Recueil de réponses données ces derniers temps
Question: Quand doit-on célébrer le jour du décès de Moché Rabbénou lors d’une année embolismique?
Réponse: Moché Rabbénou est décédé le 7 Adar. Certains ont l’usage de jeûner ce jour-là. Le Gaon auteur du Ben Ich ‘Haï écrit qu’il est bon d’allumer une veilleuse en l’honneur de Moché Rabbénou et en l’honneur de la Torah ce jour-là.
Les décisionnaires débattent au sujet d’une année embolismique (où il y a 2 mois d’Adar, comme cette année) s’il faut célébrer le 7 Adar 1 ou le 7 Adar 2?
En effet, le Midrach cite une divergence d’opinion parmi les Tanaïm si Moché Rabbénou est décédé un 7 Adar d’une année ordinaire (dans ce cas, il faut célébrer le 7 Adar 2 lors d’une année embolismique selon notre usage conforme à l’opinion de MARAN dans le Choul’han ‘Arou’h au chap.568-7), ou s’il est décédé lors d’une année embolismique un 7 Adar 1?
Si nous considérons que Moché Rabbénou est décédé un 7 Adar 1, il est certain dans ce cas que nous devons célébrer le 7 Adar 1 et non le 7 Adar 2.
Dans la pratique, notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l tranche que l’usage de jeûner ou de célébrer le 7 Adar 2 lors d’une année embolismique est l’usage le plus conforme. Que le mérite de Moché Rabbénou nous protège, ainsi que tout Israël.
Question: Y a-t-il une source à la tradition de se déguiser à Pourim?
Réponse: Cette tradition est citée dans les ouvrages des décisionnaires, et il n’y a pas matière à la dénigrer.
Nous citerons 2 explications:
Le Gaon auteur du livre Ma’hatsitt Ha-Chékel explique que du temps des évènements de la Méguila, beaucoup de juifs s’habillaient à la manière des non-juifs, afin qu’on ne les reconnaisse pas en tant que juifs et qu’on ne leur fasse pas de mal. Ensuite, lorsque le miracle s’est produit, beaucoup de non-juifs se sont habillés à la manière des juifs, afin que l’on pense que ce sont des juifs et qu’on leur fasse du bien. C’est pourquoi, on a l’usage d’agir similairement même aujourd’hui, en revêtant des vêtements différents.
Une autre source explique qu’on se déguise comme pour dire par allusion que le peuple d’Israël ne commet pas des fautes envers Hachem avec tout son cœur, mais seulement comme une sorte de déguisement que l’on porte temporairement, ainsi ils fautent de manière temporaire car ils se laissent légèrement entraîner par les non-juifs. Mais en réalité, dans leur fond, ils sont tous des justes.
Il existe de nombreuses autres explications à cette tradition, et nous appliquons dans ce cas le principe « la tradition du peuple d’Israël est une loi ».
Dans le livre Yalkout Yossef (sur Pourim page 198, nouvelle édition), notre maitre le Gaon et Richon Lé-Tsion Rabbi Its’hak YOSSEF Chlita cite d’autres explications à cette tradition.
Cependant, cet usage n’est pas répandu chez les Talmidé ‘Ha’hamim, mais uniquement pour des enfants et des jeunes.
Question: Si l’on offre de l’argent à des pauvres le jour e Pourim en tant que Matanot Laévionim, doivent-ils impérativement l’utiliser pour acheter de la nourriture?
Réponse: Le TOUR écrit (chap.694) que l’argent que l’on offre aux pauvres en tant que Matanot Laévionim, est destiné au repas de Pourim, et de ce fait, les pauvres ne sont pas autorisés à l’utiliser pour autre chose.
Ces propos du TOUR prennent leur source dans une Baraïta citée dans la Guémara Bava Batra (78b) où il est enseigné que le pauvre n’est pas autorisé à utiliser l’argent de Pourim pour acheter une lanière pour sa chaussure.
Mais MARAN dans le Beit Yossef s’étonne des propos du TOUR, car selon Rabban Chim’on Ben Gamliel il est permis au pauvre de changer la destination de ce qu’on lui à offert, et la Halacha est fixée comme Rabban Chim’on Ben Gamliel sur ce point.
C’est ainsi que tranchent le RIF, le RAMBAM et le ROCH.
C’est pourquoi, même s’il est un devoir d’offrir de l’argent aux pauvres afin qu’ils puissent acheter le nécessaire pour Pourim, malgré tout, les pauvres eux-mêmes sont autorisés à faire de cet argent tout ce qu’ils désirent.
C’est ainsi que tranche également MARAN dans le Choul’han ‘Arou’h (parg.2).