Halacha pour jeudi 2 Shevat 5778 18 janvier 2018

Pour la guérison totale de :
Gabriel Ben Simha
Nissim Ben 'Hanna (Roubach)
Azar Ben Lisa Kamouna (Cohen)
Maxime Moché Ben Sarah (Amar)
Michelle Bat Daisy Esther (Amar, née Madar)

Pour l'élévation de l'âme de :
Jacques Jacky Yaakov Ben Chalom (Ben Adiba) z''l
Alain Chélomo Ben Avraham (Sebban) z"l
Eliyahou El'hanan Its'hak Ben Yoël (Bouhnik) z"l
Ethan Eliyahou David Ben Fredj (Arfi) z"l
Georges Jojo Nissim Ben Moché (Hadjadj) z"l
Yvonne Ouarda Bat Sultana (Hadjadj, née Fitoussi) z"l

Les Tsitsiyott en dehors des vêtements

Il est dit dans la Torah:
« Hachem parla à Moché en ces termes : Parle aux enfants d'Israël, et dis-leur de se faire des franges aux coins de leurs vêtements, dans toutes leurs générations, … Cela formera pour vous des franges dont la vue vous rappellera tous les commandements d’Hachem … » (Bamidbar 15-37,38).

Du fait qu’il est écrit « dont la vue », cela signifie qu’il faut voir le Tsitsitt lorsqu’on le revêt.
Telle est l’explication de Rabbénou Sa’adya GAON, que le terme « Tsitsitt » vient de la racine étymologique « Hatsatsa » qui signifie voir. Nous apprenons de là qu’il faut voir les Tsitsyott. C’est ainsi qu’écrit également Rabbénou Avraham IBN EZRA. (voir aussi le responsa du Rachba vol.7 chap.568).

A partir de tous ces propos, nous déduisons qu’il faut revêtir le Tsitsitt de sorte que l’on voit au moins les Tsitsyott, comme le font les Achkénazim en laissant les Tsitsyott en dehors des vêtements, et ainsi ils les voient en permanence.

Cependant, l’auteur du ‘Itour (règles relatives aux Tsitsitt fin du vol.3), ainsi que le Mordé’hi (règles relatives aux Tsitsitt chap.943) au nom de son maitre le MAHARAM de Rottenbourg, écrivent qu’il faut revêtir le Talitt Katan (que l’on appelle de nos jours le « Tsitsit ») en dessous les vêtements, et lorsqu’on le revêt on voit le Tsitsitt et on s’acquitte ainsi de la Mitsva de façon correcte.

Mais l’auteur du ‘Itour lui-même cite à la fin de ses propos l’opinion de Rabbénou Its’hak Méron Ha-Lévy qui écrit que le Talit Katan doit se trouver sur les vêtements, et de ce fait, si l’on désire accomplir la Mitsva de Tsitsitt dans sa plus belle qualité, il faut revêtir le Talit sur les vêtements.

MARAN écrit lui aussi dans le Choul’han ‘Arou’h (chap.8) que l’essentiel de la Mitsva de Tsitsitt est de le revêtir sur les vêtements « afin de le voir en permanence et de se souvenir des commandements d’Hachem ».
Cependant, ceci représente une sorte de contradiction dans les propos du Choul’han ‘Arou’h, car à d’autres endroits du Choul’han ‘Arou’h nous comprenons que le Talit Katan doit être sous les vêtements.

Le Maamar Mordé’haï écrit que selon l’opinion du Choul’han ‘Arou’h, il est préférable de porter le Talit Katan sur les vêtements, mais il ne voulait pas ignorer complètement l’usage en vigueur de le porter sous les vêtements. C’est pourquoi il a écrit à plusieurs endroits différentes règles selon cet usage.

