Dans les précédentes Halachot, nous avons expliqué que lorsqu’on pétrit une pâte avec une farine en quantité d’au moins 1,560 Kg, on doit réciter la Béra’ha spécifique au prélèvement de la ‘Halla, et prélever une infime quantité de la pâte en tant que ‘Halla. Ce prélèvement doit être ensuite détruit, selon les moyens cités.
La Farine Complète
La quantité de farine soumise à l’obligation du prélèvement de la ‘Halla est 1,560 Kg, comme nous l’avons expliqué.
Mais il faut préciser que cette quantité est un poids net.
S’il y a une quantité de farine inférieure à 1,560 Kg, mais que l’on a ajouté d’autres ingrédients à la pâte, ces ingrédients ne s’additionnent pas à la farine, et dans un tel cas cette pâte n’est pas soumise au prélèvement de la ‘Halla. (Si le prélèvement a été fait avec Béra’ha dans un tel cas, la Béra’ha a été prononcée en vain.)
Cependant, quelques détritus de farine – comme les écorces des grains de blés eux-mêmes – mélangés de façon naturelle à la farine, s’additionnent à la quantité de farine requise pour le prélèvement de la ‘Halla (Michna ‘Halla chap.2), mais ce point nécessite des précisions importantes :
Dans les générations passées, la manière de moudre et de travailler les grains de blé état beaucoup plus difficile qu’à notre époque.
De ce fait, lorsqu’on voulait moudre de la farine que l’on appelle « Farine Complète », on n’écossait absolument pas les grains de blé (on ne séparait pas le son de la farine), et c’est ainsi que l’on procédait pour moudre le blé.
C’est ainsi que l’on agit encore parfois à notre époque.
Mais puisqu’à notre époque, l’écossage des grains de blé est devenu une action assez simple à réaliser, lorsqu’on désire produire de la Farine Complète, on utilise de la farine blanche ordinaire à laquelle on ajoute ensuite le son.
Dans un tel cas, même si l’on utilise une quantité de 1,560 Kg de Farine Complète, il n’y a pas la quantité de farine requise pour l’obligation du prélèvement de la ‘Halla, car le son ajouté ensuite n’est pas considéré dans cas comme de la farine (puisqu’il n’était pas à l’origine mélangé aux grains de blé).
C’est pourquoi, il faut vérifier comment la farine a été fabriquée, ou bien utiliser une quantité de farine bien supérieure à 1,560 Kg, afin de sortir du doute.
(Dans toute situation de doute, il faut prélever la ‘Halla sans réciter la Béra’ha.
RAMBAM et MARAN dans le Choul’han ‘Arou’h Y.D 324-3)
(Remarque émise par le recueil « Léhafrich ‘Halla » du Gaon Rabbi Chim’on MIMOUN Chlita).
Joindre deux pâtes
Lorsqu’on prépare deux pâtes distinctes, et qu’il n’y a dans aucune des deux la quantité de farine requise pour le prélèvement de la ‘Halla, les deux pâtes sont exemptes de prélèvement de la ‘Halla.
Cependant, il est interdit d’agir intentionnellement en faisant une pâte avec une quantité de farine inférieure à celle requise pour le prélèvement de la ‘Halla, dans le seul but de s’extraire à ce précieux devoir. (Choul’han ‘Arou’h Y.D 324-14).
C’est pourquoi, dans un tel cas où l’on a deux pâtes, et qu’aucune des deux ne contient la quantité de farine requise pour l’obligation de prélever la ‘Halla, mais qu’en additionnant les deux pâtes on obtient la quantité requise, il faut dans ce cas joindre les deux pâtes ensemble, et prélever la ‘Halla.
Comment joindre les deux pâtes ?
On approche les deux ustensiles qui les contiennent, et on met les deux pâtes en contact l’une à l’autre (au moyen d’un « Boudin » de pâte, par exemple), en collant solidement les deux pâtes ensemble, de sorte que si on les détachait, une des deux pâtes arracherait une petite partie de l’autre. Ce procédé s’appelle « Tsirouf » (additionnement), qui transforme les deux pâtes en une seule.
Sous ces conditions, on prélève la ‘Halla sur la totalité avec Béra’ha.
Placer les deux pâtes dans une seul ustensile
Il existe un autre moyen pour additionner deux pâtes lorsqu’aucune des deux ne contient la quantité de farine requise pour l’obligation du prélèvement de la ‘Halla, mais dont le total des deux atteint la quantité requise.
Il suffit de prendre un ustensile de grande taille, comme un grand plateau par exemple, et placer les deux pâtes dans ce grand ustensile.
Ainsi, même si les deux pâtes ne se touchent pas, elles s’additionnent l’une à l’autre.
S’il n’est pas possible de placer les deux pâtes dans un seul et même ustensile, MARAN écrit dans le Choul’han ‘Arou’h (Y.D début du chap.325) au nom de Rabbénou Pérets que l’on peut dans ce cas étendre une serviette sur la totalité des deux pâtes, et elles s’additionnent l’une à l’autre.
Joindre des pains déjà cuits
De même, lorsqu’on a oublié de prélever la ‘Halla sur la pâte, et que l’on a cuit les pains, les gâteaux ou les biscuits, il faut les joindre comme expliqué précédemment, dans un seul et même ustensile, ou au moyen d’une serviette, et l’on pourra ainsi prélever la ‘Halla sur la totalité (Le prélèvement de la ‘Halla sur des choses déjà cuites est réalisable à postériori).
En conclusion : Il faut veiller à ce qu’il y ait véritablement une quantité d’au moins 1,560 Kg de farine, sans ajouts, pour prélever la ‘Halla avec Béra’ha.
Si la pâte est divisée en plusieurs ustensiles, et qu’aucune des pâtes ne contient la quantité de farine requise pour l’obligation du prélèvement de la ‘Halla, il faut joindre les pâtes correctement l’une à l’autre, ou les placer toutes dans un seul et même ustensile, ou bien étendre une serviette sur la totalité des pâtes, et l’on peut ainsi prélever la ‘Halla sur la totalité avec Béra’ha.
Dans la prochaine Halacha, nous aborderons Bé’ezrat Hachem la règle pour différents types de pâte.