Question : Quel est le sens de la citation « Celui qui s’affaire à la construction, s’appauvrira » ?
Réponse : Il est rapporté dans la Guémara Yébamot (63a) :
Rav Papa dit : Obstrue mais ne rénove pas. Rénove mais ne construis pas, car celui qui s’affaire à la construction, s’appauvrira ».
L’explication des propos de Rav Papa est la suivante :
Lorsqu’un homme constate une détérioration dans sa maison – par exemple – s’il trouve un trou dans un mur, il lui est préférable d’obstruer immédiatement ce trou, et ne pas profiter de ce fait pour élargir le trou de manière esthétique afin que le mur ait un aspect plus beau.
Ceci est le sens des termes « obstrue mais ne rénove pas ».
Dans la suite de ses propos, Rav Papa dit : « rénove mais ne construis pas ».
Cela signifie que si tu désires malgré tout rénover le mur en élargissant le trou, il est alors préférable pour toi de rénover le mur et de l’arranger à ta guise.
Mais « ne construis pas », car il n’est pas préférable pour toi de détruire totalement le mur et de construire un nouveau mur à sa place, et pour quelle raison ?
Car « celui qui s’affaire à la construction, s’appauvrira ».
En effet, quasiment toutes les personnes qui s’affairent aux travaux de rénovation et de construction, deviennent pauvres par rapport à la perte d’argent que cela leur occasionne.
Le Pélé Yo’ets (sect. « Binyan ») explique que dans les dépenses liées à la construction, il arrive très souvent qu’un homme avait prévu de dépenser – par exemple – 100 000 dollars, et qu’en définitif il est contraint de dépenser 200 000 dollars.
C’est pourquoi, il est souhaitable pour toute personne qui envisage un projet de construction, de réfléchir au préalable à l’éventualité de devoir finalement dépenser le double (ou plus) de ce qu’il projette présentement.
Si l’on constate que l’on ne pourra pas faire face à une telle éventualité, nous devons être très vigilants, afin de ne pas arriver – ‘Hass Véchalom – à la pauvreté.
Fin de citation du Pélé Yo’ets.
Il est enseigné dans la Guémara Sanhédrin (71a) :
« Celui qui aime les plaisirs, en arrivera à la pauvreté »
Cela signifie que généralement, les êtres humains désirent particulièrement agrandir leurs biens matériels et se faire plaisir dans ce monde.
C’est pourquoi, ils investissent considérablement dans la beauté de leur maison ou de leur voiture ou autre.
Une telle personne, qui poursuit les plaisirs de ce monde dans une telle (dé)mesure, dépense des sommes astronomiques et contracte de lourdes dettes, pour finalement devenir pauvre.
Cet enseignement touche particulièrement le domaine de la rénovation et de la construction immobilière personnelle, où tout supplément de construction coute une fortune, et la personne – qui de toutes façons est déjà dans les dettes – se laisse tenter à davantage de dettes, sans prêter attention au fait qu’elle s’attire elle-même vers une terrible peine.
En parallèle, les Tsaddikim savent que ce monde-ci n’est pas essentiel, et c’est pourquoi ils ne s’investissent pas de manière démesurée dans l’esthétique de leur maison provisoire dans ce monde-ci, leur souci principal et leur seule ambition sont dirigés vers le Monde Futur. Ils sont donc confiants de ne jamais arriver à une telle pauvreté, et le texte dit à leur propos :
... וּבֵית צַדִּיקִים יַעֲמֹד. (משלי יב-ז)
… La maison des justes tiendra. (Michlé 12-7).