Halacha pour dimanche 13 Nissan 5774 13 avril 2014

Pour la guérison totale de:
Jean-Luc Chélomo Ben Zéhira (Azoulay)
Yossef Avraham ‘Haïm Ben Frédérique Léa (Arfi)
Charles Chalom ben Sultana (Nakache)
Noa’am Avraham Chimchon ben Dalia (Ouaknin)
Ariella Téhila Bat Aviva Myriam
Parmis tous les malades d’Israël  

Pour l’élévation de l’âme de:
Mordé’haï (Ma’ha) Ben Avraham (SELLAM) z’’l
Gilbert Sassi Ben Yéhouda (Hadjadj) z’’l

Péssah’ : La foi et les actes

(D’après un commentaire du Lev Shalom de Rabbi Shalom SHVADRON z.ts.l) 
 

« Ils firent, de la pâte qu'ils avaient emportée d'Égypte, des gâteaux azymes, car elle n'avait pas fermenté parce que, repoussés de l'Égypte, ils n'avaient pu attendre et ne s'étaient pas munis d'autres provisions. » (Shémot 12-39)
 
Rashi :et ne s'étaient pas munis d'autres provisions. (Mekhilta). Ceci à l’éloge d’Israël, pour n’avoir pas dit : « Comment pourrons-nous partir dans le désert sans provisions ? » Mais ils ont eu la foi et ils sont partis. C’est ce qui est indiqué par le prophète : « Je me souviens de toi, de la grâce de ta jeunesse, de l’amour de tes épousailles, quand tu marchais après moi dans le désert, dans un pays non ensemencé » (Yirmeya 2, 2).
 
Très étonnant !
 
Le peuple n’avait alors que deux options :
1.     Attendre au centre de l’enfer – l’Egypte – encore quelques heures ou quelques jours afin de se munir de provisions.
2.     Ne pas se poser de questions, croire en Moshé et Aharon et les suivre dans le désert en ayant la confiance en Hashem qu’il subviendra à tous leurs besoins.
Si Moshé et Aharon étaient venus trouver subitement les Béné Israël en Egypte en leur demandant de les suivre sans la moindre provision ni la moindre préparation, l’éloge des Béné Israël citée par Rashi serait justifiée et compréhensible.
 
Mais n’oublions pas que cette sortie d’Egypte fut précédée d’une année entière durant laquelle toutes les règles de la nature furent bouleversées, une année entière durant laquelle le monde s’est retourné devant eux à dix reprises pour le malheur des égyptiens, et à dix reprises le bonheur des Béné Israël ! Ce sont ces mêmes miracles et prodiges gravés dans notre mémoire pour toujours que les Béné Israël ont vu concrètement et vécus dans leur chair durant toute une année !
 
Prenons seulement les deux dernières plaies, juste avant la sortie d’Egypte :
 
Tout Israël pu constater lors de l’avant-dernière plaie – les ténèbres - comment chaque endroit où ils posaient leurs pieds était rempli de lumière, alors que les égyptiens se trouvant à leur proximité étaient dans l’obscurité totale ! Comme-ci qu’un soleil était spécialement créé pour chaque Ben Israël en tout endroit !
Des prodiges à en perdre la raison !!
 
Et en définitif, au dénouement de cet esclavage, à la moitié de la nuit périssent – tel que l’avait annoncé Hashem – tous les aînés égyptiens, alors que pas un seul Ben Israël ne meurt ! La foi est tellement concrète et puissante que l’on peut la palper de la main et la sentir véritablement dans l’air !
 
Dans une telle situation, qui serait assez idiot pour préférer rester en Egypte et voir Moshé et Aharon s’en aller seuls vers le désert ?!
 
Il est vrai que partir sans provisions nécessite de la foi, mais préférer le contraire et rester en Egypte après toute une année de foi exprimée par autant de miracles et de prodiges, nécessite une folie démesurée !!
 
Et pourtant, Hashem nous fait l’éloge « Je me souviens de toi, de la grâce de ta jeunesse, de l’amour de tes épousailles, quand tu marchais après moi dans le désert, dans un pays non ensemencé ».
Quel est le sens à tout cela ?
 
La connaissance théorique sans la pratique ne représente rien 
En réalité, nous sommes face à un profond et terrible fondement !
 