En réalité, dans le Beit Yossef et dans les propos de tous les décisionnaires des derniers siècles, il est expliqué que selon l’usage en vigueur, on porte le Talit Katan sous les vêtements, et les Tsitsyott sont eux aussi sous les vêtements.
Dans le Beit Yossef, MARAN cite le Responsa du RIVACH d’où l’on comprend que l’essentiel de la Mitsva est de regarder les Tsitsyott lors de la lecture du Chéma’ lorsqu’on dit « Our’item Oto », ainsi que lorsqu’on s’enveloppe du Talit.
Nos grands maitres Séfaradim des derniers siècles rapportent que selon les propos de notre maitre le saint ARI Zal, il faut revêtir le Talit Katan en dessous tous les vêtements, et pour cette raison, les Séfaradim ont l’usage de porter le Talit Katan en dessous tous les vêtements. C’est ainsi qu’écrit Rabbi Ya’akov RAKA’H, que notre maitre le ARI Zal portait lui-même le Talit Katan en dessous tous les vêtements, conformément à l’usage des Séfaradim jusqu’à nos jours.

Mais les Achkénazim ont l’usage de porter le Tsitsitt sur les vêtements, ou du moins de faire en sorte que les Tsitsyott soient à l’extérieur des vêtements. Cet usage est adopté par les étudiants des Yéchivott jusqu’à nos jours, et ils accomplissent ainsi le verset : « Son cœur s’élève dans les voies d’Hachem », car en tout endroit où l’homme marche ainsi, on reconnait sur lui qu’il est un juif méticuleux dans les Mitsvott.

Il y a environ 50 ans, certains ont voulu modifier l’usage des étudiants Séfaradim des Yéchivott, en leur imposant à eux aussi de sortir les Tsitsyott dehors, afin de se démarquer dans cette Mitsva, et pour d’autres raisons. Mais notre maitre le Gaon Rabbénou ‘Ezra ATTIE (Roch Yéchiva de Poratt Yossef à Jérusalem et le maitre de notre maitre le Rav z.ts.l) s’opposa à cela et imposa que l’on maintienne l’usage des Séfaradim à sa place.

Dans la partique, notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l fut consulté sur cette question à de nombreuses occasions, et son fils notre maitre le Gaon et Richon Lé-Tsion Rabbi Its’hak YOSEF Chlita a écrit sur ce sujet aussi bien dans ses ouvrages « Yalkout Yossef » que dans son ouvrage « Chou’t Ha-Richon Lé-Tsion », et il précise que même si notre usage de ne pas sortir les Tsitsyott dehors est fondé sur la Kabbala, malgré tout, celui qui ressent un certain renforcement spirituel dans la crainte d’Hachem, en particulier si la chose peut l’aider à s’écarter de ses voisins qui ne marchent pas dans le chemin de la Torah, il est possible de l’autoriser à sortir les Tsitsyott, et plus tard, lorsque cela lui sera possible, il reviendra à l’usage de nos maitres les Rabbanim Séfaradim en rentrant les Tsitsyott à l’intérieur.

De même, les étudiants des Yéchivott qui - pour différentes raisons – désirent sortir les Tsitsyott à l’extérieur, sont autorisés à le faire.
Certains des petits-enfants de notre maitre le Rav z.ts.l sortaient eux aussi les Tsitsyott dehors, et notre maitre le Rav z.ts.l les voyaient et ne leur a jamais rien dit à ce sujet. Ce n’est que lorsqu’ils se sont mariés qu’ils sont revenus à l’usage original des Séfaradim, fondé sur les propos de notre maitre le Ari Zal, et ont de nouveau introduit les Tsitsyott sous les vêtements.

En conclusion: Les Achkénazim ont l’usage de sortir les Tsitsyott. Les Séfaradim ont l’usage de les rentrer sous les vêtements. Un Séfaradi qui constate que le fait de sortir les Tsitsyott lui procure une utilité dans le service d’Hachem ou autre, est autorisé à les sortir. Cependant, de manière générale, les Séfaradim et les Achkénazim doivent maintenir leurs usages respectifs, et les Séfaradim ont toujours eu l’usage de rentrer les Tsitsyott à l’intérieur, ils doivent donc poursuivre cet usage.

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