Halacha pour lundi 13 Sivan 5781 24 mai 2021

Pour l'élévation des âmes de:
Mme Carlotta (Cathy) FASSI z’’l (de Netanya, et anciennement de Lyon) 
Avraham Ben Avraham FUNK z’’l (de Lyon)
Désiré Ya’akov Ben Sa’ida BENSOUSSAN z’’l anciennement de Lyon 
Mordé’haï Ben Sim’ha OHAYON z’’l
Odelia Bat Esther (DRAY, fille de Mme MARCIANO z’’l de Lyon
Mme Sarah Bat Ra'hma AMAR z"l de Lyon
Mme Esther Bat 'Hassiba EL BAZ z"l de Lyon
Louis Avraham Ben Israël SAURA z''l (de Lyon)
Marco Its’hak Ben Dolly Dandouna Ha-Cohen z’’l
Dan Shlomo Ben Joël Yossef KTORZA z’’l de Sarcelles
Rabbi Its’hak Ben Yehouda (Rabbin ELHADAD) de Lyon z’’l
Mme Frewa’h Bat ‘Hanna BENSAID de Lyon z’’l 
Richard Amram Ben Chélomo AMAR z’’l de Lyon
Betty Rivka Bat Sultana PEREZ (GHOZLAND WEILL) z’’l anciennement de Lyon et Paris

Pour la guérison totale et rapide de:
Sylvie Mazal Esther Bat Régine 'Haya Sim'ha (PITOUN)
Ethan Chlomo Ben Yoni
Jacques Jacky Yaakov ‘Haïm Ben Odette Esther (BENADIBA) de Lyon
Alain Moché Ben Myriam (STEBOUN) de Lyon
parmi tous les malades d'Israël Amen.

Mélanger le poisson et les laitages

Question: Est-il permis de manger du poisson avec du beurre?

Réponse: Il est enseigné dans la Guémara H’oulinn (103b):
Il est interdit de cuire toute viande avec du lait, excepté la viande de poisson ou de sauterelle.

Il est donc explicite que selon le strict Din, la cuisson du poisson avec le lait n’est pas incluse dans la cuisson de la viande avec le lait, car la viande de poisson n’entre pas dans la catégorie « viande » que la Torah a interdite, et n’est pas non plus interdite par nos maitres.

Cependant, MARAN l’auteur du Choulh’an ‘Arouh’ écrit dans le Beit Yossef (Y.D chap.87) que malgré tout, il ne faut pas manger de poisson avec des laitages, par crainte de danger.
C’est ainsi qu’écrit également l’auteur du Lévouch.

Le médecin et H’ah’am Rabbi Ya’akov TSAHALON partage aussi cet avis, et précise - dans son livre Otsar Ha-H’aïm - que le mélange du poisson et des laitages provoque de graves maladies.

Malgré cela, de nombreux décisionnaires - comme l’auteur du Péricha (sur Y.D chap.87, note 8), l’auteur du Sifté Cohen (Chah’) (sur Y.D chap.87, note 5), ou l’auteur du Péri H’adach (sur Y.D chap.116, note 3) - autorisent la consommation du poisson mélangé à des laitages. C’est également l’opinion du Rama, qui écrit – dans son livre Darké Moché (sur Y.D chap.87, note 4) – qu’il n’a jamais vu qui que ce soit faire attention à cela.

Certains décisionnaires – comme l’auteur du Taz (Touré Zahav) (sur Y.D chap.87, note 3), ou notre maître le H’YDA dans son livre Mah’azik Bérah’a (sur Y.D chap.87 note 4) – vont même jusqu’à écrire que MARAN lui-même ne désirait pas interdire la consommation du poisson mélangé à des laitages, mais uniquement le poisson mélangé à de la viande. Selon ces décisionnaires, il y aurait une erreur de copiste dans le Beit Yossef.
Par conséquent, même si en règle générale, nous agissons exclusivement selon les décisions Halah’ique de MARAN l’auteur du Beit Yossef et du Choulh’an ‘Arouh’, malgré tout, il y a là matière à autoriser, Léh’atéh’ila (a priori).

C’est pour cela que le Gaon Rabbi Chalom MESSAS z.ts.l, autorise lui aussi de façon catégorique, car il n’est absolument pas évident que MARAN l’auteur du Choulh’an ‘Arouh’ interdise la consommation du poisson mélangé à des laitages.
De plus, de nombreuses personnes d’origine séfarade ont l’usage de s’autoriser la consommation du poisson mélangé à des laitages.
Même les médecins de notre temps admettent qu’il n’y a pas le moindre risque de maladies graves en consommant du poisson et des laitages.

Mais notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l rapporte qu’au contraire, les Séfaradim avaient l’usage de s’interdire la consommation du poisson mélangé à des laitages, par crainte de danger, comme l’ont d’ailleurs écrit explicitement de nombreux décisionnaires – comme l’auteur du Beit Léh’em Yéhouda (sur Y.D chap.87, note 4), l’auteur du Knessett Haguédola (sur Y.D chap.87, notes sur le Beit Yossef, note 19), et d’autres - selon lesquels, les Séfaradim ont l’usage de se montrer rigoureux sur ce point.

Il est donc très difficile d’admettre qu’une erreur de copiste se serait glissée dans le livre BEIT YOSSEF, car dans ce cas, comment l’usage d’interdire la consommation du poisson mélangé à des laitages, se serait-il répandu avec le soutien des Grands de toutes les générations, alors que toute l’origine de ce Din reposerait sur une totale confusion emmenant de l’erreur d’un copiste ?!
Il est donc certain que s’il y avait réellement erreur, les Grands de la génération de MARAN (16e siècle), comme ceux de la génération suivante, auraient exprimé leur opinion selon laquelle, il y a une erreur dans le livre BEIT YOSSEF.
En particulier, lorsqu’on sait que MARAN lui-même a vérifié son livre sans faire la moindre remarque.
Différents décisionnaires - comme le Gaon Rabbénou Yossef H’aïm, dans son livre Ben Ich H’aï (2ème année, Paracha de Béha’alotéh’a, note 9), ainsi que dans son livre Chou’t Rav Pé’alim (tome 2 section Yoré Dé’a chap.10), ou comme son maître le Gaon Rabbi ‘Abdallah Someh’ dans son livre Zivh’é Tsédek (sur Y.D chap.87, note 18) - écrivent qu’il y a lieu de s’interdire la consommation du poisson et des laitages, à titre de Minhag (tradition).

C’est pourquoi, il est souhaitable de s’imposer la rigueur - Léh’atéh’ila (a priori) – de ne pas consommer de poisson mélangé à des laitages.
Si toutefois, Bédi’avad (a posteriori), du poisson a déjà été cuit (par erreur) avec des laitages, il y a lieu d’autoriser sa consommation même à des Séfaradim qui ont l’usage de s’en abstenir.

Par contre, en ce qui concerne la consommation du poisson mélangé à du beurre, de nombreux décisionnaires autorisent, même selon l’usage des Séfaradim, comme l’écrit le Gaon Rabbi ‘Abdallah Someh’ z.ts.l, de la ville de Bagdad, où l’on avait l’usage d’autoriser la friture du poisson dans le beurre.
C’est pourquoi, les personnes qui ont l’usage de consommer du poisson avec du beurre, peuvent conserver leur usage. Les Achkénazim ont l’usage de s’autoriser tout cela (même la consommation du poisson mélangé à des laitages), et peuvent conserver leur usage.

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