Halacha pour vendredi 21 Iyar 5786 8 mai 2026

Pour la guérison totale de :
Gabriel Ben Simha
Nissim Ben 'Hanna (Roubach)
Azar Ben Lisa Kamouna (Cohen)
Maxime Moché Ben Sarah (Amar)
Michelle Bat Daisy Esther (Amar, née Madar)

Pour l'élévation de l'âme de :
Jacques Jacky Yaakov Ben Chalom (Ben Adiba) z''l
Alain Chélomo Ben Avraham (Sebban) z"l
Eliyahou El'hanan Its'hak Ben Yoël (Bouhnik) z"l
Ethan Eliyahou David Ben Fredj (Arfi) z"l
Georges Jojo Nissim Ben Moché (Hadjadj) z"l
Yvonne Ouarda Bat Sultana (Hadjadj, née Fitoussi) z"l

Béhar – Bé’houkotaï

Commentaires rédigés par Rav David PITOUN, pour Halacha Yomit

Béhar - Prêter à l’autre avant d’en arriver à lui donner la Tsédaka !
וְכִי-יָמוּךְ אָחִיךָ, וּמָטָה יָדוֹ עִמָּךְ--וְהֶחֱזַקְתָּ בּוֹ, גֵּר וְתוֹשָׁב וָחַי עִמָּךְ. (ויקרא כה-לה)
Si ton frère vient à déchoir, si tu vois chanceler sa fortune, soutiens-le, fût-il étranger et nouveau venu, et qu'Il vive avec toi. (Vaykra 25-35)

A travers ce verset, la Torah nous indique qu’il faut prodiguer du bien à son prochain. Lorsqu’il se trouve dans la détresse et qu’il est sur le point de chuter, il faut s’investir pour le remettre sur pied, afin qu’il ne tombe pas complètement, car on est tenu de lui tendre la main et de lui prêter l’argent nécessaire pour qu’il récupère une situation digne et stable.
On ne doit pas attendre de voir tomber son prochain, et se mettre ainsi dans une situation où l’on devra désormais le soutenir par des dons et des gestes de Tsédaka.

Le Gaon Rabbi Moché AL CHEI’H z.ts.l (Israël, il y a plus de 500 ans) compare cela à un homme qui marche sur un chemin et qui rencontre un autre homme qui marche en vacillant au point de risquer de tomber à chaque un instant. De loin, les gens interpellent le premier homme en lui criant : « Tends-lui donc ta main avant qu’il ne tombe dans la boue !!! »
Mais l’homme leur répond : « Pourquoi lui tendre la main maintenant ?! Si je vois qu’il tombe, je le relèverais ! »
Pendant qu’il parlait, l’autre homme tomba dans la boue, et s’y enfonça, au point d’en être totalement recouvert. Il était impossible de le saisir tant il était recouvert de boue. Lorsque l’on désira ensuite le porter jusqu’à chez lui pour le laver et le nettoyer, il fut impossible de lui faire récupérer son état antérieur.
Quel mérite a donc cet homme qui le releva après sa chute ?!
S’il lui avait tendu la main à temps, il aurait empêché sa chute !!!

C’est donc le sens de notre verset :
Si ton frère vient à déchoir, si tu vois chanceler sa fortune, soutiens-le, fût-il étranger et nouveau venu, et qu'Il vive avec toi.
Cela signifie : Lorsque tu vois ton frère s’affaiblir et qu’il est sur le point de tomber, tend lui la main et saisis le pendant qu’il est encore « vivant », n’attend pas qu’il chute complètement pour ensuite lui donner de la Tsédaka !

Le RAMBAM écrit (chap.1 des règles relatives au prêteur et à l’emprunteur, règle 1) : « Il est un commandement de la Torah de prêter aux nécessiteux du peuple d’Israël, comme il est dit : Lorsque tu prêteras de l’argent à mon peuple, au nécessiteux qui vit avec toi… … Ce commandement est encore plus grand que celui de donner la Tsédaka au nécessiteux qui réclame, car le nécessiteux est malheureusement habitué à demander, alors que la personne en difficulté matérielle n’a jamais connu cette situation. Or, la Torah est très rigoureuse envers celui qui se soustrait au commandement de prêter à celui qui en a besoin … »

A fortiori, lorsque la personne vient elle-même demander un prêt à celui qui a les moyens de lui prêter, et que celui-ci lui refuse !!!

Le Sefer Ha-‘Hinou’h (sur Michpatim) nous fait remarquer qu’en recevant un peu de soutien par un prêt qui lui donnerait la possibilité de faire quelques bénéfices, la personne n’aura certainement jamais recourt à la mendicité. Lorsqu’il méritera la miséricorde divine et qu’il retrouvera une situation plus digne, cet homme aura la possibilité de rembourser largement sa dette et de vivre avec le reste.

