Halacha pour jeudi 11 Iyar 5778 26 avril 2018

Pour la guérison totale de :
Gabriel Ben Simha
Nissim Ben 'Hanna (Roubach)
Azar Ben Lisa Kamouna (Cohen)
Maxime Moché Ben Sarah (Amar)
Michelle Bat Daisy Esther (Amar, née Madar)

Pour l'élévation de l'âme de :
Jacques Jacky Yaakov Ben Chalom (Ben Adiba) z''l
Alain Chélomo Ben Avraham (Sebban) z"l
Eliyahou El'hanan Its'hak Ben Yoël (Bouhnik) z"l
Ethan Eliyahou David Ben Fredj (Arfi) z"l
Georges Jojo Nissim Ben Moché (Hadjadj) z"l
Yvonne Ouarda Bat Sultana (Hadjadj, née Fitoussi) z"l

Si l’on change d’avis au milieu d’une consommation – « Il fait parler les lèvres de ceux qui dorment »

Dans la précédente Halacha, nous avons expliqué que sur un pain « Kisninn » (pâtisserie, gâteau, Borékas ou autre), on doit réciter Mézonott. Mais si l’on désire en consommer une grande quantité au point d’en consommer 216 g qui est la quantité appelée « Kévi’outt Sé’ouda », on doit dans ce cas réciter au préalable Hamotsi et ensuite Birkat Hamazon sur de tels mets, car si l’on consomme une telle importante quantité de gâteaux, cette consommation est considérée comme un véritable repas, et ces mets sont alors considérés comme du véritable pain vis-à-vis de toutes les règles. On est donc également tenu de procéder à la Nétilatt Yadaïm avant de consommer ces mets dans cette quantité, exactement comme lorsqu’on va consommer du pain.

Si lors d’une consommation de gâteaux, on décide d’en faire son repas
A présent nous allons débattre du cas où une personne a commencé à consommer des gâteaux, et a donc récité Mézonott, puisqu’elle avait l’intention d’en consommer une quantité ordinaire et non une grande quantité équivalente à « Kévi’outt Sé’ouda » (216 g), comment doit-elle agir si elle poursuit sa consommation au point d’arriver à 216 g ? Doit-elle se lever et procéder à la Nétilatt Yadaïm ou non ? Doit-elle réciter Hamotsi sur le reste des gâteaux?

Le livre Yabiya’ Omer volume 11
Récemment, a été publié le livre Chou’t Yabiya’ Omer volume 11, dont la majeure partie est constituée de Responsas rédigées par notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l lorsqu’il n’avait que 27 ou 30 ans ! Les Responsas contenues dans cet ouvrage laissent stupéfait toute personne qui les consulte ! On éprouve véritablement la sensation que notre maitre le Rav z.ts.l est encore vivant parmi nous ! Ses commentaires illuminent les synagogues et les centres d’études!
Plus extraordinaire encore, les commentaires que notre maitre le Rav z.ts.l a rédigés pour lui-même à l’âge de 25 ou 30 ans, personne de notre époque, pas même le doyen en années ne pourrait les rédiger et les mettre en ordre avec une compétence aussi impressionnante et un raisonnement aussi droit.
Et pourtant, en ces temps-là, notre maitre le Rav z.ts.l était submergé par de terribles soucis, aussi bien au temps de son rabbinat au Caire où il subit les pires tracas de la part des dirigeants de la communauté juive ainsi que des bouchers arabes qui voulurent même l’assassiner (ils tentèrent un jour de lui brûler le visage, une autre fois ils le dénoncèrent aux autorités égyptiennes de l’époque comme étant un espion sioniste, comme relaté en détails dans le livre Avir Ha-Ro’im vol.1), seul Hachem lui sauva la vie. Ou bien lorsqu’il retourna en Erets Israël où il souffrit durant 6 ans de la pire pauvreté et des incessantes persécutions de la part de ses opposants.
Et malgré tout cela, notre maitre le Rav z.ts.l resta assidue sous les tentes de la Torah, puisant du puits des grands sages de Jérusalem en récoltant de leur sagesse et de la lumière de leur Torah toutes les merveilles du monde.
Qui aurait pu croire en ces temps-là que - même après la disparition de notre maitre le Rav z.ts.l, presque 70 ans depuis la rédaction de ces merveilleux enseignements rédigés dans sa jeunesse - qu’il aurait bénéficié d’une « 2ème vie » à travers ses commentaires publiés dans une prestigieuse édition, et que de nombreuses personnes étudient avec assiduité ?!
Une telle chose ne fait qu’augmenter le mérite de l’âme sainte de notre maitre le Rav z.ts.l, puisque ses lèvres reprennent la parole dans son repos éternel, comme l’enseigne Rabbi Chim’on Bar Yo’haï (Yébamot 97a) : « Tout érudit dans la Torah dont on rapporte un enseignement en son nom dans ce monde-ci, ses lèvres reprennent la parole dans sa tombe. » Cela signifie qu’il reprend une nouvelle vitalité, et sur cela il est dit (Téhilim 149) : « Les hommes pieux peuvent exulter avec honneur, entonner des chants sur leurs lits de repos. » (Comme l’explique le Midrach sur Téhilim).
Une abondance de bénédiction et de bien se déverse donc par le mérite du Tsaddik sur tous ses disciples et ceux qui écoutent son enseignement, et les lecteurs de la « Halacha Yomit » sont inclus dans la bénédiction, Amen, qu’il en soit ainsi.

