Date de la Halacha: 5 Sivan 5786 21 mai 2026
Commentaires rédigés par Rav David PITOUN, pour Halacha Yomit
A partir du livre « Kol Yéhouda » de notre maître le Roch Yéchiva de Porat Yossef,
le Gaon et Tsaddik Rabbi Yéhouda TSADKA z.ts.l, au nom de notre maître
le Gaon et Tsaddik Rabbi ‘Ezra ATTYE z.ts.l, Roch Yéchiva précédent.
Il est enseigné dans la Guémara Chabbat (88) :
Rabbi Yéhochou’a Ben Levi dit : Lorsque Moché Rabbénou monta dans les hauteurs (pour aller recevoir la Torah), les Anges du Service Divin s’exclamèrent devant Hachem en disant :
« Maître du Monde ! Que vient faire un humain parmi nous ! »
Hachem leur répondit :
« Il vient pour recevoir la Torah. »
Les Anges ajoutèrent :
« Comment peux-tu faire don d’une chose aussi précieuse que Ta Torah, à des êtres faits de chair et de sang ?! Cette Torah que tu as préservée durant 974 générations avant la Création du Monde… »
Hachem s’adressa à Moché Rabbénou et lui dit :
« Donne-leur une réponse. »
Moché dit à Hachem :
« Maître du Monde ! Je crains qu’ils ne me consument par le souffle de leurs bouches. »
Hachem lui dit :
« Attrape mon Trône et donne leur une réponse… »
Moché dit devant Hachem :
« Maître du Monde ! Dans la Torah que tu t’apprêtes à me donner, qu’y a-t-il d’écrit ? Je suis Hashem Ton D. qui t’as fait sortir d’Egypte …
Vous les Anges, êtes-vous descendus en Egypte ?! Avez-vous été asservis par Pharaon ?! Pourquoi la Torah serait-elle votre propriété ?!
Qu’y a-t-il d’écrit encore ? Tu n’auras pas d’autres dieux que Moi …
Vivez-vous parmi les nations idolâtres ?!
Qu’y a-t-il d’écrit encore ? Souviens-toi du jour du Chabbat afin de le sanctifier … Faites-vous un travail, au point d’avoir besoin de vous reposer ?!
Qu’y a-t-il d’écrit encore ? Tu ne prononceras pas le Nom d’Hachem en vain …
Pratiquez-vous le commerce pour avoir recours au serment par le Nom d’Hachem (en cas de litige) ?!
Qu’y a-t-il d’écrit encore ? Respecte ton père et ta mère …
Avez-vous un père ou une mère ?!
Qu’y a-t-il d’écrit encore ? Tu ne commettras pas le meurtre ; Tu ne pratiqueras pas la débauche ; Tu ne voleras pas …
Y a-t-il de la jalousie parmi vous ?! Y a-t-il le Yétser Hara’ (mauvais penchant) en vous ?! »
A ce moment-là, les Anges approuvèrent la décision Divine de donner la Torah à Israël.
Question : Comment pouvons-nous concevoir les réclamations des Anges du Service Divin, selon lesquels, Israël ne mérite pas de recevoir la Torah ?
N’avaient-ils pas connaissance de tous les arguments de taille que Moché Rabbénou leur soumet ?!
Les Anges ne connaissaient-ils pas le contenu exact de cette Torah qu’ils convoitaient tellement ?!
Réponse : Il est évident que les Anges avaient parfaite connaissance du contenu exact de la Torah. Ils savaient pertinemment qu’ils n’ont absolument aucun lien avec des commandements comme « Ne pas commettre le meurtre ou la débauche ou le vol ».
Cependant, la Torah possède deux aspects :
Le sens que l’on qualifie de « Littéral » (le « Péchatt »), et le sens que l’on appelle « Mystique » (le « Sod »).
Les réelles revendications des Anges se situent au niveau du Sod, le sens mystique de la Torah.
On peut comparer cela à un commerçant qui désire vendre une marchandise.
Deux acheteurs potentiels se présentent à lui :
Un qui propose d’acheter la moitié de la marchandise, mais qui paye comptant ; et un autre qui propose d’acheter la totalité de la marchandise, mais qui paye à crédit.
A qui le commerçant va-t-il vendre ? A celui qui propose d’acheter uniquement la moitié de la marchandise, puisqu’il paye comptant !
Il en est de même avec Israël et les Anges, qui sont les deux acheteurs potentiels de la Torah ; l’un d’eux se propose d’acheter uniquement la moitié (uniquement le sens mystique de la Torah, puisque les Anges ne sont pas concernés par l’aspect humain du type de commandements cités plus haut), mais assure le paiement de son achat, puisque les Anges ne fautent pas.
Tandis qu’Israël est concerné par une compréhension totale de la Torah, aussi bien au niveau « Littéral » (le « Péchatt »), qu’au niveau « Mystique » (le « Sod »), mais ne peut assurer le paiement de son achat puisqu’il est susceptible de fauter, et ainsi, de tout perdre !!
A qui donc faut-il vendre ?!
Aux Anges évidemment …
A ce moment-là, Moché Rabbénou est perturbé et ne sais quoi répondre, quand Hachem lui dit soudain : « Attrape mon Trône et donne leur une réponse… »
En hébreu, le mot réponse se dit « Téchouva » qui signifie également « repentir ».
Autrement dit, dis aux Anges que les Béné Israël peuvent - eux aussi – « assurer leur paiement » puisqu’il existe la Téchouva – le repentir - !
Même s’ils fautent, ils peuvent faire Téchouva et tout réparer !
C’est ce qui apparaît dans l’allusion « Attrape mon Trône et donne leur une réponse… ». C'est-à-dire, dis-leur que la Téchouva existe, et le Trône Céleste vient illustrer ici un autre enseignement de nos maîtres :
« La Téchouva est grande, car elle atteint le Trône Céleste » (Guémara Yoma 86a).
Mo’adim Lé-Sim’ha !