Halacha pour jeudi 18 Shevat 5780 13 février 2020

Pour la guérison totale de :
Gabriel Ben Simha
Nissim Ben 'Hanna (Roubach)
Azar Ben Lisa Kamouna (Cohen)
Maxime Moché Ben Sarah (Amar)
Michelle Bat Daisy Esther (Amar, née Madar)

Pour l'élévation de l'âme de :
Jacques Jacky Yaakov Ben Chalom (Ben Adiba) z''l
Alain Chélomo Ben Avraham (Sebban) z"l
Eliyahou El'hanan Its'hak Ben Yoël (Bouhnik) z"l
Ethan Eliyahou David Ben Fredj (Arfi) z"l
Georges Jojo Nissim Ben Moché (Hadjadj) z"l
Yvonne Ouarda Bat Sultana (Hadjadj, née Fitoussi) z"l

Accouchement pendant Shabbat

Question: Une femme enceinte sait que le jour de son accouchement tombera très probablement Shabbat, et qu’il faudra donc transgresser Shabbat pour elle en la transportant en voiture jusqu’à l’hôpital.
Au terme de sa grossesse, cette femme est-elle tenue de passer le Shabbat dans un endroit le plus proche de l’hôpital, afin d’éviter que l’on transgresse Shabbat pour elle, ou n’y a-t-il aucune obligation à cela?

Réponse: Il est certain que toute situation où il y a le moindre doute de Pikouwa’h Néfesh (danger de mort pour un juif), exige la transgression du Shabbat, afin de porter secours à la personne en danger.
Par conséquent si une femme enceinte constate que les premières douleurs de l’enfantement commencent à apparaître pendant Shabbat, elle a le devoir – elle ainsi que toute personne présente – de téléphoner à un taxi ou à une ambulance afin de la transporter à l’hôpital. De même, son mari ou tout autre proche, peut l’accompagner à l’hôpital selon le souhait de la femme enceinte, afin de l’apaiser avant l’accouchement, comme nous l’avons déjà expliqué.

Pour ce qui est de notre question, à savoir, est ce qu’une femme qui sait qu’elle doit très probablement accoucher pendant Shabbat, doit passer le Shabbat (ou les Shabbatot) du terme de sa grossesse à proximité de l’hôpital, afin de limiter le plus possible les transgressions de Shabbat, le Gaon Rabbi Shemouel HeLevi WOZNER z.ts.l  traite de cette question dans son livre Shou’t Shevet Halevi (tome 8 chap.88). Selon lui, si le fait de passer Shabbat à l’extérieur de chez elle, cause à la femme trop de dérangements, elle n’a pas besoin de se l’imposer. Tel est également l’avis du Gaon, l’ADMOUR de TSANZ, exprimé dans son livre Shou’t Divré Yatsiv (chap.175). Il précise que même si du point de vue de la Hala’ha, on est tenu de limiter le plus possible les transgressions de Shabbat pour la femme sur le point d’accoucher, il n’est cependant pas nécessaire de s’imposer cette ‘Houmra (rigueur non exigée par la Hala’ha), car le transport en véhicule jusqu’à l’hôpital, est considéré comme Mela’ha Sheena Tseri’ha Legoufa.
[Mela’ha Sheena Tseri’ha Legoufa est une notion connue dans les règles de Shabbat, et en voici la définition. Un homme creuse un trou dans le sable. Il ne désire pas le sable mais seulement le trou. Ceci s’appelle une Mela’ha Sheena Tseri’ha Legoufa = une transgression de Shabbat (creuser le sable) dont on ne profite pas du résultat (le sable).
Il en est de même pour la femme enceinte qui est transportée en véhicule à l’hôpital. Le voyage en véhicule, en lui-même - qui constitue en temps normal, une transgression de Shabbat – ne représente pas toute la satisfaction de cette femme, puisque sa satisfaction essentielle réside dans le fait d’être secourue. Par opposition à une personne qui prend sa voiture pendant Shabbat, simplement dans le but de faire une promenade. Dans ce cas là, le voyage en voiture ne représente plus seulement une Mela’ha Sheena Tseri’ha Legoufa, mais une véritable transgression de Shabbat, même du point de vue de la Torah.De plus, il n’est même pas certain à 100 % que l’accouchement aura lieu pendant Shabbat.]
C’est pourquoi, il n’est pas une obligation pour cette femme d’aller passer le Shabbat du terme de sa grossesse à proximité de l’hôpital.

Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l – après avoir cité les propos des différents Poskim sur le sujet – écrit qu’il faut à priori que le femme s’efforce de passer le Shabbat du terme de sa grossesse à proximité de l’hôpital, à la condition que cela ne lui exige pas trop de dérangements. Le cas échéant, il n’est pas nécessaire qu’elle se l’impose.

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