Halacha pour mercredi 3 Cheshvan 5784 18 octobre 2023              

Pour la guérison totale de :
Gabriel Ben Simha
Nissim Ben 'Hanna (Roubach)
Azar Ben Lisa Kamouna (Cohen)
Maxime Moché Ben Sarah (Amar)
Michelle Bat Daisy Esther (Amar, née Madar)

Pour l'élévation de l'âme de :
Jacques Jacky Yaakov Ben Chalom (Ben Adiba) z''l
Alain Chélomo Ben Avraham (Sebban) z"l
Eliyahou El'hanan Its'hak Ben Yoël (Bouhnik) z"l
Ethan Eliyahou David Ben Fredj (Arfi) z"l
Georges Jojo Nissim Ben Moché (Hadjadj) z"l
Yvonne Ouarda Bat Sultana (Hadjadj, née Fitoussi) z"l

Date de la Halacha: 3 Cheshvan 5784 18 octobre 2023

Catégorie: General


Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l – 10 ans depuis sa disparition

Nous nous trouvons au jour de la 10ème Azkara de la disparition de notre grand maître Rabbénou Ovadia YOSSEF z.ts.l, et nous allons donc dire des propos en son hommage et pour l’élévation de son âme sainte.

Lorsqu’il était encore très jeune, notre maître le Rav z.ts.l commença à donner des cours de Torah devant d’importantes assemblées.
Il voyait une très grande importance dans ces cours de Torah, et en effet, c’est grâce à ces cours qu’il eut le mérite d’ériger une génération entière de Talmidé ‘Ha’hamim (d’érudits dans la Torah), qui éduquèrent eux même leurs propres fils et filles vers les fontaines de la Torah. Ainsi, se leva une nouvelle génération au sein du peuple d’Israël, une génération qui connut son D.ieu.     

Les disciples de notre maître le Rav z.ts.l en ces temps l’admiraient sans limite.
Cependant, il n’était pas admiré seulement par ses disciples qui buvaient ses paroles avec soif, mais même au sein des Grands de cette génération – qui étaient réellement puissants dans la connaissance de la Torah et dans la crainte de D.ieu – son nom était prononcé avec éloge.

Le Rav Mordé’haï David LODMIR z.ts.l (directeur de l’institution « Torah et judaïsme pour le peuple ») – qui était l’un des proches du Gaon Rabbi Dov Beîrich WINDFELD de Tchebin (le Admour de Tchebin) – raconta qu’un jour, il y a plus de 60 ans, il (le Rav Lodmir) pénétra chez le Rav de Tchebin et constata sur sa table un des volumes du « Yabiya’ Omer » (l’œuvre Halachique magistrale de notre maître le Rav z.ts.l).
Le Rav Lodmir dit au Rav de Tchebin :
« Il semble que le Rav Ovadia YOSSEF va devenir l’un des grands de la génération. »
Le Gaon de Tchebin frappa sur la table et répondit :
« Moi je dis qu’il est déjà l’un des grands de la génération ! »

Même à la fin de sa vie, notre maître le Rav z.ts.l donnait des cours de Torah devant l’assemblée, même lorsque la chose lui était devenue particulièrement difficile, comme il le dit une fois à son petit-fils le Gaon Rabbi Ya’akov SASSON Chlita (directeur de notre site Halacha Yomit) : « Tu as vu ?! J’ai parlé avec toutes les forces qui me restaient ! »
Toujours, durant toute sa vie, il veillait à ce que ses cours soient réellement dirigés vers l’assemblée. Cela signifie que notre maître le Rav z.ts.l ne cherchait pas à mettre en avant une quelconque complexité ou un niveau de maîtrise particulier qui auraient fait son éloge par la démonstration de son niveau de connaissances dans ses cours.
Tout son objectif n’était que d’influencer les cœurs, et d’enseigner la Torah afin qu’elle fructifie et qu’elle se multiplie dans tout le peuple d’Israël.

