Dans la précédente Halacha, nous avons expliqué qu’à la sortie de Chabbat, on dit dans la ‘Amida de ‘Arvit le passage de « Ata ‘Honantanou ».
Nous avons écrit qu’en cas d’oubli de la mention de ce passage, on ne recommence pas la ‘Amida.
Cependant, nous avons aussi précisé que si l’on a non seulement oublié la mention de « Ata ‘Honantanou », et que l’on a également consommé par erreur avant de dire la Havdala sur le verre de vin (il est interdit de consommer à la sortie de Chabbat avant de dire la Havdala, même si l’on a dit « Ata ‘Honantanou »), dans ce cas de « double oubli » le Din exige de recommencer la ‘Amida de ‘Arvit en mentionnant le passage de « Ata ‘Honantanou », et en disant ensuite la Havdala sur le verre de vin.
Lorsqu’on a réalisé par erreur un travail à la sortie de Chabbat
Nous allons à présent traiter du cas de la personne qui a non seulement oublié de dire le passage de « Ata ‘Honantanou » dans la ‘Amida à la sortie de Chabbat, mais qui a ensuite - par erreur – également réalisé un travail (une des activités interdites pendant Chabbat). Par exemple : La personne oublie de dire le passage de « Ata ‘Honantanou » dans la ‘Amida de ‘Arvit, et se déplace ensuite en voiture sans dire au préalable la formule « Barou’h Ha-Mavdil Ben Kodech Lé’hol » (formule abrégée de la Havdala). Cette personne doit-elle recommencer la ‘Amida de ‘Arvit comme dans le cas d’oubli de « Ata ‘Honantanou » et de consommation par erreur avant Havdala, ou bien la règle est-elle différente ?
En d’autres termes : La réalisation d’un travail en ayant oublié « Ata ‘Honantanou » dans la ‘Amida, est-elle équivalente à la consommation par erreur avant Havdala en ayant oublié « Ata ‘Honantanou » dans la ‘Amida ?
Certes, ce cas précis n’est pas mentionné dans le Choul’han ‘Arou’h.
Mais l’un des principaux décisionnaires médiévaux - notre maître le RACHBA (dans ses commentaires sur la Guémara Béra’hott 33a) - écrit que la règle exigeant de recommencer la ‘Amida de ‘Arvit à la sortie de Chabbat en cas d’oubli de « Ata ‘Honantanou » est en vigueur « lorsqu’on a oublié de dire Ata ‘Honantanou et que l’on a consommé ou réalisé un travail, avant de dire la Havdala sur le verre de vin. »
Nous constatons explicitement que le RACHBA fait une réelle équivalence entre le cas de la personne qui a oublié « Ata ‘Honantanou » dans la ‘Amida de ‘Arvit et a ensuite consommé par erreur avant Havdala, et le cas de la personne qui a oublié « Ata ‘Honantanou » dans la ‘Amida de ‘Arvit et a ensuite réalisé par erreur un travail avant Havdala.
C’est effectivement ainsi que tranche le Gaon Rabbi ‘Akiva EIGUER dans notre cas, à la lueur des propos du RACHBA.
Par conséquent, selon le Din, une personne qui a oublié « Ata ‘Honantanou » dans la ‘Amida de ‘Arvit, et a ensuite réalisé par erreur un travail avant Havdala, doit recommencer la ‘Amida de Arvit en disant « Ata ‘Honantanou », et elle dira ensuite la Havdala sur le verre de vin, exactement comme pour la personne qui qui a oublié « Ata ‘Honantanou » et a ensuite consommé par erreur avant Havdala.
Avant de recommencer la ‘Amida de ‘Arvit, il est bon qu’elle émette une condition en disant : Si je suis réellement tenu selon la Halacha de recommencer la ‘Amida, que celle-ci soit considérée comme obligatoire. Sinon, qu’elle soit considérée comme une prière offerte (Téfilatt Nédava).
Telle est la décision Halachique de notre maître, le Gaon & Richon Lé-Tsion Rabbi Its’hak YOSSEF Chlita dans son livre Yalkout Yossef-Chabbat 1 (nouvelle édition 5771 vol.1 chap.268-22).
Le vin de la Havdala pour les femmes
Les femmes sont soumises à l’obligation de Havdala exactement comme les hommes.
Une femme devant dire la Havdala elle-même, doit le faire sans la moindre crainte.
Après la Havdala, selon l’usage de certains, les auditeurs de la Havdala goutent le vin restant dans le verre.
Il est vrai que selon certaines opinions Halachiques, il est bon que les femmes ne boivent pas le vin de la Havdala, et cet usage restrictif possède quelques sources puisqu’il est cité par le Chla Ha-Kadoch (le livre Chéné Lou’hot Ha-Bérit) et d’autres décisionnaires.
Cependant, cet usage n’est pas complètement décisif, car d’autres décisionnaires – comme le Gaon auteur du Méoré Or – écrivent que cet usage selon lequel les femmes ne boivent pas le vin de la Havdala, n’a pas réellement de raison valable.
Quoi qu’il en soit, selon tous les avis, lorsqu’une femme doit faire elle-même la Havdala, elle a l’obligation de boire le vin, exactement comme un homme.
Elle n’a dans ce cas aucune crainte à avoir.
Telle est la décision Halachique de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l dans son livre ‘Hazon Ovadia-Chabbat (vol.2 page 408).