Halacha pour mardi 30 Cheshvan 5787 10 novembre 2026              

Dédicaces
Merci de nous signaler par mail si un nom de cette liste n'a plus lieu d'y figurer (malade guéri, défunt dont les 12 mois sont achevés).
Pour une Azkara, merci de nous prévenir une semaine avant la date.

Pour la guérison totale de :
Nissim Ben 'Hanna (Roubach)
Mickaël Ben Louise Emouna
Oria Malka Bat Linda Suzanne
Michelle Bat Daisy Esther (Amar)

Pour l'élévation de l'âme de :
Clotilde Lucienne Messaouda Ora Bat Myriam
Rav Ron Moché Ben Aviva (Chaya) z''l
Ra'hamim Ben David (Abi'hsira) z"l
Jacques Jacky Yaakov Ben Chalom (Ben Adiba) z''l
Alain Chélomo Ben Avraham (Sebban) z"l
Eliyahou El'hanan Its'hak Ben Yoël (Bouhnik) z"l
Ichaï Ben Sa'adya (Levi) z''l
Mordé'haï Ben Moché (Bensadoun) z''l
Germaine Rivka Bat Rachel Léa (Atlani) z''l

Date de la Halacha: 30 Cheshvan 5787 10 novembre 2026

Catégorie: Berachot


Le pain « Kissninn » (gâteaux & Pâtisseries)

La bénédiction sur le pain
La bénédiction sur le pain ordinaire est « Ha-Motsi Lé’hèm Min Ha-Arets » (Il s’agit d’un pain dont la pâte a été pétrie avec de l’eau principalement).
Le qualificatif « pain » (« Lé’hèm ») est attribué uniquement à une pâte pétrie avec une farine provenant de l’une des 5 céréales du « Dagan » (blé, orge, avoine, seigle et épeautre).
Cependant, il existe des cas où le statut de la pâte change, et l’on récitera la bénédiction de « Mézonott » même si elle est faite à base des 5 céréales du Dagan, comme les gâteaux par exemple.

La bénédiction sur le pain « Kissninn »
Il est enseigné dans le traité Béra’hott (42b), que sur le pain appelé « Kissninn » (nous allons expliquer plus loin de quoi il s’agit), on doit réciter la bénédiction de « Mézonott ».
C’est ainsi que tranche MARAN dans le Choul’han ‘Arou’h (O.H chap.168).
Mais il existe une divergence d’opinion parmi nos maîtres les décisionnaires médiévaux sur la définition du pain appelé « Kissninn » évoqué dans la Guémara.

Un pain fourré
Certains décisionnaires médiévaux expliquent que le pain appelé « Kissnin » est un pain fait à base d’une pâte fourrée et qui forme une poche (« Kiss » en Hébreu, comme le mot « Kissninn »), comme une pâte que l’on a fourrée avec des noix, des amandes et du miel, que l’on a ensuite enfournée.
Selon cette opinion, on récite la bénédiction de « Mézonott » sur ce type de pain fourré, et non « Ha-Motsi ».

Un pain doux ou gras
D’autres décisionnaires médiévaux expliquent que ce type de pain fourré ne correspond pas à la définition du pain appelé « Kisninn ».
Selon eux, le pain appelé « Kissninn » est un pain dont la pâte a été pétrie avec du miel ou de l’huile, etc.., qui - à l’aide des ingrédients doux ajoutés à la pâte - ne fait plus partie de la catégorie du pain ordinaire dont la bénédiction est « Ha-Motsi ».
(Le « miel » cité ici inclut également le sucre que l’on trouve à notre époque, car le sucre a lui aussi la propriété d’adoucir le goût de la pâte au moment du pétrissage, et dans le langage de la Torah, le sucre est surnommé « Miel », voir Rachi sur Chir Ha-Chirim 5-1, et sur Chémouel I 14-27).
Selon cette opinion, c’est donc sur ce type de pain dont la pâte est adoucie par des additifs doux, que l’on récite la bénédiction de « Mézonott ».