Nous savons tous que dans la nature matérielle, la connaissance est une chose et la pratique en est une autre.
Une personne pourrait apprendre de façon théorique durant de nombreuses années comment cuisiner, comment nettoyer, comment construire, comment conduire un véhicule, etc …toutes ses connaissance ne lui seraient d’aucune utilité si cette personne ne met pas physiquement en pratique l’activité étudiée. Si elle n’apprend pas en mettant en pratique dans la réalité et de façon concrète, cette personne n’aura rien appris.
 
Il faut savoir qu’il en est de même pour le domaine du spirituel !
Toutes les sources de la foi, même les sources les plus terrifiantes comme la sortie d’Egypte qui représente le centre de la foi et du judaïsme, toutes ces sources de foi n’ont aucune valeur tant qu’elles n’existent que dans l’esprit !! Tant qu’elles n’affrontent pas l’épreuve des actes et de la réalité !!
 
Toute la foi en Hashem que les Béné Israël ont vu en Egypte n’avait pour seul et unique objectif de leur donner la possibilité à l’heure de l’épreuve de faire leur premier pas dans la foi concrète, d’abandonner les séductions de l’Egypte et de marcher vers Hashem !
 
L’éloge de « la grâce de ta jeunesse » attribuée aux Béné Israël représente leur premier pas concret en tant que peuple d‘Hashem, et le premier pas dans la mise en pratique de leur foi limpide, comme un bébé qui fait ses premiers pas !!
Malgré toute la connaissance du miracle, persistent une véritable difficulté et un grand effort - décrit dans le verset par les termes « la grâce de la jeunesse » - de la part du peuple envers Hashem !
Vraiment terrifiant !
 
Combien nous nous trompons en croyant que les pensées les plus élevées et le fait de fermer les yeux avec ferveur dans la prière suffisent à nous faire monter d’un niveau et à nous faire acquérir une quelconque véritable valeur spirituelle !!
 
Celui qui sait et ne met pas en pratique est pire que celui qui ne sait pas
 
A la lueur de tout cela, nous pouvons plus aisément comprendre une remarque que nous connaissons tous :
 
La hâte lors de la sortie d’Egypte fut motivée par le fait que les Béné Israël se trouvaient à ce moment là au 49ème niveau d’impureté, et leur risque de sombrer définitivement dans les 50 niveaux de l’impureté s’ils n’étaient pas sortis à ce moment précis.
 
En réfléchissant un peu, on peu trouver cela très étonnant !
Est-ce possible ?!
Après avoir pris autant de morale et après avoir appris durant toute une année « les 10 chapitres de la foi » en « tête à tête » avec Hashem, après la totalité des miracles vécus, c’est justement à ce moment précis qu’ils se trouvent au bord de l’abîme, niveau qu’ils n’ont jamais atteint même pendant toute la durée de l’exile avant même que les miracles ne débutent ?!!
Stupéfiant !!
 
Mais à quoi la chose est comparable ?
A celui qui s’est salie avec de la boue et qui aperçoit au loin une chute d’eau tumultueuse qui échoue dans un fleuve. L’homme s’approche encore et encore et son cœur exalte de joie.  Lorsqu’il arrive à proximité de l’eau, il peut déjà la toucher de ses mains. Encore un instant et il pourra y plonger son corps et ses vêtements salis par la boue.
 
Nous comprenons tous que la simple vision de l’eau ne nettoie pas les habits !!
 
Au contraire, s’il s’agit d’une personne délicate et qui ne supporte pas la moindre saleté sur elle, plus elle s’approchera de l’eau, plus elle désirera profondément se nettoyer …
Si elle s’arrête de marcher au moment précis où elle se trouve à proximité de l’eau, elle pourrait en mourir de souffrance !!
 
Il en va de même dans la spiritualité.
Le fait de voir la foi ne fait pas de nous pour autant des croyants !
Voir Hashem durant toute une année ne nous aide pas pour autant à nous détacher des niveaux de l’impureté !!
 
Bien au contraire !! Celui qui est parvenu à comprendre, à savoir et à contempler, s’il se maintient malgré tout dans le lieu de l’impureté en Egypte et ne se hâte pas d’ « agir », de marcher, de véritablement concrétiser par des actes et de « sortir » vers l’extérieur, c’est justement maintenant qu’il est susceptible de sombrer dans le 50ème degré de l’impureté !!!       
 
Car celui qui connait la foi mais ne la concrétise pas par des actes, son état est amplement plus grave que l’état de celui qui reste tranquillement couché sur son lit et ne connait rien !!
 
Que le sage entende et en tire une morale … concrète ! …

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