Hier, nous avons parlé au sujet de l’importance du Kaddich, pour l’élévation de l’âme du défunt.
Ceci, selon notre foi limpide et selon le fondement de notre religion, selon lesquels l’essentiel de la vie d’un homme est après son départ de ce monde.
Nos maîtres enseignent (Avot chap.6) que « lors du décès d’un homme, ce ne sont ni l’argent, ni l’or, ni les pierres précieuses qui l’accompagnent, mais uniquement la Torah et les actions méritantes. »
Un fait réel a été publié il y a environ un an (dans la revue « Béné Emounim »), et nous allons le relater ici.
Cette histoire a été racontée par le Gaon Rabbi Ménaché Israël REIZMAN Chlita, et il la lui-même entendue de la bouche des principaux protagonistes de l’histoire.
Il a même vérifié tous les détails dans leur exactitude.
Cette histoire fut initialement racontée par le Rav et Tsaddik Rabbi Its’hak LANDAU z.ts.l, qui était l’assistant du Admour de BELZ Rabbi Aharon ROKEA’H z.ts.l, et il était aussi le directeur de la Yéchiva de Belz à Jérusalem.
Au mois des Tévet de l’année 5750 (1990), décéda à Jérusalem à un âge avancé une femme vertueuse du nom de Tsivya SOWEITSKY z’’l, sans laisser de fils ou de filles.
Pendant les années après la Shoah, cette Tsadekett servait en tant que Em Baït (mère de foyer) au « Beit Sanhedrya » situé dans le quartier de Katamon à Jérusalem (et plus tard, dans le quartier de ‘Ein Karem).
Ce foyer servait en ces temps d’orphelinat pour des dizaines d’enfants rescapés de la Shoah, restés sans famille. Ils y étaient logés et nourris, et de là ils se rendaient chaque matin sur les lieux de leurs études. Ils revenaient l’après-midi et recevaient un déjeuner chaud et rassasiant.
L’enterrement de Madame SOWEITSKY z’’l eu lieu un vendredi d’hiver, et de façon naturelle, les participants étaient très peu nombreux. Ses neveux (les enfants de sa sœur) et un nombre restreint de connaissances.
Pendant l’enterrement, apparut soudain un juif vêtu comme un ‘Hassid, et il demanda à réciter le Kaddich.
Les membres de la famille – qui ne le connaissaient absolument pas – s’opposèrent à sa demande en lui disant qu’ils allaient eux même dire le Kaddich.
Le ‘Hassid écouta et continua à accompagner la défunte en silence.
Pendant les 7 jours, lorsque les gens vinrent pour consoler la sœur de la défunte, ce juif ‘Hassid fit de nouveau son apparition. Il s’assit à sa place et raconta son histoire :
« Mon nom est Its’hak LANDAU – il commença à raconter avec des larmes – Je suis arrivé en Israël en l’année 5705 (1945) à l’âge de 6 ans, sans famille ni ressource.
A un moment donné, je suis arrivé à Jérusalem. J’ai étudié au Talmud Torah « Yavné », et j’ai habité au « Beit Sanhedrya ».
Le manque de mes parents qui – jusque-là - brûlait mon cœur s’est partiellement estompé lorsque je suis arrivé au « Beit Sanhedrya », où j’ai été reçu avec chaleur et bienveillance par la défunte Madame SOWEITSKY z’’l. elle se dévouait aux enfants véritablement comme une mère, elle leur cuisinait des repas chauds, elle écoutait leurs histoires, elle calmait leurs peurs, et elle les aidait dans tout.
L’une des dures tâches qu’elle s’était imposée était de nettoyer les têtes des enfants qui étaient remplies de poux. Les enfants de la Shoah ont durement souffert des poux qui pullulaient sur leurs têtes, après des années d’abandon.
Madame SOWEITSKY z’’l – comme une véritable mère – s’asseyait durant des heures et s’occupait de nos têtes, jusqu’à l’aboutissement du travail.
Elle s’occupa aussi de moi – le petit orphelin – avec dévouement, et cela me causa une grande émotion.
Un jour, je n’ai pas réussi à contenir mes larmes, et Madame SOWEITSKY z’’l me demanda pourquoi je pleurais. Je lui dis avec innocence que je pleurais pour elle ! J’avais mal du fait de la voir peiner et s’investir autant pour nous aider, nous les orphelins !
Je lui demandai : « Comment pourrais-je vous rétribuer pour votre dévouement ? »
Ses yeux se remplirent de larmes, et au bout de quelques instants elle me répondit :
« Its’hokelé ! Sache que je n’ai pas d’enfants, et après 120 ans personne ne dira le Kaddich pour moi ! Si tu veux me rendre le bien, je te demande de dire le Kaddich après mon décès ! »
Depuis, les années sont passées et j’ai quasiment oublié ces choses.
Mais il y a quelques jours, un jeudi soir lorsque je suis allé me coucher, j’ai vu soudain dans mon rêve Madame SOWEITSKY z’’l, assise sur un canapé ; et qui me disait :
« « Its’hokelé ! Il est temps d’accomplir la promesse ! »
Je me suis éveillé en panique. Il y avait des années que je n’avais pas entendu parler de Madame SOWEITSKY z’’l, et j’ai immédiatement raconté le rêve à mon épouse.
Le lendemain matin, je me rendis à la prière du matin, lorsque j’aperçu soudain au coin d’une rue une récente affiche d’information de deuil.
Les mots écrits sur l’affiche me frappèrent avec stupeur : « Tsivya SOWEITSKY z’’l »
Nos maîtres enseignent (Sanhédrin 19b) : Celui qui élève un orphelin en son foyer, est considéré par les textes comme s’il l’avait mis au monde.
Que ces paroles soient un hommage à cette Tsadekett, ainsi qu’à toutes ces pauvres âmes des enfants de la Shoah, ces tendres et pauvres enfants qui ont subi une terrible souffrance commise par les pères des nations qui s’élèvent au-dessus de nous.
Qu’Hachem nous donne le mérite de voir la consolation de Tsion et de Jérusalem, et c’est alors qu’Hachem réalisera des tunnels sous la terre, sous l’Allemagne et sous la Pologne ainsi que sous toutes les terres de ces pays, et de ces tunnels apparaîtront à Jérusalem ceux qui sommeillent dans la poussière, une joie éternelle sur leur tête, ils obtiendront l’allégresse et la joie, chassant la tristesse et le gémissement.