Date de la Halacha: 30 Nissan 5777 26 avril 2017
Hier, nous avons fait mention qu’un homme qui étudie la Torah mais qui ne met pas la Torah en pratique, son érudition en Torah ne pérennisera pas.
Nous devons nous pencher sur un autre point.
En effet, comment est-il concevable que la sainte Torah – qui entièrement constituée de la parole divine - puisse s’attacher à des Récha’im ? La Torah n’est pourtant absolument pas comparable aux autres sciences que n’importe qui peut étudier ?! Doèg était un Racha’, pourtant il n’en était pas moins un très grand sage sans son pareil dans la Torah, au point où nos maitres enseignent à son sujet dans la Guémara Sanhédrin (106a) qu’Hachem lui dit : « Tu es puissant dans la Torah. ». Comment peut-on comprendre que la Torah qui n’est que sainteté, qui émane directement d’Hachem depuis le ciel, qui est une Sagesse Divine, et pourtant des Récha’im peuvent montrer de l’assiduité dans leur étude et même grandir en elle ! Même Doèg, si ce n’était que le Roi David pria pour qu’il meurt sans sa sagesse et qu’un miracle se produisit et provoqua à Doèg l’oubli de sa Torah comme nous enseigne la Guémara Sanhedrin, sans cela il pouvait naturellement quitter ce monde en restant un sage dans la Torah. Comment donc un Racha’ de cette espèce peut-il de façon naturelle accéder à un niveau si élevé en connaissance de la Torah?
La réponse à cette question est donnée par le Gaon Rabbi Avraham Israël ZEEVI zatsal dans son livre Or La-Yécharim (à la fin du livre Orim Guédolim). Il explique que chaque Ben Israël, au moment où son âme s’est tenue sur le Mont Sinaï, a reçu d’Hachem une part exclusive de la Torah, une part que seule la personne qui la reçoit sera plus tard à même de dévoiler dans le monde. La majeure partie de la Torah que chacun apprend ne provient pas de sa part exclusive, mais uniquement des parts qui ont été reçues par d’autres qui l’ont précédé et qui ont déjà dévoilé dans le monde ce que leur âme a reçu sur le Mont Sinaï. Ces commentaires et explications de la Torah qui ont été innovés par nos prédécesseurs planent dans l’air et lorsque nous les découvrons à travers l’étude, nous ne faisons en réalité que les « saisir » dans l’air. Il n’est pas donné à tout le monde d’avoir le mérite d’innover et de dévoiler la part exclusive qui lui a été octroyée sur le Mont Sinaï.
Il en est de même pour les Récha’im. Même si la crainte d’Hachem n’est pas présente dans leur esprit, ils peuvent malgré tout « saisir » eux aussi dans l’air ce qui a été déjà innové dans le monde dans le domaine de la connaissance de la Torah. Mais ils ne pourront en aucun cas – même avec la plus extraordinaire sagesse – dévoiler et innover cette part exclusive qui a été donnée à leur âme sur le Mont Sinaï.
C’est pour cette raison que le Tana emploie les termes précis « sa sagesse ne pérennisera pas ». Ce qui signifie la part de « sa » propre sagesse ne pérennisera pas s’il n’a pas la crainte d’Hachem à son esprit.
Il y a encore un sens profond à cet enseignement. En effet, celui qui étudie la Torah mais uniquement en disant, en apprenant et en comprenant les choses expliquées par ceux qui l’ont précédé dans les générations antérieures, cet homme n’étudie pas la Torah de façon directe d’Hachem mais en passant par des intermédiaires qui sont les sages qui ont innové ce qu’il étudie présentement. Par contre, celui qui a le mérite d’étudier la Torah en innovant et en dévoilant la part qui lui a été exclusivement donnée sur le Mont Sinaï, cet homme a le mérite d’étudier la Torah de façon directe sans le moindre intermédiaire, réellement d’Hachem lui-même.
C’est le sens du verset (dit au sujet du Roi David) : « Hachem est avec lui » car grâce à sa crainte d’Hachem, il mérite d’étudier la Torah directement d’Hachem, et de ce fait, la Halacha est systématiquement fixée selon son opinion, car il n’y a que celui qui a la crainte d’Hachem qui a le mérite d’étudier une telle Torah qui représente « sa sagesse », qui pérennisera.
Cependant, ce ne sont pas seulement les véritables Talmidé ‘Ha’hamim (les érudits) qui ont ce mérite de dévoiler des parts nouvelles dans la Torah, mais tout homme qui a le mérite de mettre en ordre son étude de manière particulière selon sa compréhension, il est inévitable qu’un nouvel aspect des choses – qui n’a encore jamais été dévoilé - se dévoilera à lui. Nous avons entendu de la bouche de notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l, que même une telle part est considérée comme de véritables commentaires originaux de la Torah.
Halacha du jour: Il est possible de réciter la bénédiction de Chéhé’héyanou sur un fruit nouveau pendant la période du ‘Omer, car il ne s’agit pas d’une période de malheurs comme les 3 semaines de « Ben Hamétsarim ». Par contre, concernant un vêtement nouveau, il y a lieu de s’imposer la rigueur et de ne pas l’inaugurer pendant cette période, jusqu’au 34ème jour du ’Omer, comme nous l’avons expliqué.