Halacha pour mardi 4 Cheshvan 5785 5 novembre 2024

Pour la guérison totale de :
Gabriel Ben Simha
Nissim Ben 'Hanna (Roubach)
Azar Ben Lisa Kamouna (Cohen)
Maxime Moché Ben Sarah (Amar)
Michelle Bat Daisy Esther (Amar, née Madar)

Pour l'élévation de l'âme de :
Jacques Jacky Yaakov Ben Chalom (Ben Adiba) z''l
Alain Chélomo Ben Avraham (Sebban) z"l
Eliyahou El'hanan Its'hak Ben Yoël (Bouhnik) z"l
Ethan Eliyahou David Ben Fredj (Arfi) z"l
Georges Jojo Nissim Ben Moché (Hadjadj) z"l
Yvonne Ouarda Bat Sultana (Hadjadj, née Fitoussi) z"l

Est-il permis à un fils de contredire son père ?

Dans une précédente Halacha, nous avons mentionné l’interdiction pour un fils ou une fille de contredire les propos de leur parents, car selon la Guemara Kiddoushin (31b), le fait de ne pas contredire les parents en disant que leurs propos ne sont pas corrects, fait partie de la Mitsva de craindre le père et la mère.

Sur l’interdit de contredire les propos du père, nos maîtres les décisionnaires médiévaux et des derniers siècles débattent sur différents points.

Avant tout, ils débattent afin d’établir si cette interdiction concerne uniquement des sujets profanes, pour lesquels il serait effectivement interdit de contredire les propos du père, mais s’il s’agit de paroles de Torah il serait permis de contredire le père. Ceci en raison du fait que la Torah est appelée « Emet » (vérité) et qu’il est interdit de modifier les propos de la Torah pour une raison quelle qu’elle soit.
De même, on ne flatte personne dans la Torah. C’est pourquoi, il y a lieu de dire qu’il est au contraire interdit à un fils de se retenir d’exprimer ses propos face à son père.
De plus, le Déricha écrit que lorsqu’un fils contredit son père dans les paroles de la Torah, ce n’est pas lui qui le contredit mais uniquement la Torah qui est une Torah de vie, c’est elle qui contredit les propos du père.

Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l cite à ce propos différentes preuves selon lesquelles il est permis à un fils de contredire son père dans les propos de la Torah, car nous avons trouvé dans le Talmud à divers endroits que le fils contredit son père. Par exemple, dans la Guémara ‘Erouvin (32a), Rabbénou Ha-Kadoch dit : « Mes propos semblent plus justes que ceux de mon père. » Cela signifie qu’il trancha la Halacha sur un point de façon contraire à l’opinion de son père.
De même, l’auteur du Téroumat Ha-Déchen cite plusieurs preuves selon lesquelles il est permis à un fils de contredire son père dans les paroles de la Torah, puisqu’on trouve de nombreux exemples dans le Talmud dans lesquels Rabbi (Rabbénou Ha-Kadoch) contredit son père Rabbann Chim’on Ben Gamliel sur plusieurs Halachot. Ainsi, Rava contredit lui aussi son maître Rabba qui était son principal maître dans la Torah. De même, parmi les décisionnaires médiévaux, le ROCH contredit à plusieurs reprises son maître le Maharam de Rottenbourg. En réalité, le ROCH écrit lui-même explicitement au sujet de notre maitre Rachi qui illumina les yeux d’Israël dans la Torah, que ses petits fils et ses descendants les auteurs des Tossafott le contredisent à plusieurs reprises, car la Torah est une Torah de vérité, dans laquelle on ne flatte personne.               

Quoi qu’il en soit, selon toutes les opinions, même lorsque le fils contredit son père dans les paroles de la Torah, il est certain qu’il faut agir avec beaucoup de respect, et de façon correcte. Il faut aussi que le fils consulte et approfondisse correctement les références du sujet débattu, en l’honneur de son père, dans l’hypothèse où son père aurait raison, car si c’est le fils qui se trompe et que son père a raison, si le fils tranche la Halacha de façon contraire à l’opinion de son père, hormis le fait que le fils a fauté envers son père en tranchant de façon incorrecte, il a aussi fauté envers son père en le déshonorant gratuitement.

Nous trouvons aussi un exemple dans la Guémara Kiddouchin (80b) où Rav Yéh’ezkel le père de Ramé et de Rav Yéhouda enseignait un jour la Torah à son fils Ramé. Rav Yé’hezkel fit une lecture erronée du texte. Son autre fils Rav Yéhouda corrigea son père en lui disant : « Papa, ne lis pas ainsi, lis ainsi car c’est la lecture la plus correcte. » Chémouél (un autre sage présent) entendit les propos de Rav Yéhouda à l’égard de son père. Il lui dit : « Mon cher érudit, ne parle pas ainsi à ton père ! » C'est-à-dire : Ne lui dis pas sous cette forme, mais plutôt : « Papa, il est aussi possible de lire ainsi. » Ou toute autre forme similaire, de sorte que les propos soient exprimés avec respect.

Les décisionnaires abordent un autre point du problème.
Est-il permis de contredire les propos du père exclusivement en sa présence ou bien même en son absence ?
Notre maitre le Méïri écrit qu’il n’est interdit de contredire son père qu’en sa présence exclusivement, mais en son absence, il est permis de le faire. Par exemple, son père dit que les fours de telle marque sont meilleurs que les autres, alors que le fils pense que les fours d’une autre marque sont d’une qualité supérieure, et les membres du foyer savent que son père pense le contraire, si le fils exprime son opinion divergente de celle de son père, il lui est interdit de le faire en sa présence. Mais en son absence – selon l’opinion du Méïri - il lui est permis de le faire.

Du point de vue de la Halacha, notre maître le Rav z.ts.l écrit que s’il s’agit de propos de Torah et en l’absence du père, il est permis au fils de contredire son père, particulièrement si l’on associe les deux raisons citées, que la Torah est une Torah de vie et que selon l’opinion de plusieurs décisionnaires il n’y a pas d’interdiction de contredire le père en son absence.

Cependant, il faut préciser que tout ceci dépendra d’un point que nous expliquerons dans la suite au sujet du devoir de crainte envers le père et la mère. Lorsque le père renonce à son respect, est-ce que le fils doit toujours être vigilant sur les points relatifs au devoir de crainte ou non ? Si l’on suppose que lorsque le père renonce à sa crainte, sa crainte est pardonnée (son renoncement est valable), le fils aurait le droit de le contredire même en sa présence. Mais si l’on suppose que lorsque le père renonce à sa crainte, sa crainte n’est pas pardonnée, dans ce cas, on ne peut absolument pas permettre.

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