Il est dit dans la Torah :
כָּל-אַלְמָנָה וְיָתוֹם, לֹא תְעַנּוּן. אִם-עַנֵּה תְעַנֶּה אֹתוֹ, כִּי אִם-צָעֹק יִצְעַק אֵלַי, שָׁמֹעַ אֶשְׁמַע צַעֲקָתוֹ.
וְחָרָה אַפִּי, וְהָרַגְתִּי אֶתְכֶם בֶּחָרֶב; וְהָיוּ נְשֵׁיכֶם אַלְמָנוֹת, וּבְנֵיכֶם יְתֹמִים. (שמות כב-כב, כג)
N'infligez jamais la moindre souffrance à toute veuve, ni à tout orphelin. Si tu le (s) fais souffrir, sache que, quand sa (leur) plainte s'élèvera vers moi, assurément j'entendrai sa (leur) plainte. Mon courroux s'enflammera, et je vous ferai périr par le glaive, et alors vos femmes aussi deviendront veuves et vos enfants orphelins. (Chémot 22-22, 23)
Il est expliqué à travers ces versets de la Torah qu’Hachem est très exigeant vis-à-vis de la dignité et du respect des gens défavorisés, les orphelins et les veuves.
La Torah exprime explicitement le châtiment infligé à celui qui les fera souffrir, il finira par mourir et son châtiment sera trop lourd à supporter.
Rabbénou Ba’hyé (dans son commentaire sur Béréchit chap.37) cite un enseignement de nos maîtres dans le Midrach, selon lequel lorsque la Torah met en garde sur le respect de la veuve et de l’orphelin, cela concerne même la veuve d’un roi, ou bien les orphelins d’un roi. Ceci en raison du fait que dans une telle situation « ils se sentent (eux aussi) rabaissés et leur larme est fréquente. »
Il explique aussi le fait qu’Hachem écoute particulièrement la prière des orphelins et des veuves, car les autres personnes - lorsqu’elles subissent du désarroi - se tournent vers leurs amis et leurs proches, et placent toute leur confiance en eux. Alors que la veuve ou l’orphelin - qui ne bénéficient généralement pas d’autant de soutien moral que les autres – ne placent leur confiance qu’en Hachem.
C’est pourquoi, Hachem écoute particulièrement leur plainte, et « Il prend leur défense dans leurs querelles ». (Michlé 22-23)
Nos maîtres enseignent encore dans le Midrach (Otsar Ha-Midrachim page 262) que lorsque Moché Rabbénou monta dans la montagne du Sinaï, on lui montra depuis le Ciel tout ce qui se passait dans le ciel. Il vit les anges qui entonnaient un chant devant Hachem, ainsi que d’autres visions précieuses. Ensuite, on lui montra des personnes impies (Récha’im) qui étaient suspendues la tête en bas et les pieds en haut, et depuis la plante de leurs pieds jusqu’à leurs têtes, ils étaient couverts de supplices tous aussi durs que douloureux. Les impies imploraient et disaient :
« Donnez-nous la mort et lassiez nous mourir ! », comme il est dit :
הַמְחַכִּים לַמָּוֶת וְאֵינֶנּוּ ... (איוב ג-כא)
Ceux qui attendent la mort qui ne vient pas … (Iyov 3-21).
Moché demanda aux anges :
« Quels ont été les actes de ces gens pour souffrir à ce point ?! »
Les anges lui répondirent :
« Ces gens ont fait souffrir des veuves et des orphelins. »
Et si nous voyons parfois que les prières des veuves et des orphelins ne sont pas exaucées, c’est en raison de l’enseignement donné par nos maîtres dans la Guémara (Chabbat 33a) selon lequel :
La vulgarité verbale entraîne de grands malheurs, et l’innovation de durs décrets, ainsi que la mort de jeunes gens du peuple d’Israël (qu’Hachem nous en préserve…). Les orphelins et les veuves implorent Hachem mais ne sont pas répondus comme il est dit dans le livre du prophète Yécha’ya :
עַל-כֵּן עַל-בַּחוּרָיו לֹא-יִשְׂמַח ה', וְאֶת-יְתֹמָיו וְאֶת-אַלְמְנוֹתָיו לֹא יְרַחֵם, כִּי כֻלּוֹ חָנֵף וּמֵרַע, וְכָל-פֶּה דֹּבֵר נְבָלָה; בְּכָל-זֹאת לֹא-שָׁב אַפּוֹ, וְעוֹד יָדוֹ נְטוּיָה. (ישעיה ט-טז)
C'est pourquoi, Hachem ne se réjouit pas de ses jeunes gens, ni n'éprouve aucune pitié pour ses veuves et ses orphelins, car tous, ils sont hypocrites et malfaisants, toutes les bouches profèrent des propos honteux. Malgré cela, sa colère ne s'apaise point et sa main reste étendue. (Yécha’ya 9-16)
Malgré tout cela, Hachem reste davantage fidèle à l’écoute de la prière des orphelins et des veuves, qu’aux autres prières.
Toute personne leur faisant subir des souffrances, le danger est étendu comme un filet sous ses pieds.
Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l était très vigilant envers le respect des orphelins et des veuves, et sa porte leur était ouverte. Il n’était pas rare de le voir amasser de l’argent pour une veuve.
Un jour, il entendit parler d’une veuve isolée, l’épouse d’un grand Rav décédé.
Il envoya son digne petit-fils, le Gaon Rabbi Ya’akov SASSON Chlita (directeur de notre site Halacha Yomit) chez elle afin de la bénir en son nom et prendre de ses nouvelles.
De même, il s’investit lui-même de nombreuses fois pour plusieurs veuves et orphelins d’une manière véritablement exceptionnelle.
De nombreux autres Guéonim agirent ainsi, comme entre autres le Gaon Rabbi Chélomo Zalman OYERBACH z.ts.l qui – lors de chaque fête – rendait visite à une veuve de sa famille, afin de réjouir son cœur.
Il faut porter attention à cela, et ne pas délaisser les gens défavorisés et les nécessiteux, bien évidemment en agissant dans la sainteté et la pudeur.