Halacha pour mercredi 3 Iyar 5782 4 mai 2022

Pour l'élévation des âmes de:
Messa’ouda Bat ‘Aïsha (STEBOUN) de Lyon

Pour la guérison totale et rapide de:
Charles Chalom Ben Sultana
parmi tous les malades d'Israël Amen.

Une Tsédaka le soir du Séder de Péssa’h - (Histoire sur l’annulation du décret du Sabba de Chépoli z.ts.l)

Hier, nous avons cité l’anecdote mentionnée dans la Guémara Chabbat au sujet de la fille de Rabbi ‘Akiva qui fut sauvée d’un décret de mort par le mérite de la Tsédaka.

Un jeune Avre’h (étudiant de la Torah) - qui était un ‘Hassid très proche du Sabba Kaddicha Rabbi Arié Leïb de Chépoli z.ts.l - était marié depuis plus de dix ans et n’avait pas d’enfants. Il en souffrait énormément. Chaque fois qu’il voyageait chez son maitre le Tsaddik, il le suppliait de prier pour lui afin qu’Hachem lui donne des enfants. Le Tsaddik le repoussait en lui demandant de revenir le voir plus tard, en disant que nos maitres enseignent (Béra’hott 64a): « Celui qui pousse le moment, se verra repoussé par le moment, et celui qui est repoussé par le moment se verra prioritaire sur le moment. [Explication: Chaque chose en son temps.].
Mais l’épouse de ce pauvre ‘Hassid reprochait à son mari:
« A quoi cela me sert-il de te voir partir à chaque fête auprès de ton Tsaddik et de me laisser seule s’il n’est pas en mesure de te promettre une descendance ?! »
Et ainsi, elle insistait en pleurant devant son mari, au point où le pauvre ‘Hassid décida que lors de son prochain voyage auprès du Tsaddik, il n’aurait de cesse que lorsque le Rav lui aura promis un enfant.
[Nous connaissons plusieurs faits au sujet de notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l que des gens ont supplié en pleurant afin qu’il leur promette quelque chose, et notre maitre le Rav z.ts.l évitait toujours de promettre en disant qu’il ne pouvait promettre. Mais devant la grande insistance des gens, au point d’en avoir honte, notre maitre le Rav z.ts.l promettait, et sa promesse se réalisait intégralement !]

Lorsque le ‘Hassid arriva auprès de son Rabbi, il trouva son maitre concentré dans ses pensées, complètement attaché à l’unicité d’Hachem. Le ‘Hassid commença à insister auprès du Tsaddik pour qu’il prie pour lui afin que Hachem lui donne un enfant. Le Rabbi le repoussa encore en disant qu’il était présentement occupé à prier pour la collectivité du peuple d’Israël et qu’il ne pouvait pas s’occupé du particulier !
Le ‘Hassid continua à insister et dit:
« Je ne bougerais pas d’ci tant que le Rabbi n’aura pas décrété que j’ai un enfant ! »
Le Sabba de Chépoli se mit en colère contre le ‘Hassid venu le déranger et il dit:
« Je jure par le serment de la Torah que tu n’auras pas d’enfants, parce que tu pousses le moment ! »
Le ‘Hassid rentra chez lui complètement brisé, et quasiment désespéré d’avoir un jour un enfant. Il raconta à son épouse ce qui lui était arrivé, et ils pleurèrent ensemble à chaudes larmes, car ils se disaient que les paroles du Rabbi allaient certainement faire de l’effet dans le ciel, et qu’il ne restait plus le moindre espoir qu’Hachem leur donne des enfants.

Quelques temps plus tard, le ‘Hassid voyagea en compagnie de son épouse dans la ville de Koritz pour ses affaires. Là-bas, la réussite lui sourit et il devint un homme très riche. A cette époque, le grand Tsaddik Rabbi Pin’hass de Koritz – disciple de Rabbi Israël Ba’al Chem Tov z.ts.l - vivait dans cette ville. Il vivait dans une grande pauvreté matérielle, car il étudiait la Torah avec une très grande assiduité, il avait préféré le joug de l’étude de la Torah et sa maison était vide de tout. On était au mois de Nissan et la fête de Péssa’h approchait, mais le Tsaddik n’avait rien, pas même du vin, ni des Matsot, ni du Maror, ni le moindre aliment pour la fête.

Le ‘Hassid qui s’était enrichi, eu connaissance de la grande précarité dans laquelle vivait le Tsaddik de Koritz. Il se rendit à la maison du Tsaddik Rabbi Pin’hass et constata de ses propres yeux que la maison était réellement vide. Il questionna la Rabbanitt - l’épouse de Rabbi Pin’hass – sur leur situation économique.
La Rabbanitt répondit:
« Il n’y a pas la plus petite pièce d’argent dans ma maison, et je ne sais pas d’où viendra mon salut ! »
Le ‘Hassid lui dit:
« Ne te fais aucun souci ! Je prends en charge tous vos besoins. Mais s’il te plait, ne dis rien au Tsaddik, garde les choses dans le secret, et je te demande la permission d’être invité chez vous le soir du Séder. »
La Rabbanitt accepta.

