Aujourd’hui dimanche, nous observons le jeûne du 9 Av.
Se saluer le jour du 9 Av
Le jour du 9 Av, on ne se dit pas mutuellement « Chalom ». Si une personne nous salue malencontreusement, on lui répond de manière évasive et avec sérieux. (Choul’han ‘Arou’h 554-20).
Cuisiner le jour du 9 Av
Nous avons l’usage de ne pas entamer les préparatifs du repas du soir avant l’heure de ‘Hatsot Ha-Yom (l’heure de la moitié de la journée. En France, à partir de 13h50 environ selon les villes).
Jouer avec un enfant le jour du 9 Av
MARAN écrit dans le Choul’han ‘Arou’h (Yoré Dé’a chap.391-1) :
La joie est interdite à l’endeuillé. Par conséquent, il ne doit pas prendre un enfant dans ses bras durant les 7 jours de deuil, de crainte qu’il ne lui provoque de la joie. Fin de citation. Cette règle prend sa source dans la Guémara Mo’ed Katan (26b).
Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l écrit (‘Hazon Ovadia-Arba’ Ta’aniyot page 333) qu’il semble que cette règle est également valable le jour du 9 Av.
Cependant, si un enfant pleure, il est évidement permis de le prendre dans les bras afin de le calmer.
La sortie des étoiles – Nétilatt Yadaïm
Après la sortie des étoiles le jour du jeûne du 9 Av, il est permis de manger et de boire.
Certains ont l’usage de procéder à la Nétilatt Yadaïm à la sortie du jeûne du 9 Av comme lorsqu’on se lave les mains le matin au réveil (sans Béra’ha !), car le matin du jeûne du 9 Av nous avons procédé à une Nétila réduite puisque nous avons lavé les mains seulement jusqu’aux phalanges. Cette nouvelle Nétilatt Yadaïm à la sortie du 9 Av est un bon usage.
Havdala
Cette année (5785), avant de consommer à la sortie des étoiles à la fin du jeûne, il faut au préalable procéder à la Havdala sur un verre de vin, comme on le fait les samedi-soirs de l’année, mais sans parfums, ni flammes.
La signification du 10 Av
Nos maîtres enseignent dans la Guémara Ta’anit (29a) :
Le 7 Av, les non-juifs ont pénétré à l’intérieur du Hé’hal (l’endroit le plus sacré du Temple de Jérusalem), et le 9 vers le soir, ils y allumèrent un incendie qui brûla toute la journée du 10 Av, au point où Rabbi Yo’hanann dira plus tard :
« Si j’avais vécu à cette génération, j’aurais instauré le jeûne à la date du 10 Av, car la majeure partie du Hé’hal se consuma ce jour-là ». Mais nos maîtres instaurèrent le jeûne au 9 Av, car ils ont considéré que le malheur est plus dur à son commencement.
Les traditions et usages du 10 Av
Nous avons déjà expliqué que selon l’usage des Achkénazim, on ne consomme pas de viande ni de vin depuis le jour de Roch ‘Hodech Av jusqu’au 9 Av inclus.
Par contre, selon l’usage des Séfaradim, il est permis de consommer de la viande et du vin le jour de Roch ‘Hodech lui-même. Ce n’est qu’à partir du lendemain – le 2 Av (dès la sortie de Roch ‘Hodech) – qu’il est interdit d’en consommer.
Sur ce point, les Achkénazim sont donc plus rigoureux que les Séféradim.
En revanche, concernant le 10 Av, nous trouvons des usages divergents entre les Séfaradim et les Achkénazim :
Les Achkénazim s’autorisent la consommation de la viande et du vin le 10 Av à partir de ‘Hatsot (heure de la moitié de la journée). Par contre, les Séféradim se l’interdisent durant toute la journée du 10 Av (jusqu’à la Chki’a, le coucher du soleil).
Sur ce point, les Séfaradim sont donc plus rigoureux que les Achkénazim.
Mais concernant le fait de se couper les cheveux et faire la lessive, l’usage des Achkénazim est plus rigoureux que celui des Séfaradim, car les Séfaradim se l’autorisent immédiatement à la sortie du jeûne, alors que les Achkénazim s’imposent la rigueur sur ce point même le 10 Av, jusqu’à ‘Hatsot Ha-Yom.
Qu’Hachem nous montre la consolation de Tsion, par la venue de notre Machia’h, rapidement et de nos jours, Amen.