Lorsqu’on prête de l’argent à une personne qui en a besoin, on doit prendre conscience qu’on lui redonne véritablement vie !

Si l’on possède en nous la qualité du bien et de la pitié, nous serons dignes de la bonté d’Hashem, comme nos maîtres l’enseignent dans la Guémara Chabbat 151b : « Celui qui prend pitié des autres, sera pris en pitié par Hachem. Celui qui ne prend pas les autres en pitié, ne méritera pas la pitié d’Hachem. »

Le Sifté Cohen (sur la Torah) nous rappelle que la pauvreté est la pire des choses pour l’être humain. Il dit que si l’on place dans le plateau d’une balance toutes les malédictions écrites dans les Parachiyot de Bé’houkotaï et de Ki Tavo, et que l’on place la pauvreté dans l’autre plateau de la balance, celle-ci pencherait du côté du plateau de la pauvreté.

Ne pas donner de la considération aux difficultés matérielles des autres, équivaut à ne pas savoir saisir la chance inouïe d’avoir été choisi par Hachem pour accomplir cette Mitsva, dont la dimension est incommensurable !!!

Bé’houkotaï - Israël et son ascendance
Dans cette Paracha, sont contenues des réprimandes qu’Hachem suspend au- dessus d’Israël s’il ne marche pas dans le chemin de la Torah.

וְזָכַרְתִּי, אֶת-בְּרִיתִי יַעֲקוֹב; וְאַף אֶת-בְּרִיתִי יִצְחָק וְאַף אֶת-בְּרִיתִי אַבְרָהָם ... (שם כו-מב)
Je me souviendrais de mon alliance avec Ya’akov, et également de mon alliance avec Its’hak, ainsi que de mon alliance avec Avraham … (Ibid.26-42)    

Dans son livre Vayomer Avraham, le Gaon Rabbi Avraham Morde’haï PATAL Ha-LEVY z.ts.l (Beau-père de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l) demande :
En quoi ce verset représente-t-il une réprimande ? N’a-t-il pas plutôt l’aspect d’une consolation pour Israël ?

Il répond par une image :
Deux voleurs sont attrapés en flagrant délit.
Lorsqu’ils sont conduits devant le juge, celui-ci demande à chacun d’entre eux son nom, son origine, sa famille etc…
Le premier des deux voleurs répond qu’il est le fils d’untel, qui purge actuellement une peine de prison pour vol.
Le deuxième répond qu’il est le fils de Rav untel, qu’il étudie dans telle Yéchiva et qu’il vit avec ses parents dans telle ville, dans un quartier où vivent de grands Rabbanim.
Le juge condamne le premier à seulement 6 mois de prison, accompagnés d’une amande de 100 $.
Mais il alourdit la peine du deuxième et le condamne à 1 an de prison, accompagnés d’une amande de 200 $.
Très étonné de cette différence, le deuxième voleur demande au juge :
« Pourquoi mon ami bénéficie d’une peine relativement légère, alors que ma peine est très lourde et représente le double de la sienne ?! »
Le juge répondit :
« Ton ami est voleur fils de voleur. Il a évolué toute sa vie dans un environnement de voleurs. Par conséquent, on ne peut donc pas réellement l’incriminer. Par contre, toi, tu as grandi parmi les sages, dans la maison de ton père qui est un homme juste et intègre. Comment es-tu malgré tout arrivé à commettre le vol ?! Tu mérites donc une peine plus sévère que ton ami. »

« Je me souviendrais de mon alliance avec Ya’akov » - Lorsque je me souviens qui était votre père Ya’akov qui vous a élevé, et avec qui j’ai établi mon alliance !
« De mon alliance avec Its’hak » - Lorsque je me souviens qui était votre grand père Its’hak ! « De mon alliance avec Avraham » - Lorsque je me souviens qui était votre arrière-grand-père Avraham, comment ne puis-je pas vous infliger une lourde punition ??!

Nous comprenons à présent pourquoi ce verset est inclus dans les réprimandes de notre Paracha.

Avec une ascendance si prestigieuse, comment des gens – qui se disent « juifs » - peuvent-ils éprouver une véritable haine et persécuter littéralement leurs semblables, ceux qui honorent et sanctifient le Nom d’Hachem en étudiant la Torah avec assiduité ?!

Mais peut-être que ces gens ne descendent pas d’Avraham, d’Its’hak et de Yaa’kov ?!    

Chabbat Chalom !

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