Lorsqu’arriva la veille de Péssa’h, le Tsaddik était dans une grande peine, en voyant qu’il n’avait absolument rien pour les besoins de la fête. Il se rendit au Beit Hamidrach (maison d’étude) et plaça toutes ses pensées dans l’étude de la Torah, en ayant confiance en Hachem qui n’abandonnera pas ceux qui lui sont fidèles. Rabbi Pin’hass se demandait malgré tout comment se faisait-il que la Rabbanitt le laissait en paix sans lui poser aucune question et le laissait dans l’amour de la Torah, mais il ne lui demanda aucune explication, car tout son désir était placé dans la Torah.

Le ‘Hassid devenu riche prépara des Matsot, du vin et du Maror pour lui et son épouse, ainsi que pour tous les membres du foyer du Tsaddik, et les apporta à la maison du Tsaddik la veille de Péssa’h. Il apporta également en l’honneur du Tsaddik de beaux vêtements, ainsi que pour la Rabbanitt. Il changea également tous les meubles de la maison, ainsi que la literie avec des draps de soie et de lin. Il alluma également de belles et grandes bougies afin d’augmenter la lumière dans la maison de Rabbi Pin’hass. Le soir venu, lorsque Rabbi Pin’hass arriva à la maison, il fut surpris de voir que toute la maison était remplie de lumière, que la table était dressée avec du vin, des Matsot, du Maror, ainsi que tous les besoins de la fête de Péssa’h. Le Tsaddik demanda à la Rabbanitt d’où provenait tout ceci ? La Rabbanitt lui raconta tout ce que le ‘Hassid avait fait et lui montra également les lits et les beaux vêtements qu’il avait apporté en l’honneur de la fête.

Le ‘Hassid arriva immédiatement, et sans plus attendre, le Tsaddik commença le Séder. Il récita le Kiddouch et tout le monde but en s’accoudant. Ils arrivèrent au récit de la Haggada et de la sortie d’Egypte. Le ‘Hassid gardait le silence et écoutait attentivement de quelle manière le Tsaddik – plein de joie et de bonne humeur – racontait la sortie d’Egypte et les miracles qu’Hachem avait fait au peuple d’Israël. Lorsqu’ils arrivèrent au repas, après avoir consommé la Matsa et le Maror, la Rabbanitt apporta les plats de viande en l’honneur de la fête.
Dans sa joie, Rabbi Pin’hass demanda au ‘Hassid:
« Tu t’es tellement dérangé en nous honorant et en nous réjouissant ce soir, dis-moi quelle est ta demande et elle s’accomplira ! »
Le ‘Hassid raconta au Tsaddik la détresse dans laquelle il se trouvait en étant privé d’enfants, et que dans son malheur, en consultant le Sabba Kaddicha de Chépoli et en assistant beaucoup auprès de lui, il avait provoqué la colère du Sabba Kaddicha, et celui-ci lui avait juré qu’il n’aurait pas d’enfant. Le ‘Hassid supplia Rabbi Pin’hass d’annuler le décret promulgué par le Sabba Kaddicha de Chépoli, et de prier afin qu’Hachem l’exauce en lui donnant un enfant. Lorsque Rabbi Pin’hass entendit ces paroles, il se leva et jura en disant:
« Si j’ai un mérite dans le ciel, je jure par le serment de la Torah que cette année même tu auras le mérite d’avoir un garçon de ton épouse ! »

Lorsque Rabbi Pin’hass prononça ces propos, une grande panique se produisit dans le ciel, car 2 serments se présentaient l’un contre l’autre: le serment de Rabbi Pin’hass de Koritz face au serment du Sabba Kaddicha de Chépoli. En définitif, on examina les livres des Tsaddikim, et on constata que Rabbi Pin’has de Koritz n’avait jamais prêté le moindre serment de sa vie entière, même pour quelque chose de vrai, et de ce fait, on décida d’accomplir son serment.
Cette même année, le ‘Hassid et son épouse eurent un garçon.

Toute cette histoire fut racontée par le saint Rabbi Israël de ROZZINN z.ts.l, et elle est citée dans le livre Dére’h Ha-Nécher (page 51).
Nous apprenons de là la grandeur de la Mitsva de Tsédaka lorsqu’elle est réalisée avec générosité et sincérité, comme l’a faite ce ‘Hassid qui eut le mérite d’une grande récompense en ayant un garçon la même année, parce qu’il a réjouit le Tsaddik le soir du Séder, par sa Tsédaka et sa générosité.
« L’acte de la Tsédaka ne sera que paix, et le culte de la Tsédaka n’engendrera que tranquillité et sécurité à jamais. » (Yécha’ya 32, voir ‘Anaf ‘Ets Avot page 11).

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