Un jour, notre maître le Rav z.ts.l fut invité à un rassemblement de Dayanim (juges rabbiniques).
A un tel rassemblement – avec la présence de notre maître le Rav z.ts.l – se rendirent évidement tous les grands Dayanim, des Talmidé ‘Ha’hamim d’un haut niveau de connaissance en Torah, qui avaient hâte d’entendre notre maître le Rav z.ts.l donner un cours d’un niveau profond sur l’un des sujets Halachiques qui les préoccupait présentement.

A la surprise de tous, lorsque notre maître le Rav z.ts.l arriva, il commença à dire des choses très simples, réellement adaptés au rapprochement de gens éloignés de la Torah. Ses propos contenaient des paroles de morale, des paraboles et des histoires, alors que toute l’assemblée réunie en était stupéfaite : « Comment est-ce possible ?! Le maître de tout le peuple d’Israël est là, il s’adresse à des Talmidé ‘Ha’hamim expérimentés dans l’étude de la Torah, et il leur parle comme on le fait envers de simples gens du peuple ?! »

Lorsque notre maître le Rav z.ts.l  était sur le point de quitter la salle, l’un des organisateurs s’approcha de lui, réuni son courage et demanda à notre maître le Rav z.ts.l : « Rabbénou, pourquoi ainsi ? Pourquoi le Rav n’a-t-il pas donné un cours adapté au public convié à ce rassemblement ? »

Notre maître le Rav z.ts.l le regarda avec ses yeux purs et lui répondit à voix basse : « J’ai vu qu’il y avait un caméraman ! »
Notre maître le Rav z.ts.l aperçu parmi tous les Rabbanim réunis, un homme – visiblement juif mais éloigné de la Torah – qui filmait l’évènement.
Notre maître le Rav z.ts.l pensa : « Qu’est ce qui est le plus important ? Dire des enseignements de Torah profonds et complexes devant des Rabbanim, ou bien est-il préférable de renforcer cet homme seul, totalement éloigné de la Torah ? »
Et notre maître le Rav z.ts.l décida donc – quel qu’en soit l’enjeu – qu’il était préférable d’influer sur ce pauvre homme, qui n’avait pas encore eu le mérite d’être éclairé par la lumière de la Torah. Quant au reste de l’assemblé, ils écouteront et ils penseront ce qu’ils désirent !       

Notre maître le Rav z.ts.l donna son dernier cours de Torah le samedi soir 11 Eloul 5773 (il nous semble).
La dernière phrase qu’il cita au nom de nos maîtres est encore gravée dans les cœurs de ses auditeurs, une phrase qui suffit à elle-même pour décrire toute la vie de notre maître le Rav z.ts.l.
Il dit :
« Heureux celui dont l’effort est consacré à (l’étude de) la Torah, qui donne satisfaction à son Créateur, qui a grandi avec un bon renom, et qui quitte ce monde avec un bon renom. »

Cette phrase contient en elle tout le grand service de notre maître le Rav z.ts.l.
Son service durant son existence, ainsi que son testament spirituel : « Nous n’avons pas d’autre moyen de survivre, hormis l’étude de la Torah ! », à toutes les générations, mais particulièrement dans notre génération, où la seule et unique ancre véritable que nous possédons pour préserver la braise flamboyante d’Israël jusqu’à la venue du Machia’h, c’est l’étude de la sainte Torah au maximum du possible ! L’étude de la Torah sur les fondements de notre transmission sanctifiée en toute génération, est la chose la plus importante, la plus précieuse et la plus noble de toutes !

