Dans la précédente Halacha (hier), nous avons expliqué que selon la majorité de nos maîtres les Richonim (décisionnaires médiévaux), il est une obligation qui incombe chaque homme et femme du peuple d’Israël d’accueillir la sainteté du Chabbat avant l’heure du coucher du soleil.
Prier l’office de Min’ha après le coucher du soleil
À présent, nous devons expliquer que s’il est déjà interdit de réaliser une activité interdite avant même que le soleil ne se couche, il semble qu’il soit donc interdit de prier l’office de Min’ha après le coucher du soleil du vendredi.
De plus, il semble que même quelques minutes avant le coucher du soleil, il est interdit à une synagogue d’entamer l’office de Min’ha du vendredi.
Il leur incombe l’obligation d’entamer l’office de Min’ha au moins 20 minutes avant le coucher du soleil, afin que l’office se réalise intégralement avant le coucher du soleil.
En réalité, la plupart des synagogues de la sainte ville de Jérusalem ont l’usage de veiller à cela, et avancent l’office de Min’ha du vendredi environ 20 minutes avant le coucher du soleil. Cet usage possède de saints fondements, car ce n’est qu’ainsi que l’assemblée entamera l’accueil du Chabbat avant le coucher du soleil, comme il est juste de le faire, comme expliqué dans la précédente Halacha.
Cependant, les communautés où la majorité de l’assemblée n’arrive à la synagogue que très tard, et qu’il est très probable que l’office de Mi’n’a se termine après le coucher du soleil, ou bien une femme qui prie Min’ha chez elle et qui sait que sa prière se terminera après le coucher du soleil, dans ces deux situations, nous pouvons autoriser à achever l’office de Min’ha après le coucher du soleil.
La raison pour laquelle il est permis de terminer Min’ha après le coucher du soleil
En fait, nous autorisons à achever l’office de Min’ha du vendredi après le coucher du soleil, car même s’il est déjà interdit de réaliser des activités interdites le vendredi avant même que le soleil ne se couche, malgré tout, l’office de Min’ha ne fait pas partie de ces choses interdites, puisque le Din de « Tossefett Chabbat » (avancer l’entrée de Chabbat) ne concerne que le fait de s’écarter de toute activité interdite pendant Chabbat. C’est pourquoi, même au-delà du coucher du soleil, il est permis de poursuivre l’office de Min’ha.
Accepter Chabbat (avant le coucher du soleil) « sous condition »
Qui plus est, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l écrit que si quelqu’un désire avancer l’accueil du Chabbat avant le coucher du soleil, et de manière verbale (comme il faut le faire lorsqu’on ne dira pas le psaume de « Mizmor Chir Lé-Yom Ha-Chabbat » avant le coucher du soleil), il est autorisé à accueillir le Chabbat en émettant une condition verbale selon laquelle il avance l’accueil du Chabbat en tous points, excepté le fait de prier l’office de Min’ha.
Si on le désire, on peut effectuer cette condition une fois par an pour l’année entière, et chaque fois que l’on avancera l’accueil du Chabbat, cela n’inclura pas l’office de Min’ha du vendredi que l’on pourra encore prier.
Mais Lé’haté’hila (à priori), il est certain que le plus juste est de commencer l’office de Min’ha au plus tard environ 20 minutes avant le coucher du soleil, et de poursuivre ainsi l’accueil du Chabbat conformément à la Halacha, de sorte que l’on termine le chapitre « Bamé Madlikinn » avant le coucher du soleil.
Quoi qu’il en soit, il faut le terminer avant la sortie des étoiles.
En conclusion : Lé’haté’hila (à priori), il faut achever l’office de Min’ha du vendredi avant le coucher du soleil. En cas de nécessité, il est permis de poursuivre l’office de Min’ha et de l’achever après le coucher du soleil.
Cependant, concernant l’interdiction de réaliser des activités interdites pendant Chabbat, il incombe chacun de cesser toute activité interdite, quelques minutes avant le coucher du soleil, comme nous l’avons expliqué.
Nous apprenons de là que l’usage adopté dans certaines synagogues de notre époque (en particulier en France en hiver), où l’on chante le Chir Ha-Chirim après l’office de Min’ha, et où l’on dit ensuite des psaumes de Téhilim (Lé’hou Néranéna) en arrivant à « Kabbalatt Chabbat » (Mizmor Chir Lé-Yom Ha-Chabbat) seulement après la sortie des étoiles, cet usage n’est pas très juste, et ces synagogues devraient l’abolir.
De tout temps, la tradition de toutes les communautés du peuple d’Israël était de prier l’office de Min’ha le vendredi à une heure avancée, bien avant le coucher du soleil, afin d’accueillir le Chabbat de manière conforme.
Tel était – à l’origine - l’usage au Maroc (et dans l’ensemble de l’Afrique du Nord), où l‘on disait le Chir Ha-Chirim, les psaumes de Téhilim (Lé’hou Néranéna), avant de dire « Mizmor Lé-David », « Léh’a Dodi », Mizmor Chir Lé-Yom Ha-Chabbat et le chapitre « Bamé Madlikinn ». Ils avaient ce bel usage parce qu’ils entamaient l’office de Min’ha bien avant le coucher du soleil, comme en ont attesté des émigrants du Maroc qui vivent à présent en Erets Israël.
Mais ceux qui entament l’office de Min’ha juste avant le coucher du soleil, et enchaînent avec le Chir Ha-Chirim et Lé’hou Néranéna, de sorte qu’ils arrivent à Mizmor Chir Lé-Yom Ha-Chabbat à un moment tardif (parfois même au-delà de l’heure de la sortie des étoiles), cet usage n’est pas conforme, et à l’origine, il n’a été adopté dans aucun endroit.
Dans ce cas, il serait plus juste qu’ils instaurent de dire Mizmor Chir Lé-Yom Ha-Chabbat, Léh’a Dodi et le chapitre « Bamé Madlikinn » immédiatement après Min’ha lorsqu’il fait encore jour (juste avant le coucher du soleil), et ensuite réciter le Chir Ha-Chirim et Lé’hou Néranéna.