La règle de Nétilat Yadaïm et du Birkat Hamazon
Dans cet ouvrage (chap.13), notre maitre le Rav z.ts.l fut consulté exactement sur cette question que nous abordons aujourd’hui, et il répondit qu’au sujet de la Nétilat Yadaïm, il n’y a aucun doute qu’une telle personne qui a commencé à consommer des gâteaux et qui à présent désire en consommer davantage jusqu’à arriver à la quantité de « Kévi’outt Sé’ouda » (216 g), est tenue de procéder à la Nétilatt Yadaïm. Cependant, les décisionnaires débattent s’il faut ou pas réciter la bénédiction de la Nétila. Si l’on désire la réciter dans un tel cas, ou bien si l’on a l’usage de toujours la réciter dans un tel cas, on est autorisé à la réciter. (Mais si l’on n’a pas l’usage de le faire dans un tel cas, il est préférable de ne pas réciter la bénédiction de la Nétila. Voir Halacha Béroura chap.158 page 19).

Même concernant le Birkat Hamazon, il est plus qu’évident que cette personne ayant consommé une importante quantité de gâteaux, est tenue de réciter le Birkat Hamazon, exactement comme quelqu’un qui a consommé véritablement du pain.

La règle pour la bénédiction de Hamotsi
Cependant, concernant la bénédiction de Hamotsi, nous pouvons débattre sur ce point car cette personne a au début récité la bénédiction de Mézonot lorsqu’elle a commencé à consommer, et il y aurait matière à dire que cette bénédiction acquitte aussi ce qu’elle va continuer à consommer maintenant.

Mais notre maitre le Rav z.ts.l réfute cet argument dans son ouvrage, et il conclut dans la pratique qu’il faut dans ce cas aussi réciter la bénédiction de Hamotsi sur ce qu’elle va continuer à consommer, car lorsque cette personne a récité la bénédiction de Mézonot, elle a pensé explicitement ne pas consommer 216 g de ces gâteaux, mais seulement une quantité inférieure. De ce fait, maintenant qu’elle commence à en consommer davantage, cette consommation supplémentaire n’est pas acquittée par la 1ère bénédiction.

En conclusion: Si l’on a récité la bénédiction de Mézonot et que l’on a consommé des gâteaux, mais qu’au milieu de la consommation on décide d’en consommer au total au moins 216 g, nous devons dans ce cas procéder à la Nétilat Yadaïm, et réciter Hamotsi sur le reste des gâteaux, puis réciter le Birkat Hamazon.

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