Halacha pour vendredi 2 Shevat 5784 12 janvier 2024

Pour la guérison totale de :
Gabriel Ben Simha
Nissim Ben 'Hanna (Roubach)
Azar Ben Lisa Kamouna (Cohen)
Maxime Moché Ben Sarah (Amar)
Michelle Bat Daisy Esther (Amar, née Madar)

Pour l'élévation de l'âme de :
Jacques Jacky Yaakov Ben Chalom (Ben Adiba) z''l
Alain Chélomo Ben Avraham (Sebban) z"l
Eliyahou El'hanan Its'hak Ben Yoël (Bouhnik) z"l
Ethan Eliyahou David Ben Fredj (Arfi) z"l
Georges Jojo Nissim Ben Moché (Hadjadj) z"l
Yvonne Ouarda Bat Sultana (Hadjadj, née Fitoussi) z"l

Vaéra

Commentaires rédigés par le Gaon Rabbi Ya’akov SASSON Chlita,
directeur de notre site Halacha Yomit, et digne petit-fils de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l

Dans notre Paracha, nous découvrons 7 des 10 plaies qu’Hachem infligea à l’Egypte.
Les versets nous apprennent – tel que nous l’expliquent nos maîtres – qu’en Egypte de ces temps-là, il y avait de nombreux sorciers, qui maîtrisaient les démons et les actes de sorcellerie, comme il est dit :

Moché et Aharon se rendirent chez Pharaon et firent exactement comme l'avait prescrit Hachem. Aharon jeta son bâton en présence de Pharaon et de ses serviteurs et il devint serpent. Pharaon, de son côté, manda les experts et les magiciens; et les devins de l'Égypte en firent autant par leurs prestiges. Ils jetèrent chacun leurs bâtons et ils se transformèrent en serpent, mais le bâton d'Aharon engloutit les leurs. (Chémot 7-10-12)

De même, il est dit par exemple, après la plaie des grenouilles :
Autant en firent les devins par leurs enchantements ils suscitèrent des grenouilles sur le pays d'Égypte. (Chémot 8-3)

Nos maîtres expliquent dans la Guémara Sanhédrin (67b) :
Tout endroit où les termes « leurs enchantements » (בלטיהם) sont employés, cela désigne la sorcellerie. Tout endroit où les termes « leurs prestiges » (בלהטיהם) sont employés, cela désigne la maîtrise des démons, car les égyptiens savaient réaliser des choses par la force de la sorcellerie, et savaient également provoquer l’agissement des démons pour réaliser différentes choses, qui avaient l’apparence de miracles et de merveilles.

C’est pourquoi les égyptiens ne furent pas très impressionnés des premières plaies qu’ils subirent, la plaie du sang et celle des grenouilles.
Ce n’est que lors de la plaie des poux, que le texte dit :

Hachem dit à Moché « Parle ainsi à Aharon : Étends ton bâton et frappe la poussière de la terre, elle se changera en vermine dans tout le pays d'Égypte. » Ils obéirent : Aharon étendit sa main armée de son bâton, frappa la poussière de la terre et la vermine couvrit hommes et bêtes; toute la poussière de la terre se transforma en vermine, par tout le pays d'Égypte. Les devins essayèrent à leur tour, par leurs enchantements, de faire disparaître la vermine, mais ils ne purent : la vermine resta sur les hommes et sur le bétail. Les devins dirent à Pharaon : « C’est le doigt de D.ieu ! » (Chémot 8-12-15)

Nos maîtres expliquent la différence entre la plaie des poux lors de laquelle les égyptiens dirent « C’est le doigt de D.ieu ! », et les deux premières plaies (sang et grenouilles) où ils ne le reconnurent pas ?
Parce que les égyptiens pouvaient – au moyen de la sorcellerie – dominer les animaux à leur guise. Mais pour des animaux minuscules – d’une taille inférieure à un grain d’orge, comme des poux – il est impossible de les dominer au moyen de la sorcellerie.
Les égyptiens comprirent alors qu’il n’était pas question d’une sorcellerie habile, mais véritablement du « doigt de D.ieu ».

Mais nous devons malgré tout comprendre pourquoi ont-ils employé le terme « doigt » ?
Ils devaient plutôt dire tout simplement : « La chose vient de D.ieu ».
Pourquoi utiliser exclusivement le terme « doigt » ?

En réalité, les égyptiens étaient de grands philosophes. Ils comprirent qu’il existe une force dans l’univers, une force supérieure à toutes les autres forces.
Cependant, leur erreur était de croire que cette force supérieure n’agit pas véritablement sous le contrôle d’Hachem, mais qu’il existe différentes forces dans l’univers, rattachées à cette force supérieure (comme dans les croyances grecques).
C’est pourquoi, ils dirent « seulement » qu’il s’agit du « doigt de D.ieu », c’est-à-dire, une force quelconque et insignifiante que l’on peut seulement qualifier de « doigt », mais certainement pas de « la main d’Hachem » véritablement.

