Halacha pour vendredi 28 Adar 5785 28 mars 2025

Pour la guérison totale de :
Azar Ben Lisa Kamouna (Cohen)
Maxime Moché Ben Sarah (Amar)
Michelle Bat Daisy Esther (Amar, née Madar).

Pour l'élévation de l'âme de :
Ethan Eliyahou David Ben Fredj (Arfi) z"l
Georges Jojo Nissim Ben Moché (Hadjadj) z"l
Yvonne Ouarda Bat Sultana (Hadjadj, née Fitoussi) z"l

Pékoudé - Le Beit Ha-Mikdach et le bavardage dans les synagogues

Commentaires rédigés par le Rav David PITOUN, pour Halacha Yomit 

Notre Paracha revient sur les mesures exactes du Michkan (Temple mobile, dont la construction fut ordonnée par Hachem à Israël).
אֵלֶּה פְקוּדֵי הַמִּשְׁכָּן מִשְׁכַּן הָעֵדֻת ... (שמות לח-כא)
« Voici les mesures du Michkan, Michkan qui sera une résidence du témoignage
(du pardon d’Hachem pour le veau d’or)… » (Chémot 38-21, 1er verset de notre Paracha)

Rachi : La répétition du mot: « Michkan » fait allusion à sa prise en gage (de la racine « Machkonn » qui signifie un gage), lors des deux destructions du Beit Ha-Mikdach, à cause des fautes d’Israël.

Dans son livre ‘Alénou Lé-Chabéa’h (Chémot page 550), le Gaon Rabbi Its’hak ZILBECHTEIN Chlita fait mention d’une explication très originale sur le commentaire de Rachi de notre verset :
Dans la Paracha de Michpatim que nous avons lu il y a quelques semaines, au sujet des lois sur le prêt d’argent, lorsqu’un prêteur a pris en gage le manteau d’un emprunteur, la Torah oblige ce prêteur à restituer ce gage à l’emprunteur, avant le coucher du soleil.
Si le Beit Ha-Mikdach a un statut de gage, pourquoi Hachem ne nous le restitue pas ?!

En réalité, la réponse se trouve dans la suite des versets de Michpatim au sujet du prêt d’argent :
En effet, la Torah précise la raison pour laquelle le prêteur se doit de restituer le gage à l’emprunteur avant le coucher du soleil, car s’il ne le fait pas, Hachem dit : « s'il m’implore, je l'écouterai, car je suis compatissant. ». Il n’est donc pas dans l’intérêt du prêteur de ne pas restituer le gage, puisqu’Hachem écoutera les implorations de l’emprunteur propriétaire du gage, et se vengera du prêteur.

Malheureusement, lorsque le gage confisqué n’est autre que le Beit Ha-Mikdach, personne n’implore ni ne se plaint !! Cela ne dérange personne !!!
Alors pourquoi Hachem devrait-il restituer le gage ???!!
Même si ne serait-ce qu’une seule personne prie et implore Hachem afin qu’il nous rende le Beit Ha-Mikdach, cette personne se verrait bénéficier de toute l’abondance et de la résidence de la Ché’hina (présence divine) dont elle aurait bénéficié dans le Beit Ha-Mikdach, s’il existait.

Terrible et troublant !!!

Grâce à ces explications terrifiantes, nous pouvons également résoudre une difficulté dans le Choul’han ‘Arou’h (O.H 124-7) dans les règles relatives au comportement de l’assemblée durant la répétition de la ‘Amida par l’officiant.
Voici les propos du Choul’han ‘Arou’h :
« On ne doit pas bavarder pendant que l’officiant répète la ‘Amida. La personne qui bavarde, commet une faute, sa faute sera trop lourde à porter, et on doit le réprimander. »

« Sa faute sera trop lourde à porter » A ce point ??!

Cette expression n’est employée qu’une seule et unique fois dans toute la Torah.
A quelle occasion ?
Lorsque Kaïn a assassiné son frère Hével, il s’exprima ainsi :
« Ma faute sera trop lourde à porter ! »

Quel lien peut-il y avoir entre le meurtre et le bavardage dans la synagogue ?!
Comment peut-on comparer ces deux fautes ?!

En fait, si l’on sait que la sainteté du Beit Ha-Mikdach se trouve aujourd’hui dans les synagogues et les maisons d’étude, nous sommes en mesure de comprendre la gravité du fait de bavarder en ces lieux saints !
La personne qui bavarde en de tels lieux, exprime de la façon la plus claire, qu’elle méprise le Beit Ha-Mikdach, qu’Hachem nous en préserve !!

Toute la bénédiction qui résidait jadis dans le Beit Ha-Mikdach est insignifiante aux yeux de cette personne !!

Un juif, pour qui le Beit Ha-Mikdach ne représente rien si ce n’est que mépris et indifférence, ne vaut-il pas moins qu’un meurtrier ?!

A présent, nous comprenons qu’une personne qui sait garder sa bouche et sa langue dans l’enceinte de la synagogue et de la maison d’étude, au moins pendant toute la durée de la prière, a dans les mains la possibilité d’acquérir l’abondance qui se trouvait dans le Beit Ha-Mikdach, car – comme nous l’avons expliqué plus haut – la raison pour laquelle Hachem ne nous a pas restitué le « gage », le Beit Ha-Mikdach, ne réside que dans le fait que nous ne l’implorons pas assez pour cela !

