Après la sortie des étoiles le jour du 9 Av, il est permis de manger et de boire.
Nous avons l’usage de réciter Birkat Ha-Lévana (bénédiction que l’on récite chaque mois à la vision de la lune) après la prière de ‘Arvit, à la sortie du 9 Av.
Il est bon de goûter quelque chose avant de réciter Birkat Ha-Lévana.
Certains ont l’usage de rechausser les chaussures en cuir et se laver le visage et les mains avant de réciter Birkat Ha-Lévana, à la sortie du 9 Av.
(Selon certains avis Halachiques, il ne faut pas réciter Birkat Ha-Lévana à la sortie du 9 Av, mais notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l écrit que l’usage est de réciter Birkat Ha-Lévana à la sortie du 9 Av.)
Certains ont l’usage de procéder à la Nétilatt Yadaïm (sans Béra’ha) dès la sortie du 9 Av comme lorsqu’on se lave les mains le matin au réveil, car le matin du 9 Av nous avons procédé à une Nétila réduite puisque nous avons lavé les mains seulement jusqu’aux phalanges. Ceci est un bon usage.
Nos maîtres enseignent dans la Guémara Ta’anit (29a) :
Le 7 Av, les non-juifs ont pénétré à l’intérieur du Hé’hal (le Kodech Ha-Kodachim, l’endroit le plus sacré du Temple de Jérusalem), ils y ont mangé et bu toute la journée du 8 ainsi que celle et du 9, puis le 9 vers le soir, ils y allumèrent un incendie qui brûla toute la journée du 10 Av, au point où Rabbi Yo’hanann dira plus tard :
« Si j’avais vécu à cette génération, j’aurais instauré le jeûne à la date du 10 Av, car la majeure partie du Hé’hal se consuma ce jour-là ».
Mais nos maîtres instaurèrent le jeûne à la date du 9 Av, car ils ont considéré que le malheur est plus dur à son commencement.
Il est rapporté dans le Talmud Yérouchalmi que Rabbi Abounn jeûnait le 9 et le 10 Av, mais cependant, nos maîtres n’ont pas voulus – selon le strict Din – instaurer 2 jours de jeûne, car nous n’avons pas la force de jeûner 2 jours.
Malgré tout, puisque le jour du 10 Av est lui aussi un jour de malheur, il est un bon usage de ne pas consommer ni de viande ni de vin le soir du 10 Av (à la sortie du 9 Av) ainsi que la journée du 10 Av jusqu’au coucher du soleil (Chki’a).
Les Achkénazim ont l’usage de se l’interdire seulement jusqu’à ‘Hatsott (la moitié de la journée) du 10 Av.
Il est permis aux Séfaradim et originaires des communautés du Moyen-Orient de se laver, de se couper les cheveux (et de se raser) et de laver le linge dès la sortie du 9 Av.
Les Achkénazim ont l’usage de s’imposer la ‘Houmra (la rigueur) sur ce point également la journée du 10 Av (jusqu’à ‘Hatsott – la moitié de la journée).
Il est enseigné dans la Guémara Ta’anit (30b) :
Toute personne qui mange et boit le jour du 9 Av (sans motif d’exemption Halachiquement valable), ne méritera pas de voir la réjouissance de Jérusalem. Toute personne qui prend le deuil de Jérusalem, est méritante et voit sa réjouissance, comme il est dit dans le livre du prophète Yécha’ya :
שִׂמְחוּ אֶת-יְרוּשָׁלִַם וְגִילוּ בָהּ, כָּל-אֹהֲבֶיהָ; שִׂישׂוּ אִתָּהּ מָשׂוֹשׂ, כָּל-הַמִּתְאַבְּלִים עָלֶיהָ. (ישעיה סו-)
Réjouissez-vous pour Jérusalem, exultez de joie, vous qui l’aimez, exprimez l’allégresse avec elle, vous qui prenez le deuil pour elle. (Yécha’ya 66-10)
Nous constatons que nos maitres ont employé ici la forme présente pour toute personne qui prend le deuil de Jérusalem : « est méritante et voit sa réjouissance », alors qu’il aurait été plus juste d’employer la forme future : « sera méritante et verra sa réjouissance ».
Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l explique en disant qu’il a été décrété sur le mort (toute personne qui meurt) d’être oublié au bout de 12 mois (c’est généralement ce qui se produit, puisque les endeuillés se consolent de la disparition du défunt au bout de 12 mois, et la peine commence à s’estomper), alors que pour Ya’akov Avinou il est dit (lorsque Ya’akov pleura son fils Yossef, pensant qu’il avait été dévoré par une bête sauvage) :
וַיָּקֻמוּ כָל-בָּנָיו וְכָל-בְּנֹתָיו לְנַחֲמוֹ, וַיְמָאֵן לְהִתְנַחֵם ... (בראשית לז-לה)
Tous ses fils et toutes ses filles se levèrent afin de le consoler, mais il refusa de se consoler … (Béréchit 37-35), car il n’a pas été décrété pour un être vivant d’être oublié. Or, Yossef était encore vivant.
Il en est de même pour le Beth Ha-Mikdach et Jérusalem.
Malgré les nombreuses années qui se sont écoulées depuis la destruction de Jérusalem, on continue à porter son deuil, car le Temple qui se trouve au Ciel, existe, comme il est dit :
... מִקְּדָשׁ, ה' כּוֹנְנוּ יָדֶיךָ. (שמות טו-יז)
… Le Sanctuaire d’Hachem, que tes mains ont réalisé. (Chémot 15-17) , et le 3ème Temple – rapidement et de nos jours – descendra construit depuis le Ciel.
Le fait de prendre le deuil pour Jérusalem, représente donc un bon signe pour la personne, car elle est « méritante et voit sa réjouissance ».
En effet, le simple fait de prendre le deuil pour Jérusalem exprime que le Temple existe encore, et qu’un jour, nous verrons sa réjouissance.
Nos maîtres ont déjà enseigné que le Machiah’ Ben David doit naître un 9 Av.
Qu’Hachem nous donne le mérite de voir de nos propres yeux le retour d’Hachem à Tsion (Jérusalem), par la reconstruction du Temple. AMEN.