Halacha pour dimanche 24 Elul 5783 10 septembre 2023              

Pour la guérison totale de :
Gabriel Ben Simha
Nissim Ben 'Hanna (Roubach)
Azar Ben Lisa Kamouna (Cohen)
Maxime Moché Ben Sarah (Amar)
Michelle Bat Daisy Esther (Amar, née Madar)

Pour l'élévation de l'âme de :
Jacques Jacky Yaakov Ben Chalom (Ben Adiba) z''l
Alain Chélomo Ben Avraham (Sebban) z"l
Eliyahou El'hanan Its'hak Ben Yoël (Bouhnik) z"l
Ethan Eliyahou David Ben Fredj (Arfi) z"l
Georges Jojo Nissim Ben Moché (Hadjadj) z"l
Yvonne Ouarda Bat Sultana (Hadjadj, née Fitoussi) z"l

Date de la Halacha: 24 Elul 5783 10 septembre 2023

Catégorie: Roch Ha-Chana


« Tremblez et ne fautez pas »

Un jour du mois d’Eloul, le Gaon et Tsaddik Rabbi Ya’akov NEIMAN z.ts.l (qui était le directeur de la Yéchiva « Or Israël » à Péta’h Tikva, décédé en 5743 - 1983) marchait en chemin. Il rencontra un juif de ses connaissances.
Ils se mirent à discuter.
Dans la conversation, le Gaon dit à son interlocuteur :
« Nous nous trouvons en ce moment au mois d’Eloul, et il incombe à chacun de nous de faire une introspection de ses actes, et de se repentir devant Hachem. »

Ce juif répondit :
« Rabbénou ! Grâce à D.ieu, je suis âgé de 66 ans, et depuis le jour où je suis devenu une personne consciente de ses actes jusqu’à présent, je me lève chaque matin et je prie à la synagogue, Cha’harit
(office du matin), Min’ha (office de l’après-midi) et ‘Arvit (office du soir). J’étudie chaque jour le « Daf Hayomi » (une page quotidienne du Talmud). J’exerce mon métier avec honnêteté. J’observe toutes les Mitsvot ! C’est pourquoi – conclut-il – je penses réellement que ces jours-là ne me sont pas destinés ! Je n’ai pas sur quoi me repentir ! Je suis parfaitement en ordre ! »

Rabbi Ya’akov fut littéralement choqué de cette réponse.
En arrivant à la Yéchiva, il raconta aux étudiants ce qui lui était arrivé.
Il leur dit : « Comment peut-il être concevable qu’un homme ordinaire puisse être aussi sûr de lui en affirmant qu’il n’a pas sur quoi se repentir ?!! C’est une grossière et terrible erreur ! Rabbénou Nissim GAON
(11ème siècle) – qui était un grand et saint homme dans les générations antérieures – écrit dans son long Viddouy que l’on dit le jour de Yom Kippour, que le temps ne suffirait pas pour détailler toutes nos fautes !
Comment donc un homme peut-il penser sur lui-même qu’il n’a pas sur quoi se repentir ?!! »

Rabbi Ya’akov expliqua davantage ses propos en se référant à un enseignement de nos maîtres dans le traité Béra’hot (5a) :

Il est dit dans la Guémara : Rabbi Lévy Bar ‘Hama dit au nom de Rabbi Chim’on Ben Lakich : L’homme doit toujours énerver le Yétser Tov (bon penchant) contre le Yétser Ra’ (mauvais penchant), comme il est dit (Téhilim 4-5) : « Tremblez et ne fautez pas ». S’il réussit à le vaincre, tant mieux. Sinon, qu’il étudie la Torah. »

Cet enseignement de nos maîtres nécessite réflexion.
En effet, que signifie l’expression « énerver » ?
De plus, que signifie « toujours » ?
Pourtant, il ne s’agit pas d’une conduite permanente, mais seulement lorsque le Yétser Hara’ a de l’emprise sur la personne. C’est à ce moment que l’homme doit se ressaisir et renforcer la force du Yétser Hatov.
Mais le terme « toujours » signifie « en permanence ».
Doit-on agir ainsi en permanence ?
On peut encore s’étonner de la fin de cet enseignement où il est dit que si le Yétser Hatov ne réussit pas à vaincre le Yétser Hara’, l’homme doit immédiatement se mettre à étudier la Torah.
Est-il possible de vaincre le Yétser Hara’ sans l’étude de la Torah ??
Nos maîtres enseignent explicitement qu’Hachem dit : « J’ai créé le Yétser Hara’, et j’ai créé la Torah en tant qu’épice (remède pour le combattre) » !!

Et Rabbi Ya’akov expliqua :
« Toujours énerver le Yétser Tov contre le Yétser Ra’ » signifie en effet « toujours, en permanence et continuellement » !

L’homme doit ressentir qu’il est continuellement en guerre face au Yétser Hara’, en alerte constante !
Lorsqu’on se lève le matin, lorsqu’on se rend à la synagogue, on est susceptible de croire que « le monde tourne normalement », « je vais prier comme je le fais chaque jour ».
Mais sache que c’est une erreur ! Il s’agit là d’une véritable guerre !
Le Yétser Hara’ va t’inciter à prier avec indifférence et sans concentration (Kavana) !
Tu te dois de « secouer » et « d’énerver » contre lui le Yétser Hatov, de te ressaisir et de prier correctement !

Lorsque tu sors dans la rue, tu peux penser en toi-même : « Je sors comme je le fais chaque jour ». C’est encore une erreur ! Tu es en guerre !
Soit tu te préserves dans la sainteté, soit tu te détériores avec tout ce qui se fait dans les rues ! Et ainsi de suite.
Dans toute situation dans laquelle l’homme se trouve, il se doit de « toujours, en permanence et continuellement » énerver le Yétser Hatov contre le Yétser Hara’ !

