Halacha pour lundi 3 Adar 5784 12 février 2024

Pour la guérison totale de :
Gabriel Ben Simha
Nissim Ben 'Hanna (Roubach)
Azar Ben Lisa Kamouna (Cohen)
Maxime Moché Ben Sarah (Amar)
Michelle Bat Daisy Esther (Amar, née Madar)

Pour l'élévation de l'âme de :
Jacques Jacky Yaakov Ben Chalom (Ben Adiba) z''l
Alain Chélomo Ben Avraham (Sebban) z"l
Eliyahou El'hanan Its'hak Ben Yoël (Bouhnik) z"l
Ethan Eliyahou David Ben Fredj (Arfi) z"l
Georges Jojo Nissim Ben Moché (Hadjadj) z"l
Yvonne Ouarda Bat Sultana (Hadjadj, née Fitoussi) z"l

« Que ma bouche soit pleine de Ta louange »

Question : Si par erreur, j’ai introduit un aliment dans ma bouche sans réciter la bénédiction, comment dois-je agir ?

Réponse : Il est enseigné dans la Guémara Béra’hot (50b) : Rav Yéhouda dit au nom de Rav : Si quelqu’un a oublié de réciter la bénédiction sur un aliment, et l’a introduit dans sa bouche, il doit le pousser sur un côté (de sa bouche) et réciter la bénédiction.
Cela signifie que si l’on a introduit un aliment dans la bouche en oubliant de réciter au préalable la bénédiction, il faut dans ce cas pousser l’aliment dans un coin de la bouche, afin de pouvoir réciter la bénédiction, puis réciter la bénédiction et consommer.

La Guémara cite ensuite 3 Baraïtot (enseignements de la même époque que la Michna) sur ce sujet, et ces 3 enseignements semblent se contredire entre eux.
En effet, les 3 Baraïtot traitent de notre sujet, c’est-à-dire, le cas où l’on a introduit un aliment dans la bouche sans réciter la bénédiction, mais chacune de ces Baraïtot tranche de façon différente :
La première indique qu’il faut avaler l’aliment. La deuxième indique qu’il faut recracher l’aliment, car il est interdit de consommer sans bénédiction préalable. Et la troisième indique qu’il faut pousser l’aliment sur le côté de la bouche – exactement comme l’opinion de Rav Yéhouda citée plus haut – et réciter ensuite la bénédiction.

La Guémara explique que ces 3 enseignements ne sont pas en contradiction :
La première Baraïta - selon laquelle il faut avaler - traite de boisson, et puisqu’il est impossible de réciter une bénédiction en ayant une boisson dans la bouche, il faut donc avaler. S’il reste de la boisson devant la personne, elle récitera la bénédiction et poursuivra sa consommation.
La deuxième Baraïta – selon laquelle il faut recracher l’aliment – traite du cas où l’aliment ne devient pas dégoutant lorsqu’on l’extrait de la bouche, comme un bonbon par exemple lorsqu’on l’a seulement introduit dans la bouche sans le croquer. Il faut dans ce cas sortir l’aliment de la bouche, réciter la bénédiction et le consommer.
La troisième Baraïta – selon laquelle il faut pousser l’aliment dans un coin de la bouche et réciter la bénédiction – traite du cas où l’aliment devient dégoûtant lorsqu’on l’extrait de la bouche. Dans un tel cas où l’on n’a pas le choix, il faut le pousser dans un coin de la bouche et réciter la bénédiction.

Pourquoi ne pas pousser systématiquement l’aliment dans un coin de la bouche (même lorsqu’il n’est pas dégoûtant une fois extrait de la bouche) et réciter la bénédiction ?
La Guémara répond à cette question en disant : car il est dit : « Que ma bouche soit pleine de Ta louange » (Téhilim 71). Cela signifie que toute la bouche doit être remplie de la bénédiction adressée à Hachem, et il n’est pas correct de réciter une bénédiction en ayant un aliment dans la bouche. Ce n’est que lorsqu’il n’y a pas d’autre choix (lorsque l’aliment devient dégoûtant une fois extrait de la bouche), que nos maîtres ont autorisé à pousser l’aliment dans un coin de la bouche et réciter la bénédiction.

Du point de vue de la Halacha, MARAN tranche dans le Choul’han ‘Arou’h (chap.172) exactement selon les propos de la Guémara, et si l’on a introduit une boisson dans la bouche sans avoir récité la bénédiction, il fait avaler, et ne pas réciter la bénédiction.
Mais selon le RAMA, il faut réciter la bénédiction immédiatement après avoir avalé, puisqu’il se souvient encore de ce qu’il vient de boire, il est donc encore approprié de réciter la bénédiction.
Apparemment, il semblerait que c’est ainsi que les Achkénazim doivent agir dans cette situation, puisqu’ils tranchent généralement selon l’opinion du RAMA.
Mais le Michna Béroura écrit au nom des A’haronim (décisionnaires des derniers siècles) que la majorité des décisionnaires approuvent sur ce point l’opinion de MARAN l’auteur du Chou’lhan ‘Arou’h. Par conséquent, même selon l’usage des Achkénazim, si l’on a introduit une boisson dans la bouche en oubliant de réciter la bénédiction au préalable, il faut avaler, et l’on ne doit pas réciter la bénédiction après avoir avalé.

Mais il est évident que si l’on continue ensuite à consommer de la boisson, il faut réciter la bénédiction en pensant à acquitter rétroactivement ce que l’on a bu avant.

Si l’on a introduit un aliment solide dans la bouche en oubliant de réciter la bénédiction au préalable, s’il s’agit d’un aliment qui ne devient pas dégoûtant lorsqu’on l’extrait de la bouche, il faut l’extraire, réciter la bénédiction et le consommer. S’il s’agit d’un aliment qui devient dégoûtant lorsqu’on l’extrait de la bouche, il faut le pousser dans un coin de la bouche et réciter la bénédiction.

En conclusion : Lorsqu’on a introduit une boisson dans la bouche sans avoir récité la bénédiction, il faut l’avaler. Si l’on désire boire de nouveau, il faut réciter la bénédiction en pensant à acquitter rétroactivement ce que l’on a bu auparavant.
S’il s’agissait d’un aliment solide qu’il est possible d’extraire de la bouche sans en être dégoûté, il faut l’extraire, réciter la bénédiction et le consommer.
Si l’aliment deviendra dégoûtant une fois extrait de la bouche, il faut le pousser dans un coin de la bouche et réciter la bénédiction.

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