ha-Mazon ou pas

Cette Halacha est dédiée à l’élévation de la Néchama de
Mme Fortune Méssa’ouda Bat ‘Aïcha (Steboun) z’’l

Dans les précédentes Halachot, nous avons expliqué de façon générale le principe de « Safek Béra’hot Léhakel » (« Lors d‘un doute sur la récitation d’une bénédiction, on ne la récite pas »), principe selon lequel si une personne a le doute si elle a oui ou non récité une bénédiction sur ce qu’elle est en train de consommer, elle ne doit pas réciter la bénédiction sur ce qu’elle consomme par doute, car elle s’introduirait dans un risque de prononcer le Nom d’Hachem en vain en récitant de nouveau la bénédiction, car il est probable qu’elle a déjà récité cette bénédiction sur ce qu’elle consomme. Malgré cela, cette personne peut poursuivre sa consommation, selon le principe de « Safek Dérabbanane Léhakel » (« lors d’un doute sur une ordonnance de nos maîtres, nous allons à la souplesse »), or puisque le devoir des bénédictions alimentaires est Midérabanann (instauré par nos maîtres), chaque fois que l’on est face à un doute, nous considérons qu’il ne faut pas dire de nouveau la bénédiction.

Nous avons précisé que tout ceci n’est valable que pour les bénédictions dont l’obligation est Midérabanann (par institution de nos maîtres), mais lorsqu’il s’agit du Birkatt Ha-Mazon dont l’obligation est Min Ha-Torah (ordonnée par la Torah) (puisque dès lors où l’on a mangé du pain et que l’on est rassasié de ce que l’on a mangé, on est soumis à l’obligation de réciter le Birkatt Ha-Mazon Min Ha-Torah, comme il est dit : « Tu mangeras, tu te rassasieras, et tu réciteras la bénédiction… »), le Din est que même dans le doute, on est tenu de réciter de nouveau le Birkatt Ha-Mazon, car lors d’un doute sur une ordonnance de la Torah, nous allons à la rigueur.

Est-ce que l’intégralité du Birkatt Ha-Mazon est « Min Ha-Torah » ?
En réalité, lorsque nous avons écrit que l’obligation de réciter le Birkatt Ha-Mazon est Min Ha-Torah, ce n’est vrai que pour les 3 premières bénédictions du Birkatt Ha-Mazon qui sont : « Ha-Zan Ete Hakol » ; « ‘Al Ha-Arets Vé’al Ha-Mazon » ; « Boné Yérouchalaïm ».
Par contre, la 4ème bénédiction, qui est surnommée « Ha-Tov Véhamtiv » (« La’ad Ha-El Avinou Malkénou … ») n’est pas Min Ha-Torah mais seulement instaurée par nos maîtres dans le Birkatt Ha-Mazon.
Selon cela, il semble évident qu’il n’y a pas à réciter de nouveau cette bénédiction en cas de doute, selon le principe de « Safek Béra’hot Léhakel ».

L’opinion du Maguen Avraham
Cependant, le Maguen Avraham (au chap.184) écrit que chaque fois où il faut recommencer le Birkatt Ha-Mazon à cause du doute, il faut également redire la bénédiction de « Ha-Tov Véhamétiv », car si l’on considère qu’il ne faut pas la dire de nouveau, on pourrait en arriver à en négliger son importance vis-à-vis des autres bénédictions du Birkatt Ha-Mazon. Il cite plusieurs grands décisionnaires qui tranchent de cette façon, comme entres autres le Maharach ‘HAYOUN ou le Mahary HA-LEVY.
De nombreux autres décisionnaires approuvent cette opinion et écrivent que même si concernant un doute dans les autres bénédictions nous tranchons « Safek Dérabbanan Léhakel », malgré tout lorsque sont mélangées ensemble des bénédictions Min Ha-Torah avec des bénédictions Midérabanan, nous tranchons qu’il faut réciter de nouveau toutes les bénédictions, afin que l’on n’en vienne pas à négliger l’importance de ces bénédictions qui ne sont pas Min Ha-Torah.

L’opinion du Lé’hem Michné
Le Gaon auteur du livre Eliya Rabba écrit qu’il a trouvé dans le Lé’hem Michné qu’il ne faut pas réciter de nouveau la bénédiction de « Ha-Tov Véhamétiv » en cas de doute, car elle n’est pas Min Ha-Torah. C’est également ce qu’écrit le Gaon auteur du ‘Olatt Tamid, puisque la forme des termes précis employés par MARAN dans le Choul’han ‘Arou’h selon lesquels on recommence le Birkatt Ha-Mazon en cas de doute sont : « car son obligation est Min-Ha-Torah ». Oor, ces termes indiquent que c’est exclusivement la partie Min Ha-Torah du Birkatt Ha-Mazon qu’il faut redire en cas de doute, mais la 4ème bénédiction qui - elle - n’est pas Min Ha-Torah, ne doit pas être dite en cas de doute.
C’est également l’avis de nombreux autres décisionnaires selon lesquels chaque fois qu’il y a un doute sur le Birkatt Ha-Mazon on ne doit recommencer que les bénédictions dont l’obligation est Mine-Ha-Torah, mais la 4ème bénédiction du Birkatt Ha-Mazon dont l’obligation n’est que Midérabanann, il ne faut pas la dire en cas de doute.

La règle dans la pratique
Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l, après s’être longuement étendu sur le sujet en citant les différents avis parmi les décisionnaires, conclut qu’en raison du doute, il ne faut pas dire la bénédiction de « Ha-Tov Véhamétiv » lorsqu’on récite le Birkatt Ha-Mazon dans le doute, et il ne faut dire dans ce cas que les 3 premières bénédictions du Birkatt Ha-Mazon.

En conclusion : Celui qui a consommé du pain et qui est rassasié de sa consommation, mais qui a le doute s’il a oui ou non récité le Birkatt Ha-Mazon, doit le réciter de nouveau par doute, mais dans ce cas il ne doit réciter que les 3 premières bénédictions du Birkatt Ha-Mazon, et non la 4ème bénédiction qui est celle de « La’ad Ha-El Avinou Malkénou… », car celle-ci ne doit pas être récitée en cas de doute.

Dans la prochaine Halacha, nous expliquerons – avec l’aide d’Hachem – le Din pour les femmes sur ce point.

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