Et il ne s’agit pas encore de la « guerre » défensive contre le Yétser Hara’, mais d’un réflex offensif permanant qui est fondamental dans le service divin, afin justement de ne pas être confronter à le combattre lorsqu’il nous incitera véritablement à commettre des fautes. »

Le Gaon termina ses propos en disant que lorsque l’homme médite sur ces enseignements, et qu’il comprend tous les nombreux détails contenus dans chaque action, s’il prend conscience que chaque situation représente des opportunités à la réussite spirituelle ou – à D.ieu ne plaise – à l’échec total, il réalisera alors que la route est encore bien longue pour atteindre un parfait service divin, et combien il a à se repentir, à se renforcer et à s’élever de niveau en niveau, pour remplir sa mission dans ce monde !

Nous devons porter attention à ces précieuses paroles, particulièrement pendant les jours du mois d’Eloul, sur lesquels le Gaon auteur du Kénessett Haguédola (17ème siècle) écrit que même si quelqu’un a commis les pires transgressions de la Torah, s’il se repent sincèrement durant le mois d’Eloul, c’est le moment propice pour que son repentir soit agréé devant Hachem !

Puisque nous avons fait mention du Gaon Rabbi Ya’akov NEIMAN z.ts.l, citons une anecdote liée à lui et à notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l :

En l’année 5731 (1971), le grand Gaon Rabbi David YOSSEF Chlita (digne fils de notre maître le Rav z.ts.l, et également directeur des institutions « Yé’havé Da’at » à Jérusalem, auteur du célèbre Halacha Béroura entre autres ouvrages …) était un jeune étudiant à la Yéchiva « Or Israël » à Péta’h Tikva, sous la direction du Gaon et Tsaddik Rabbi Ya’akov NEIMAN z.ts.l.
Un jour, Rabbi David pris l’autobus avec quelques-uns de ses compagnons de la Yéchiva.
Lorsqu’ils montèrent dans le bus, ils constatèrent que le chauffeur était originaire des communautés d’orient
(Séfaradi) et qu’il portait une Kippa noire (signe d’appartenance au courant « ‘Harédi » - Orthodoxe).
Les jeunes hommes entamèrent la discussion avec le conducteur sur des banalités, et au milieu de la conversation, ils lui dirent :
« Ce jeune homme
(en montrant Rabbi David) est le fils du Rav Ovadia YOSSEF ! »
Le chauffeur se tourna vers Rabbi David et lui dit :
« Sache que par le mérite de ton père je suis devenu ‘Harédi (Orthodoxe) !

J’habite Kfar Avraham (une ancienne communauté agricole coopérative proche de Péta’h Tikva). Je possède un commerce de légumes et grâce à D.ieu je vis confortablement. Je conduis l’autobus uniquement à mes heures perdues.
Il y a quelques années, lorsque ton père était encore à Péta’h Tikva, j’assistai régulièrement à ses cours qui m’ont énormément renforcé dans la Torah et dans la crainte de D.ieu. Tous mes enfants marchent dans le chemin de la Torah et étudient dans les Yéchivot ! »

Lorsque Rabbi David rentra chez lui, il raconta à son père – notre maître le Rav z.ts.l – ce qu’il avait entendu de la bouche du chauffeur de bus.
Notre maître le Rav z.ts.l demanda à son fils :
« Pourrais-tu te renseigner sur le nom de ce chauffeur de bus ? »
Rabbi David se renseigna et trouva le nom et les coordonnées du chauffeur.
Notre maître le Rav z.ts.l lui envoya un message en lui demandant de venir le voir.
Notre chauffeur répondit avec enthousiasme et se présenta au domicile de notre maître le Rav z.ts.l.
Lorsqu’il entra, notre maître le Rav z.ts.l lui dit :
« Mon fils, tu habites à Péta’h Tikva et tu as une responsabilité envers tous les habitants de la ville ! Une sainte Yéchiva siège dans ta ville, la Yéchiva « Or Israël » du Rav NEIMAN. Ils sont dans le besoin, dans la pauvreté et la misère ! Tu dois te soucier d’eux ! »

Le chauffeur de bus répondit à notre maître le Rav z.ts.l :
« Je m’engage à fournir gratuitement à la Yéchiva tous les fruits et légumes dont elle aura besoin durant une année ! »
C’est ainsi que notre chauffeur de bus se présenta par surprise à la Yéchiva avec un premier colis de caisses remplies de fruits et légumes, qui suffirent largement à tous les étudiants de la Yéchiva durant une période.

Lorsque Rabbi Ya’akov NEIMAN vit cela, il appela Rabbi David et lui dit :
« Dodeleï
(David en Yiddish) ! Je désire exempter ton père de tes frais d’études à la Yéchiva, car il a aidé la Yéchiva de manière extraordinaire ! »
Le Rav NEIMAN téléphona ensuite à notre maître le Rav z.ts.l et le remercia du fond du cœur pour son aide à la Yéchiva. Il l’informa également de son désir de l’exempter dès à présent des frais d’études à la Yéchiva (50 livres israéliennes de l’époque par mois).
Lorsqu’il entendit cela, notre maître le Rav z.ts.l se déplaça lui-même à la Yéchiva « Or Israël » et donna à Rabbi Ya’akov NEIMAN les chèques pour toute l’année, un don significatif pour la Yéchiva. Notre maître le Rav z.ts.l ne quitta le Rav NEIMAN qu’avec la promesse de celui-ci de les encaisser.
(Histoire extraite du livre biographique « Avir Haro’im » section « Beit Middott »).

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