Halacha pour dimanche 2 Iyar 5783 23 avril 2023

Pour la guérison totale de :
Gabriel Ben Simha
Nissim Ben 'Hanna (Roubach)
Azar Ben Lisa Kamouna (Cohen)
Maxime Moché Ben Sarah (Amar)
Michelle Bat Daisy Esther (Amar, née Madar)

Pour l'élévation de l'âme de :
Jacques Jacky Yaakov Ben Chalom (Ben Adiba) z''l
Alain Chélomo Ben Avraham (Sebban) z"l
Eliyahou El'hanan Its'hak Ben Yoël (Bouhnik) z"l
Ethan Eliyahou David Ben Fredj (Arfi) z"l
Georges Jojo Nissim Ben Moché (Hadjadj) z"l
Yvonne Ouarda Bat Sultana (Hadjadj, née Fitoussi) z"l

« En multipliant les conseils, on multiplie l’intelligence »

Puisqu’en cette période du ‘Omer, nous avons l’usage en tout endroit d’étudier les Pirké Avot en public, – et tel était l’usage de notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l – nous allons donc citer quelques sujets abordés dans les Pirké Avot.

Il est enseigné dans les Pirké Avot (chap.2 Michna 8):
« En multipliant les conseils, on multiplie l’intelligence ».
Cela signifie que plus on demande conseil aux autres, plus on multiplie la sagesse.

Il est enseigné dans la Guémara Yébamott (121a):
Rabbi Chila autorisa une femme ‘Agouna (une femme dont le mari a disparu, et dont on n’a pas retrouvé le corps) à se marier, alors que selon les derniers témoignages recueillis, le mari s’était noyé dans des « eaux sans fin » (des eaux sans fin sont des eaux qui n’ont pas de limite définie, et si un homme se noie dans de telles eaux en présence de témoins, il est impossible de déterminer sur la foi de leur témoignage que l’homme est mort et que son épouse est autorisée à se remarier, car il est à craindre que l’homme soit ressorti par l’autre côté des eaux et que les témoins ne l’aient pas vu. Mais lorsqu’un homme se noie dans des eaux « qui ont une fin » comme une piscine par exemple, et que des témoins l’ont vu se noyer et attestent qu’il n’en est pas ressorti même un long moment plus tard, même si les témoins n’ont pas vu si l’on a repêché son corps de l’eau, nous pouvons autoriser l’épouse à se remarier, car dans ce cas la mort du mari ne fait aucun doute, puisque s’il était sorti de l’eau les témoins l’auraient obligatoirement vu).

En entendant que Rav Chila avait autorisé une femme à se remarier alors que le mari s’était noyé et avait disparu dans des eaux sans fin, décision Halachique en contradiction totale avec la Halacha, Rav voulut excommunier Rav Chila pour une telle décision. Mais il demanda d’abord conseil à Mor Chémouel. Celui-ci lui dit que selon son avis, il fallait d’abord demander des explications à Rav Chila sur sa décision Halachique. On envoya un message à Rav Chila:
« Si la noyade s’est produite dans des eaux sans fin, l’épouse est-elle permise ou interdite ? »
Rav Chila répondit : « L’épouse est interdite. »
On lui demanda :
« Quel est le statut d’un étang ? Est-il considéré comme une eau sans fin ou bien comme une eau qui a une fin ? »
Rav Chila répondit : « L’étang a le statut d’une eau sans fin ».
On lui demanda : « Alors pourquoi as-tu autorisé cette femme à se remarier ? »
Rav Chila répondit : « Là est toute mon erreur ! Je pensais que puisque les eaux d’un étang sont stagnantes, l’étang a le statut d’une eau qui a une fin, et s’il en était sorti on l’aurait forcément vu. Mais il n’en est rien, et je reviens sur ma décision. Même s’il s’est noyé dans un grand étang, la règle est la même que s’il s’était noyé dans une eau sans fin, car les vagues peuvent l’emporter assez loin de sorte qu’il avait la possibilité de ressortir d’un autre côté. »

Rav se réjouit de la réponse de Rav Chila, et il attribua à Mor Chémouel le verset :
« La délivrance émane des grands conseils » (Michlé 11).

[Précisions : Comme nous l’avions compris, cet homme s’était noyé dans un étang. L’épouse avait seulement reçu l’autorisation de se remarier mais il n’est pas forcé qu’elle ait eu le temps de le faire entre la décision de Rav Chila et son changement d’opinion.]

A la lueur de cette anecdote, notre maitre le Rav z.ts.l explique (dans son commentaire ‘Anaf ‘Ets Avot page 106) les propos de la Michna citée plus haut « En multipliant les conseils, on multiplie l’intelligence », car celui qui demande conseil à un homme sage, multiplie ainsi sa sagesse, puisque Rav fut épargné d’excommunier Rav Chila de façon injustifiée.

Dans son commentaire ‘Hasdé Avot, le Gaon Rabbénou Yossef ‘HAÏM z.ts.l – auteur du Ben Ich ‘Haï – explique les propos de la Michna « En multipliant les conseils, on multiplie l’intelligence » en disant que le Rav doit prendre conseil auprès de ses disciples sur la Massé’hett (traité talmudique) qu’ils désirent étudier, et il doit agir selon leur désir, car « l’homme ne doit étudier que le sujet que son cœur désire » (Avoda Zara 19.). C’est ainsi que les disciples augmenteront leur sagesse.

Tel est le sens des paroles de la Michna « En multipliant les conseils » - en prenant conseil auprès des disciples, « on multiplie l’intelligence » - ils auront davantage de sagesse et seront à même de déduire une chose de l’autre.
Notre maitre le Rav z.ts.l cite une preuve aux propos de Rabbénou Yossef ‘HAÏM z.ts.l à partir des Tossafot au début du traité Bava Métsi’a où ils écrivent que Rabbénou Ha-Kadoch (le compilateur de tous les enseignements de la Michna) n’étudiait pas avec ses disciples dans l’ordre exact des traités de la Michna, mais uniquement dans l’ordre désiré par les disciples.

C’est également ainsi qu’agissait notre maitre le Rav z.ts.l, en particulier lors de ses cours sur les Pirké Avot, où il ne disait pas d’explications trop pesantes ou trop profondes et compliquées pour les auditeurs, il se contentait de leur dire les sens simples des Midrachim de nos maitres, ainsi que des parties allégoriques et narratives, qui attirent le cœur des auditeurs. Il nous a dit lui-même à plusieurs occasions : « Regarde comme les histoires simples que je raconte attirent le cœur de l’assistance. »
Ceci fait aussi partie de l’enseignement « En multipliant les conseils, on multiplie l’intelligence », car grâce au fait qu’il prononçait des propos désirés par le public, les gens écoutaient avec plus d’attention, et ont fait évoluer leur sagesse, au point d’être plus tard à même de comprendre des explications plus profondes et plus complexes.

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