Il est un commandement positif (« Mitsvat ‘Assé ») ordonné par la Torah d’écouter la sonnerie du Chofar le jour de Rosh Ha-Chana, comme il est dit :
... יוֹם תְּרוּעָה, יִהְיֶה לָכֶם. (במדבר כט-א)
… Ce sera pour vous un jour de sonnerie. (Bamidbar 29-1)
Il est interdit de parler entre les différentes sonneries, à fortiori pendent les sonneries elles même.
Dès la récitation de la bénédiction « Lichmoa’ Kol Chofar », il est interdit d’émettre le moindre murmure jusqu’à la fin des sonneries.
Combien de sonneries faut-il entendre ?
Combien de sonneries est-on tenu d’entendre le jour de Roch Ha-Chana ?
Selon la Torah, il est suffisant d’en entendre 9, mais nous allons expliquer :
La sonnerie du Chofar est mentionnée 3 fois dans la Torah :
... יוֹם תְּרוּעָה, יִהְיֶה לָכֶם. (במדבר כט-א)
… Ce sera pour vous un jour de sonnerie. (Bamidbar 29-1)
... זִכְרוֹן תְּרוּעָה מִקְרָא-קֹדֶשׁ... (ויקרא כג-כד)
… un rappel de sonnerie, une sainte convocation … (Vaykra 23-24)
וְהַעֲבַרְתָּ שׁוֹפַר תְּרוּעָה ... (שם כה-ט)
Tu feras circuler le retentissement du Chofar … (Ibid. 25-9)
Or, nos maîtres ont reçu par transmission orale depuis Moché sur le Sinaï que toutes ces sonneries concernent Roch Ha-Chana, où il faut sonner 3 fois.
Chaque « Térou’a » (sonnerie) est constituée de 3 sonneries différentes : Téki’a, Térou’a, Téki’a.
En effet, chaque sonnerie (Térou’a) ordonnée par la Torah doit être précédée et suivie d’une Téki’a, une sonnerie continue, comme nous allons l’expliquer, puisque c’est ainsi que nos maîtres l’apprennent à partir de versets de la Torah.
Nous apprenons donc que nous devons sonner 3 sonneries (Térou’a), chacune précédée et suivie d’une sonnerie continue (Téki’a), ce qui fait au total 9 sonneries : Téki’a, Térou’a, Téki’a ; Téki’a, Térou’a, Téki’a ; Téki’a, Térou’a, Téki’a.
Pourquoi nous sonnons beaucoup plus de sonneries et pas seulement 9 ?
A priori, nous devrions écouter seulement 3 fois ce cycle Tara’’t : « Téki’a, Rétett (Térou’a), Téki’a », mais pourtant nous ne procédons pas de cette manière, comme nous allons l’expliquer :
La sonnerie qui précède et qui suit la Térou’a – et que nous appelons « Téki’a » - correspond à un son droit et long.
Par contre, au sujet de la sonnerie que la Torah nous ordonne d’entendre à Roch Ha-Chana – et que nous appelons « Térou’a » - nous avons un doute à quoi correspond-elle, car de très nombreux siècles se sont écoulés durant l’exil dans lequel le peuple d’Israël s’est éparpillé dans le monde, et la sonnerie du Chofar n’intervient qu’une seule fois dans l’année. Pour ces raisons, nous ne savons plus à quoi la sonnerie « Térou’a » - telle que la nomme la Torah – correspond-elle :
Est-elle une forme de gémissements répétitifs, à l’image d’une femme qui pleure et gémis en émettant des sons très courts et saccadés (ce que nous appelons aujourd’hui « Térou’a », « Toutoutoutoutou … »), ou bien correspond-elle à un soupir à l’image d’un homme qui soupire plusieurs fois lorsqu’il est inquiété par une chose grave (c'est-à-dire 3 fois de suite : « Tou, Tou, Tou », ce que nous appelons aujourd’hui « Chévarim »). Ou encore, correspond-elle aux deux à la fois, c'est-à-dire à un triple soupire et à un gémissement saccadé.
En conséquence à ces 3 doutes, nous réalisons le tout.
L’ordre des sonneries est donc le suivant :
1er cycle (« TaCHRaT ») : Le sonneur dit la bénédiction, et sonne immédiatement une « Téki’a » (son droit et long), ensuite il sonne 3 « Chévarim » (3 sons courts, comme des soupirs), puis il sonne un « Rétett » (un « tremblement », donc « Térou’a », son saccadé et répétitif, comme des gémissements), et enfin il sonne de nouveau une Téki’a.
Il exécute ce cycle 3 fois.
2ème cycle (« TaCHaT » : Il sonne une Téki’a, puis 3 Chévarim, puis de nouveau une Téki’a. Il exécute ce cycle 3 fois.
3ème cycle (« TaRaT ») : Il sonne une Téki’a, puis un « Rétett » (une Térou’a), puis de nouveau une Téki’a. Il exécute ce cycle 3 fois.
Le compte des sonneries est donc de 30, afin de s’écarter du doute. (Guémara Roch Ha-Chana 34a ; RAMBAM chap.3 – règle 1 ; MARAN dans le Choul’han ‘Arou’h chap.590).
C’est ce que nous voyons dans les Ma’hzorim (rituels de prières des fêtes) :
TaCHRaT ; TaCHRaT ; TaCHRaT, c'est-à-dire Téki’a, CHévarim, Rétett (Térou’a), Téki’a. Cycle répété 3 fois consécutives.
TaCHaT ; TaCHaT ; TaCHaT, c'est-à-dire Téki’a, CHévarim, Téki’a. Cycle répété 3 fois consécutives
TaRaT ; TaRaT ; TaRaT, c'est-à-dire Téki’a, Rétett (Térou’a), Téki’a. Cycle répété 3 fois consécutives
Ce nombre de 30 sonneries est allusonné dans la valeur numérique du mot
... יוֹם תְּרוּעָה, יִהְיֶה לָכֶם
« Ihyé » = 30
Toutes ces sonneries sont une obligation selon le stricte Din.
Hormis ces sonneries, nous sonnons encore pendant la ‘Amida de Moussaf, ainsi que pendant la répétition de la ‘Amida de Moussaf, et également après la répétition de Moussaf.