Le Baklawa est une pâtisserie faite de plusieurs pâtes feuilletées entre lesquelles on met des noix, du sucre, du miel et divers ingrédients. Du point de vue de la quantité, la majorité du Baklawa est constituée des noix et des ingrédients divers et non de la pâte en elle-même, qui est minoritaire et remplie d’espaces vides. De même, les gaufrettes sont des feuilles de pâte cuites que l’on a tapissées d’une crème de chocolat ou de citron ou autre.
La question que l’on va traiter ces jours-ci est:
Quelle bénédiction initiale doit-on réciter sur de tels aliments, et quelle bénédiction finale doit-on réciter après les avoir consommés?
L’aliment principal et l’aliment secondaire – Un mélange d’ingrédients avec une des 5 céréales (Dagan)
Nous avons déjà expliqué dans le passé que lorsqu’un aliment est constitué de plusieurs aliments différents dont les bénédictions initiales diffèrent elles-aussi, il faut réciter sur cet aliment la bénédiction propre à l’aliment principal.
C’est pour cela que nous avions écrit que lorsqu’on consomme des feuilles de vignes farcies au riz, on doit réciter la bénédiction de « Mézonott », puisque c’est le riz qui est considéré comme l’aliment principal de ce mélange et non les feuilles de vigne qui l’entourent, qui sont secondaires au riz.
Cependant, nous avions aussi expliqué que ceci n’est valable que pour le mélange de 2 aliments ordinaires.
Mais si une des 5 céréales du Dagan est présente dans le mélange, comme de la farine ou des miettes de pain, la bénédiction sur ce mélange reste celle de la céréale de Dagan présente, car les 5 céréales du Dagan possèdent une grande importance, puisqu’elles ont la propriété de rassasier, au point où l’on en fait du pain, et elles sont toujours considérées comme « aliment principal ».
La bénédiction sur le Baklawa et sur les gaufrettes
A la lueur de ceci, nous apprenons que les feuilles de pâte fourrées aux noix (Baklawa), même si les noix constituent l’essentiel de l’aliment, malgré tout, puisque les feuilles de pâte sont faites de céréales du Dagan, on doit réciter « Mézonott » et non « Boré Péri Ha-‘Ets ».
La règle est la même au sujet des Borékas au fromage ou aux pommes de terre, et de même pour les gaufrettes fourrées au chocolat ou au citron, la bénédiction de ces aliments est « Mézonott » sans le moindre doute, puisque les feuilles ajoutent un goût considérable aux gaufrettes comme tout le monde le sait.
La bénédiction sur le gâteau au fromage
De même pour le gâteau au fromage dans lequel il y a un peu de farine qui a pour vocation d’ajouter un bon goût, sa bénédiction est « Mézonott », même si la farine est minoritaire en rapport au fromage et aux autres ingrédients.
Lorsque la farine ne vient pas ajouter du goût
Mais attention ! Nous nous devons d’insister et de clarifier que tout ce que l’on a appris jusqu’à présent - à savoir que lorsqu’une des 5 céréales du Dagan est présente dans le mélange c’est elle qui est considérée systématiquement comme « aliment principal » - ceci va dépendre d’une condition : que la céréale de Dagan présente « ajoute du goût » au mélange alimentaire. Mais si la céréale de Dagan n’a pour vocation que d’être un conservateur ou un solidifiant, ou bien de coller les différents ingrédients entre eux, dans ce cas elle n’est pas considérée comme « aliment principal », et il faudra réciter sur le mélange alimentaire la bénédiction correspondante à son autre ingrédient.
Cette règle est expliquée dans la Guémara Béra’hott (37b) qui stipule que dès lors où l’on a mélangé de la farine mais uniquement pour coller l’aliment, on ne récite pas « Mézonott ». C’est ainsi que tranche MARAN dans le Choul’han ‘Arou’h (chap.208).
Nous apprenons à partir de là que les gâteaux faits à base d’œufs, d’huile et de sucre ou autre, et dans lesquels on a mis une infime quantité de farine (par exemple une cuillère pour tout le gâteau) non pas pour ajouter du goût mais uniquement pour que le gâteau « tienne » et soit correctement stable, la bénédiction de ce gâteau est « Chéhakol », car le sucre et les œufs sont considérés comme « aliments principaux » dans ce mélange, et la farine vient uniquement coller les ingrédients. Par conséquent, elle ne peut être considérée comme aliment principal du mélange.
La règle est aussi la même pour les « meringues » au sucre, même si l’on y mélange parfois un peu de farine, malgré tout, leur bénédiction est « Chéhakol ».
C’est ainsi que tranche notre maitre le RAMBAM (chap.3 des règles relatives aux bénédictions) en disant que dès lors où l’on a mis une des 5 céréales du Dagan mais uniquement pour coller les différentes parties de l’aliment, on ne doit pas réciter « Mézonott ». Il ajoute que la règle est la même si l’on a mis la céréale de Dagan dans le mélange afin d’y ajouter du parfum ou une couleur, car dès que la céréale de Dagan ne vient pas pour ajouter du goût, elle n’est pas considérée comme aliment principal, et dans ce cas, on ne doit pas réciter « Mézonott ».
Dans les prochaines Halachott, nous développerons davantage ces questions avec l’aide d’Hachem.