Les égyptiens dirent donc qu’il fallait s’occuper du doigt ! Ce qui ne signifiait pas qu’il fallait libérer le peuple d’Israël, mais seulement trouver une solution quelle qu’elle soit pour contrer cette force, ce doigt !

Notre maître le Ramban explique davantage, en disant que Pharaon et les égyptiens ne niaient pas concrètement l’existence d’Hachem, mais ils voulaient seulement amoindrir l’effet du sens la plaie. C’est pour cette raison qu’ils dirent « c’est le doigt de D.ieu » et non « la main de D.ieu ».
Il s’agit là de pure moquerie ! Les égyptiens subissent un châtiment terrible, de manière complètement dévoilée, une véritable « plaie depuis le ciel », et malgré tout cela, ils poursuivent dans leur mauvaise voie, en donnant une explication « logique » à toute chose, sans comprendre la racine du problème !

Nous devons en retirer une véritable morale :

Hachem – dans sa conduite de l’univers – nous « parle » à de très nombreuses occasions.
Lorsque quelqu’un a un problème, il est probable que depuis le Ciel on lui inflige un châtiment, ou bien que l’on attend sa prière, ou encore que ses ennuis sont là pour expier ses fautes.
L’homme doit méditer : Pourquoi suis-je dans cette situation ? Que dois-je faire ? Qu’est-ce qu’Hachem attend de moi ?

Il y a environ 75 ans, lors de la création de l’Etat d’Israël, le Gaon de Brisk z.ts.l dit :
« Les autorités, les dirigeants du pays croient qu’en infligeant un grand coup aux arabes, ceux-ci auront peur et feront la paix avec eux. Mais la Torah dit (Dévarim 1-44) :

L'Amorréen, qui occupe cette montagne, marcha à votre rencontre; et ils vous poursuivirent comme font les abeilles, et ils vous taillèrent en pièces dans Sé’ir, jusqu'à ‘Horma.
Rachi commente : De même que l’abeille, lorsqu’elle pique quelqu’un, meurt aussitôt, ainsi, quand ils vous attaquent, ils succombent aussitôt.

Réfléchissons !
La Torah compare les ennemis d’Israël à l’abeille, qui meurt dès qu’elle a piqué, ainsi, lorsque le décret est promulgué depuis le Ciel, et que – ‘Hass Véchalom (à D.ieu ne plaise) – la lanière est levée devant les ennemis d’Israël pour détruire et atteindre, ils deviennent à ce moment comme de véritables fous, disposés à mourir, pourvu qu’ils portent atteinte aux juifs !

Celui qui ignore les voies de la providence divine, observe uniquement la plaie qui le fait souffrir, et s’en contente. Les arabes frappent ? Les arabes sont donc le seul problème !
Mais celui qui possède des yeux de Torah, comprend que si tout le peuple d’Israël était constitué de Tsaddikim (justes), unis entre eux, aucun ennemi ne pourrait les atteindre !
Ce n’est que lorsqu’il y a de la discorde et des fautes, que les ennemis portent atteinte à Israël ! C’est alors que les « idées » innovantes que nous entendons au quotidien ne sont d’aucune utilité ! Les absurdités comme « Améliorons la situation économique de nos ennemis, et ils feront la paix avec nous », brillent de stupidité ! Plus aucun arrangement politique ni aucun pourparlers de paix n’ont leur place, rien n’y change ! L’ennemi frappe avec toute la cruauté dont il est capable »

Les égyptiens croyaient que c’est le doigt de D.ieu qui les frappait, sans penser un instant à quelle main ce doigt était rattaché ? Qui les frappait réellement ?
C’est pour cette raison qu’ils restèrent dans cette stupidité qui les mena en définitif à leur destruction.

Nous – qui sommes les saints Béné Israël – devons comprendre que les événements du monde n’ont rien d’anodin, mais que « tout vient d’Hachem depuis le Ciel » !
Tout événement a une cause spirituelle !
Il faut augmenter la Torah au sein du peuple d’Israël, augmenter la prière au sein du peuple d’Israël, augmenter l’amour gratuit, la Tsédaka et le ‘Héssed (bonté) !
Ce n’est qu’ainsi que nous obtiendrons le mérite qu’Hachem chasse de nous tous les mauvais décrets ! (Bien évidemment, sans diminuer en quoi que ce soit le rôle capital des soldats de Tsahal, qu’Hachem protège leur sortie et leur retour en bonne santé et en paix).

Puissions-nous avoir le mérite qu’Hachem déverse sur nous un esprit depuis le très haut, et qu’Il baigne son peuple dans des eaux pures, qu’Il nous purifie, dans le calme et la paix, qu’Il ramène le cœur des pères vers les enfants, et celui des enfants vers leurs pères.

Chabbat Chalom !

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