L’assiduité de notre maître le Rav z.ts.l dans l’étude de la Torah était véritablement sans limite. Voici une histoire (parmi des milliers sur ce trait de sa personnalité !) en exemple :

Un important Roch Yéchiva (de parmi les Achkénazim), qui était un géni dans l’étude de la Torah et d’une très grande crainte de D.ieu, raconta que vers la fin des années 60, il habitait la ville de Tel Aviv.
A cette époque, notre maître le Rav z.ts.l vint lui aussi habiter Tel Aviv lorsqu’il fut nommé Grand Rabbin de cette ville.
Ce Roch Yéchiva et notre maître le Rav z.ts.l ne se connaissaient pas particulièrement.
Le temps passa et notre maître le Rav z.ts.l retourna habiter Jérusalem lorsqu’il fut élu Richon LéTsion (Grand Rabbin Séfarade d’Israël).
Notre Roch Yéchiva raconta :
« Un soir, quelques jours avant Roch Hachana 5733, il y eut une coupure d’électricité dans les immeubles de notre quartier. Lorsque je rentrai du Beit Hamidrach (maison d’étude) vers 23h, je marchais sur le Boulevard Rothschild, lorsque j’aperçu le Rav Ovadia YOSSEF qui se tenait debout dans la rue sous un réverbère, et qui étudiait dans un livre.

J’ai pensé que le Rav avait besoin de consulter quelque chose et qu’il était naturel qu’un assidu comme lui n’ai pas la paresse de le faire, et il est donc descendu dans la rue pour consulter ce livre à la lumière du réverbère.
Mais quelle ne fut ma stupéfaction lorsque tôt le matin, lorsque je me suis levé pour me rendre à la synagogue pour les « Séli’hot », je constatai qu’il était encore là debout sous le réverbère à étudier dans son livre, en ne faisant absolument pas cas de ce qui se passait autour de lui ! »                     

Cette histoire est une parmi des milliers, qui attestent de l’incroyable assiduité de notre maître le Rav z.ts.l dans l’étude de la Torah.
Notre maître le Rav z.ts.l – par son assiduité et par la sainteté de la Torah dans laquelle il s’est sanctifié – eut le mérite que ses paroles soient entendues en public d’une manière véritablement extraordinaire, et uniquement grâce au fait qu’il était lui-même totalement imprégné de la Torah et de la crainte de D.ieu.
Il eut le mérite que dès l’âge de 25 ans
(vers 1945), une centaine de « Ba’alé Batim » (chefs de famille) qui travaillaient dur pour nourrir leurs familles - des plâtriers, des peintres, des creuseurs de puits, des bûcherons, des puiseurs d’eau – venaient chaque soir pour écouter son cours durant des heures !
Par la force de ces chefs de familles, le judaïsme Séfarade releva de nouveau sa stature en Erets Israël, puisque leurs enfants et leurs petits-enfants représentent le fondement initial de la quasi-totalité du monde de la Torah que nous connaissons aujourd’hui !

En ces temps, l’honneur de l’étude de la Torah se trouvait au plus bas.
C’était une époque difficile, le début de l’Etat d’Israël, un moment où l’étude de la Torah était sur le point d’être oubliée et son prestige descendait très bas.
Malgré tout, toute personne à l’ombre de notre maître le Rav z.ts.l ressentait qu’il n’existe d’homme plus complet, plus abouti, plus respectable qu’un Talmid ‘Ha’ham (un érudit dans la Torah), et que l’étude de la Torah avec attachement à D.ieu représente le bonheur absolu sans son pareil, ne serait-ce que partiellement.
Il était également évident à tous qu’il n’y a pas de plus grande perte que la misère de la connaissance de la sainte Torah.
Il ne fait pas l’ombre d’un doute que notre maître le Rav z.ts.l a hérité de cette influence colossale sur le public au niveau mondial uniquement par le fait qu’il était lui-même complètement rempli à ras bords de la grandeur de la Torah, dans la sainteté et dans la pureté. (D’autres faits sur notre maître le Rav z.ts.l ont été écrits et rapportés par son petit-fils, le Gaon Rabbi Ya’akov SASSON Chlita – directeur de notre site Halacha Yomit - dans sa série de livres biographiques en 3 volumes « Avir Ha-Ro’im »).

Nous devons nous renforcer à travers ces choses, et prendre conscience à quel point devons-nous nous sentir heureux d’avoir vécu dans la génération d’un si grand homme, et d’avoir profité de sa grande lumière, qui éclairera et illuminera jusqu’à la venue du Machia’h, rapidement et de nos jours, Amen.

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