Halacha pour jeudi 10 Iyar 5768 15 mai 2008

Pour la guérison totale de :
Nissim Ben 'Hanna (Roubach)
Mickaël Ben Louise Emouna
Oria Malka Bat Linda Suzanne
Michelle Bat Daisy Esther (Amar)

Pour l'élévation de l'âme de :
Clotilde Lucienne Messaouda Ora Bat Myriam
Rav Ron Moché Ben Aviva (Chaya) z''l
Ra'hamim Ben David (Abi'hsira) z"l
Jacques Jacky Yaakov Ben Chalom (Ben Adiba) z''l
Alain Chélomo Ben Avraham (Sebban) z"l
Eliyahou El'hanan Its'hak Ben Yoël (Bouhnik) z"l
Georges Jojo Nissim Ben Moché (Hadjadj) z"l
Yvonne Ouarda Bat Sultana (Hadjadj, née Fitoussi) z"l
Ichaï Ben Sa'adya (Levi) z''l
Mordé'haï Ben Moché (Bensadoun) z''l
Germaine Rivka Bat Rachel Léa (Atlani) z''l

Le poisson et le fromage

Il est enseigné dans la Guémara traité H'oulin (103b) :
Il est interdit de cuire toute viande avec du lait, excepté la viande de poisson ou de sauterelle.
Il est donc explicite que selon la strict Halah'a, la cuisson du poisson avec le lait n’est pas incluse dans la cuisson de la viande avec le lait, car la viande de poisson n’entre pas dans la catégorie « viande » que la Thora interdit, et n’est pas non plus interdit par nos sages.

Cependant, MARAN l’auteur du Choulh'an ‘Arouh' écrit dans le Beth Yossef (Y.D chap.87) que malgré tout, il ne faut pas mangé de poisson avec des laitages, par crainte de danger.
C’est ainsi qu’écrit également l’auteur du Lévouch (Rabbi Mordéh'ai Yaffé- Pologne 16ème siecle).
Le médecin et sage Rabbi Ya’akov Tsahalon partage aussi cet avis, et précise - dans son livre Otsar Ha-H'aïm, que le mélange du poisson et des laitages provoque de graves maladies.

Malgré cela, de nombreux Poskim (décisionnaires)  - comme l’auteur du Pricha (sur Y.D chap.87, note 8), l’auteur du Sifté Cohen (Chah') (sur Y.D chap.87, note 5), ainsi que l’auteur du Péri H'adach (sur Y.D chap.116, note 3) - autorisent la consommation du poisson mélangé à des laitages. C’est également l’opinion du Rama (auteur des annotations sur le Choulh'an 'Arouh'), qui écrit – dans son livre Darké Moshé (sur Y.D chap.87, note 4) – qu’il n’a jamais vu qui que ce soit faire attention à cela.

Certains décisionnaires – comme l’auteur du Taz (Touré Zahav ) (sur Y.D chap.87, note 3), ou notre maître le H'yda, dans son ouvrage Mah'azik Bérah'a (sur Y.D chap.87 note 4) – vont même jusqu’écrire que MARAN lui-même ne désirait pas interdire la consommation du poisson mélangé à des laitages, mais uniquement le poisson mélangé à de la viande. Selon ces décisionnaires, il y aurait une erreur de copiste dans le Beth Yossef.
Par conséquent, même si en règle générale, nous agissons exclusivement selon les décisions Halah'iques de MARAN l’auteur du Beth Yossef et du Choulh'an ‘Arouh', malgré tout, il y a là matière à autoriser, Lé’h'atéh’ila (à priori).

C’est pour cela que le Gaon Rabbi Chalom Messas zatsal, autorise lui aussi de façon catégorique, car il n’est pas du tout évident que MARAN l’auteur du Choulh'an ‘Arouh' interdise la consommation du poisson mélangé à des laitages.
De plus, de nombreuses personnes d’origine Séfarade ont l’usage de s’autoriser la consommation du poisson mélangé à des laitages.
Même les médecins de notre temps admettent qu’il n’y a pas le moindre risque de maladies graves en consommant du poisson et des laitages.

Mais notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita rapporte qu’au contraire, les Séfaradim avaient l’usage de s’interdire la consommation du poisson mélangé à des laitages, par crainte de danger, comme l’ont d’ailleurs écrient explicitement de nombreux décisionnaires, comme l’auteur du Beit Le’hem Yehouda (Rabbi Yéhouda 'Ayache- Algérie 18ème siecle) (sur Y.D chap.87, note 4), l’auteur du Kenesset Haguédola (sur Y.D chap.87, notes sur le Beit Yossef, note 19), et d’autres - selon lesquels, les Sefaradim ont l’usage de se montrer rigoureux sur ce point.

Il est donc très difficile d’admettre qu’une erreur de copiste se serait glissée dans le livre BETH YOSSEF, car dans ce cas, comment l’usage d’interdire la consommation du poisson mélangé à des laitages, se serai t-il répandue avec le soutient des Grands de toutes les générations, alors que toute l’origine de cette Halah'a reposerai sur une totale confusion émanant de l’erreur d’un copiste ?!

Il est donc certain que s’il y avait réellement erreur, les Grands de la génération de MARAN (16ème siècle), comme ceux de la génération suivante, auraient exprimés leur opinion selon laquelle, il y a une erreur dans le livre BETH YOSSEF.
En particulier, lorsqu’on sait que MARAN lui-même a vérifié son livre sans faire la moindre remarque.

Différents Poskim (décisionnaires)- comme le Gaon Rabbénou  Yossef ‘Haïm, dans son livre BEN ISH ‘HAÏ (2ème année, Parasha de Beha’alote’ha, note 9), ainsi que dans son livre Chou’t Rav Pé’alim (tome 2 section Yoré Dé’a chap.10), ou comme son maître le Gaon Rabbi ‘Abdellah Someh' dans son livre Zivh'é Tsedek (sur Y.D chap.87, note 18) - écrivent qu’il y a lieu de s’interdire la consommation du poisson et des laitages, à titre de Minhag (tradition).

C’est pourquoi, il est souhaitable de s’imposer la rigueur - Léh'atéh'ila (à priori) – de ne pas consommer de poisson mélangé à des laitages.

Si toutefois, Bédi’avad (à posteriori), du poisson à déjà été cuit (par erreur) avec des laitages, il y a lieu d’autoriser sa consommation même pour les Sefaradim qui ont l’usage de s’en abstenir.

Par contre, en ce qui concerne la consommation du poisson mélangé à du beurre, de nombreux Poskim autorisent, même selon l’usage des Séfaradim, comme l’écrit le Gaon Rabbi ‘Abdellah SOME’H z.ts.l, de la ville de Bagdad, où l’on avait l’usage d’autoriser la friture du poisson dans du beurre.

C’est pourquoi, les personnes qui ont l’usage de consommer du poisson avec du beurre, peuvent conserver leur usage (il y a même lieu de débattre concernant la crème avec laquelle est fabriqué le beurre).
 
Les Ashkénazes ont l’usage de s’autoriser tout cela (même la consommation du poisson mélangé à des laitages), et peuvent conserver leur usage.

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