Date de la Halacha: 8 Kislev 5786 28 novembre 2025
Commentaires rédigés par le Rav David PITOUN, pour Halacha Yomit
Contexte : Obéissant à l’ordre de Rivka sa mère, Ya’akov Avinou se fait passer pour son frère jumeau ‘Essav aux yeux de leur père Its’hak, qui était aveugle, et subtilise les bénédictions de leur père, destinées initialement à ‘Essav.
En apprenant cela, ‘Essav entre dans une colère incontrôlable et jure de tuer son frère Ya’akov.
Rivka ordonne à Ya’akov de fuir chez son frère Lavan à ‘Haran, afin de se protéger de la colère de son frère.
Ya’akov prend la route en direction de ‘Haran, le pays où habitait son oncle Lavan, et où sa mère Rivka était née.
En chemin, il s’arrête au Mont Moryah, là où son père Its’hak devait être offert en sacrifice à Hachem (le lieu précis où se dressera plus tard le Temple de Jérusalem) afin d’y prier.
... וַיִּקַּח מֵאַבְנֵי הַמָּקוֹם, וַיָּשֶׂם מְרַאֲשֹׁתָיו; וַיִּשְׁכַּב, בַּמָּקוֹם הַהוּא. (בראשית כח-יא)
… Il prit des pierres de l’endroit et les plaça à sa tête, puis, il se coucha sur place. (Bérechit 28-11)
Rachi : Il les plaça en cercle autour de sa tête pour se protéger des bêtes sauvages.
Question : Pourquoi Ya’akov Avinou se préoccupe-t-il uniquement de la protection de sa tête ? Pourquoi ne se préoccupe-t-il pas aussi de la protection de son corps ?
Réponse : dans son livre Kol Yéhouda, notre maître le Gaon Rabbi Yéhouda Tsadka z.ts.l, Roch Yéchivat Porat Yossef, cite au nom du Admour Rabbi Ména’hem Mendel SCHNEERSON de LUBAVITCH z.ts.l, que selon le principe, les actions des parents servent de repères aux enfants, et le rêve, ainsi que l’exil de Ya’akov Avinou à ‘Haran, n’ont d’autre vocation que de servir de leçon à ses descendants.
Or, lorsqu’Israël partira en exil, leur seule crainte sera de se protéger au niveau intellectuel, afin qu’aucune conception, aucune idée non juive, hérétique et blasphématoire, ne s’introduise dans leur tête, afin que leur esprit juif n’en soit pas atteint, car le danger se propagerait ainsi sur tout le corps.
C’est pour cela que Ya’akov Avinou prit des pierres – les pierres du futur Beit Ha-Mikdach - pour protéger sa tête, qui représente la partie la plus fragile du juif, et lorsque l’esprit est protégé, il n’y a plus à craindre les bêtes sauvages, et le peuple d’Israël peut vivre éternellement dans sa sainteté et sa pureté.
Histoire (humour)
Rachi : Il les plaça en cercle autour de sa tête pour se protéger des bêtes sauvages. Les pierres se mirent à se disputer en disant chacune : « C’est sur moi que le Tsaddik va reposer sa tête ! ». Hachem les réunit en une seule pierre …
On raconte que le Gaon Rabbi Yéhonatan EYVSHEITZ (Allemagne, il y a plus de 250 ans) z.ts.l était - depuis son enfance - très éveillé. Ses parents vivaient dans une grande pauvreté et son père ne s’offrait le luxe d’acheter des fruits uniquement le vendredi en l’honneur de Chabbat.
Un vendredi, le père acheta quelques pommes en l’honneur de Chabbat, mais se hâta de les placer en lieu sûr, de peur que le petit Yéhonatan – dans sa grande vivacité d’esprit - ne les trouve. Il les cacha donc sous son oreiller.
Pourtant, le Chabbat matin, lorsque le père alla vérifier si les pommes étaient bien là où ils les avaient placées, il fut surpris de voir qu’une seule pomme restait.
Il alla immédiatement trouver son fils Yéhonatan en lui demandant où étaient passées les pommes. Le petit Yéhonatan répondit qu’il n’en savait strictement rien, mais il ajouta qu’un « phénomène » similaire était cité dans la Torah puisque les 12 pierres que Ya’akov Avinou avait placé autour de sa tête, se réunir en une seule afin que le Tsaddik repose sa tête. « Peut-être qu’il en est de même pour toi – dit-il – les pommes se sont toutes réunies en une seule, pour que le Tsaddik repose sa tête ! »
Chabbat Chalom !