Si même quelques particuliers imploraient Hachem et prouvaient par leur attitude qu’ils désirent le retour de notre glorieux sanctuaire dans son prestige, leur serait déversée toute cette forte abondance qui régnait dans le Beit Ha-Mikdach, et qui épargnait au peuple d’Israël toute la ration de malheurs qui pèse sur nous de nos jours.

Comment pouvons-nous nous définir comme des gens qui « implorent » Hachem, et à qui l’absence du Beit Ha-Mikdach dérange réellement ?
Si nous savons garder nos bouches et nos langues en ne bavardant pas dans les synagogues, nous mériterons l’abondance de la Kétorètt (l’encense brûlée jadis dans le Beit Ha-Mikdach), qui était symbole de vie, et elle nous sauvera nous aussi de toutes les épreuves et maladies.

Au sujet du lien entre le bavardage et la destruction, il est intéressant de lire les propos du Rav Its’hak ZILBERCHTEIN Chlita lui-même, dans un autre de ses ouvrages, Touvé’ha Yabi’ou (tome 2 page 321).
Il cite les propos de l’ancien Admour de GOUR z.ts.l , auteur du Imré Emet, confiés à l’ancien Rav de la ville de Bné Brak, le Rav Ya’akov LANDAU z.ts.l :
« Si la Shoah a ravagé les juifs Ashkénazes et a épargné les juifs Séfarades, c’est parce que les juifs Séfarades avaient un profond respect de leurs synagogues, et ils étaient réputés pour ne jamais bavarder lorsqu’ils se trouvaient à la synagogue (même si cela a malheureusement quelque peu changé de nos jours !), alors que les juifs Ashkénazes dédaignaient (pour beaucoup) la sainteté de la synagogue et bavardaient durant l’office. » Fin de citation.

On remarquera que les sources de ces propos sont totalement Ashkénazes !!

Une légende célèbre affirme que la cathédrale notre dame de Paris abritait dans le passé une synagogue, et elle fut transformée en lieu d’idolâtrie seulement parce que les fidèles n’y respectaient pas la dignité des lieux, et bavardaient librement durant les offices !!

Chabbat Chalom !

8 Halachot Les plus populaires

Vaygach

Nous sommes aujourd’hui à la date du 10 Tévet, jour de jeûne public pour tout le peuple d’Israël. Vous pouvez consulter les règles relatives à un jour de jeûne ici, dans une Halacha antérieure consacrée au jeûne du 17 Ta......

Lire la Halacha

Vay’hi – La force d’une bonne parole

Commentaires rédigés pour Halacha Yomit par le Gaon Rabbi Zévadya COHEN Chlita, chef de tous les tribunaux rabbiniques de Tel Aviv Dans notre Paracha, Ya’akov Avinou rassemble ses enfants auprès de lui et les bénit avant de quitter ce monde, comme il est ......

Lire la Halacha

Toledott – Des propos mal formulés peuvent faire des dégâts !

Commentaires rédigés par le Rav David PITOUN, pour Halacha Yomit וְאֵלֶּה תּוֹלְדֹת יִצְחָק, בֶּן-אַבְרָהָם: אַבְרָהָם, הוֹלִיד אֶת-יִצְחָק. (בראשית כה-יט) Voici les descendances d’Its’hak fils d’Avraham, Avraham engendra Its’hak. (Bérechit 25-19 ; 1e......

Lire la Halacha

Dégustation du vin par les auditeurs après le Kiddouch

Question : Est-ce que les convives ont l’obligation de goûter le vin après le Kiddouch ? Réponse : Il existe une tradition selon laquelle lorsque le récitant a terminé le Kiddouch, après avoir bu la quantité obligatoire de Rov Révi&rsqu......

Lire la Halacha


L’obligation de manger dans la Soukka

Un repas régulier (Sé’oudat Kéva’) – Pain ou Pizza Pendant les jours de la fêtes de Soukkot – aussi bien la journée que la nuit – il est interdit de consommer un « repas régulier » (Se’oudat Kéva’......

Lire la Halacha

A partir de quelle heure pouvons-nous allumer les Nérot de ‘Hanouka ?

ATTENTION ! A partir de ce soir jeudi 4 décembre en France (et dans d’autres pays), dans la ‘Amida d‘Arvit, nous passons à la période hivernale et nous disons « BARE’H ‘ALENOU ». Voici 3 liens sur les règles relatives à ce......

Lire la Halacha

Lorsqu’on a oublié de dire « Ata ‘Honantanou »

Notre maître le RAMBAM écrit (chap.29 des règles relatives à Chabbat) : Il est un commandement positif de la Torah de sanctifier le jour de Chabbat par des paroles, comme il est dit : זָכוֹר אֶת-יוֹם הַשַּׁבָּת, לְקַדְּשׁוֹ. (שמות כ-ז) Souviens-toi du jour du Chabbat po......

Lire la Halacha

Vayétsé – En protégeant l’intellect, on protège aussi le corps !

Commentaires rédigés par le Rav David PITOUN, pour Halacha Yomit Contexte : Obéissant à l’ordre de Rivka sa mère, Ya’akov Avinou se fait passer pour son frère jumeau ‘Essav aux yeux de leur père Its’hak, qui était ave......

Lire la Halacha