ATTENTION ! Seuls les habitants d’Israël sont concernés par cette Halacha pour le moment.
Les habitants de l’étranger seront concernés à partir du 4 décembre au soir.
Question : Est-ce qu’une personne peut entraîner sa bouche à faire mention de la demande des pluies (Bare’h ‘Alénou) dans la ‘Amida ?
Réponse : Depuis mardi soir dernier, 7 Mar ‘Hechvan, on a commencé en Israël à demander la pluie (Bare’h ‘Alénou) dans la ‘Amida.
Nous avons déjà expliqué que si quelqu’un a terminé la ‘Amida et se souvient qu’il n’a pas dit Bare’h ‘Alénou (il n’a pas dit « Veten Tal Oumatar Livra’ha »), il doit recommencer la ‘Amida.
En cas de doute si l’on a dit ou pas Bare’h ‘Alénou, si ce doute se produit dans les 30 jours depuis le changement, on estime que la personne a dit ce qu’elle était habituée à dire jusqu’à présent, c'est-à-dire, Baré’henou et non Bare’h ‘Alénou, et de ce fait, elle est tenue de recommencer la ‘Amida.
Si le doute se produit au-delà des 30 premiers jours depuis le début de la mention de Bare’h ‘Alénou, on estime qu’elle a dit correctement Bare’h ‘Alénou et elle ne doit pas recommencer, car sa bouche se sera probablement habituée au changement dans la ‘Amida.
Entraînement du langage
A présent, nous allons apprendre s’il existe un moyen pour quelqu’un d’habituer sa langue à exprimer la demande de la pluie, de sorte que s’il lui arrive un doute s’il a dit ou non Bare’h ‘Alénou, il pourra établir qu’il a probablement dit correctement Bare’h ‘Alénou, et de ce fait, son statut sera le même que celui de la personne ayant le doute après les 30 jours, et ne devra donc pas recommencer la ‘Amida.
« Un taureau récidiviste » (« Chor Mou’ad »)
Dans la Guémara Bava Kama (24a), on explique la règle du « Chor Mou’ad », un taureau qui a encorné au moins 3 fois (dans un tel cas, son propriétaire est tenu de lui imposer une surveillance plus stricte qu’à un autre taureau. D’autres obligations incombent au propriétaire si le taureau a causé des dégâts matériels).
La Guémara explique que si le taureau a « espacé ses coups de cornes » (il a encorné 3 fois alternées, avec de longues périodes d’interruption, c'est-à-dire, à des moments éloignés), il est malgré tout considéré comme « Chor Mou’ad ».
La Guémara ajoute que s’il a « rapproché ses coups de cornes », il est à fortiori condamnable. Cela signifie que si les moments où il a donné des coups de cornes sont rapprochés, il est à fortiori condamnable à titre de « Chor Mou’ad », car cela prouve que ce taureau a pour nature d’encorner, et il faut donc le surveiller de façon plus stricte.
Les propos du MAHARAM
A partir de ce sujet de Guémara qui traite du Chor Mou’ad, le MAHARAM de Rottenbourg prouve pour notre sujet.
En effet, si nos maîtres disent qu’un homme qui prie durant 30 jours, et qui a fait mention de Bare’h ‘Alénou dans la ‘Amida, nous estimons que sa langue s’est habituée à prier en mentionnant Bare’h ‘Alénou, à fortiori si la personne dit 90 fois le texte de la ‘Amida (car en 30 jours, nous avons au maximum 90 ‘Amidott) correctement, nous pouvons estimer que sa langue s’est probablement habituée à prier correctement, et en cas de doute, cette personne pourra établir qu’elle a – de façon certaine – dit Bare’h ‘Alénou, car sa langue est habituée a prononcer le texte de la demande de la pluie.
De manière plus précise, cela signifie que si l’on s’habitue à dire 90 fois de suite (selon le texte du rituel de prières des Séfaradim) « Rofé ‘Holé ‘Amo Israël. Bareh’ ‘Alénou », on a habitué sa langue à achever la bénédiction de « Rofé ‘Holé ‘Amo Israël » et à enchainer avec la version hivernal de Birkat Hachanim qui est « Bare’h ‘Alénou » où figure la demande de la pluie.
De même, selon le texte du rituel de prières des Achkénazim, si l’on dit 90 fois de suite « Véett Kol Miné Tévouata Létova, Veten Tal Oumatar Livra’ha », on a habitué sa langue à prier correctement durant la période d’hiver.
La règle dans la pratique
Conformément aux propos du MAHARAM, c’est ainsi que tranche le RAMA dans l’une de ses notes sur le Choul’han ‘Arou’h (chap.114), et c’est ce qu’il faut retenir d’essentiel selon la Halacha.
Par conséquent, si l’on a dit 90 fois de suite le texte mentionné plus haut, et que l’on a par la suite le doute si l’on a dit ou pas Bare’h ‘Alénou, on pourra être totalement convaincu qu’il ne faut pas recommencer la ‘Amida, car on aura habitué sa langue à prier correctement, exactement comme celui qui a réellement prier pendant 30 jours en mentionnant Bare’h ‘Alénou.
Par conséquent, il serait très bénéfique – en particulier aux femmes qui ne prient pas 3 fois par jours – d’habituer la langue à dire 90 fois la phrase « Rofé ‘Holé ‘Amo Israël. Bareh’ ‘Alénou », et s’éviter ainsi beaucoup de doutes sur la ‘Amida.
Les propos du ‘Hatam Sofer
Cependant, il faut ajouter que le Gaon ‘Hatam Sofer écrit au sujet de la période estivale de Péssa’h à Soukkot, vis-à-vis du changement de Machiv Ha-Rou’ah vers Morid Ha-Tal le 1er jour de Péssa’h, que selon son opinion, afin d’entraîner sa langue, il serait nécessaire de dire 101 fois la phrase (dans le rituel des Séfaradim) « Mé’hayé Métim Ata, Rav Léhochiya’, Morid Ha-Tal », et non 90 fois (car ce nombre correspond de manière exacte au nombre de ‘Amidott dans lesquelles on mentionne « Morid Ha-Tal » durant 30 jours depuis Péssa’h, et il en est de même selon le ’Hatam Sofer pour la mention de Machiv Ha-Roua’h le jour de Chémini ‘Atséret pour les Achkénazim qui ne mentionnent pas Morid Ha-Tal durant la période estivale).
Selon cette opinion, il faudrait – dans le rituel des Séfaradim - également entraîner sa langue à dire 101 fois « Rofé ‘Holé ‘Amo Israël. Bareh’ ‘Alénou », afin de ne pas être obligé de recommencer la ‘Amida en cas de doute sur Bare’h ‘Alénou, même durant les 30 premiers jours.
Notre maître le Rav z.ts.l approuve lui aussi cette opinion, et il écrit qu’il est juste de prendre en considération l’avis du ‘Hatam Sofer sur ce point et entraîner sa langue 101 fois et non 90 fois.
Toutefois, le ‘Hatam Sofer lui-même termine ses propos en disant que selon le strict Din, il est impossible de contester l’opinion du MAHARAM citée en tant qu’Halacha dans le Choul’han ‘Arou’h, selon laquelle il est suffisant d’entraîner sa langue à dire 90 fois la phrase « Rofé ‘Holé ‘Amo Israël. Bareh’ ‘Alénou ».