Un pain dont la pâte est craquante et croustillante
D’autres décisionnaires médiévaux expliquent encore que le pain appelé « Kissninn » est exclusivement un pain dont la pâte est craquante et croustillante, c'est-à-dire un pain qui est comme des biscottes ou des Matsot, qui - du fait de sa texture - n’est plus considéré comme un pain ordinaire.
Selon cette opinion, c’est exclusivement sur ce type de pain dont la pâte est craquante et croustillante, que l’on récite la bénédiction de « Mézonott ».

La bénédiction « Mézonott » dans la pratique
Du point de vue de la Halacha, MARAN tranche dans le Choul’han ‘Arou’h en ces termes :
« Le pain Kissninn : certains le définissent par un pain dont la pâte a été fourrée avec du miel du sucre, avec des noix et des amandes ou des épices. D’autres expliquent que c’est un pain fait avec une pâte pétrie avec du miel ou du sucre ou de l’huile ou des épices et que l’on a fait cuire, et ce à condition que le goût des fruits ou du mélange (doux) soit distinct au goût dans la pâte. Selon d’autres, c’est un pain que l’on fait à partir d’une pâte croustillante (comme une biscotte ou un cracker), qu’il soit épicé ou pas. Et la Halacha est selon tous les avis cités, car chacun de ces critères donne au pain le statut de pain Kissninn, dont la bénédiction est Mézonott ».
Fin de citation du Choul’han ‘Arou’h.

C’est pour cette raison de selon la Halacha, toute pâte qui est fourrée et que l’on a enfournée avec son contenu, même si la pâte elle-même n’est pas sucrée ou douce, dès lors ou le fourrage donne un gout doux ou sucré à la pâte, sa bénédiction sera « Mézonott ».

De même toute pâte pétrie avec suffisamment de miel ou de sucre, de jus de fruit ou de lait pour en ressentir le goût lorsqu’on la consomme, la bénédiction sera « Mézonott ». Par contre, si dans ce type de pâte le goût de la douceur ne se ressent pas à la consommation, la bénédiction sera « Ha-Motsi ».
Par conséquent, il faut être vigilent lorsque l’on va manger dans des pizzerias et que l’on nous dit que la pâte de la Pizza est « Mézonott », car dans la plupart des cas (du moins en France) la pâte est « Ha-Motsi », et les gens disent qu’elle est « Mézonott » par ignorance totale de la Halacha. Il faudra donc goutter au préalable la pâte (seule, sans aucun ingrédient de la Pizza) afin de savoir si la bénédiction est « Mézonott » ou « Ha-Motsi ». (Le fait de goûter uniquement afin définir la bénédiction, ne nécessite pas de bénédiction).

De même, toute chose faite à base d’une pâte craquante et croustillante, comme les biscottes ou les crackers etc. la bénédiction est « Mézonott », bien que la pâte ne soit pas sucrée.

La raison pour laquelle nous suivons tous les avis sur ce sujet
Dans la pratique, nous tranchons donc la Halacha selon les 3 avis, et nous récitons « Mézonott » sur n’importe quel type de gâteau, qu’il soit fait à base de l’une ou de l’autre de ces 3 types de pâte, même si chacun de ces 3 avis conteste les 2 autres.
La raison à cette conclusion pratique réside dans le principe de « Safek Béra’hott Léhakel » (C'est-à-dire : en cas de doute ou de divergence d’opinion Halachique sur une bénédiction, il est interdit de la réciter).
En effet, chacune des 3 opinions sur la définition de Kissninn considère sa définition comme la seule sur laquelle il faut réciter « Mézonot ». Comment pourrions-nous alors réciter « Ha-Motsi » ainsi que le Birkatt Ha-Mazonn ?
C’est pour cela que nous récitons « Mézonott » et « ‘Al Ha-Mi’hya » sur les 3 catégories de pâtes citées plus haut, car « ‘Al Ha-Mi’hya » est une seule bénédiction finale, alors que le Birkat Ha-Mazon est composé de 4 bénédictions.
Nous voulons donc réduire au maximum le risque de réciter une bénédiction en vain. 

Selon certains décisionnaires, chacune des 3 opinions est juste et il n’y aurait pas de divergence entre les 3 avis, car dès lors où l’une ou l’autre de ces 3 conditions est présente dans la pâte, sa bénédiction est « Mézonott », puisque chacune de ces 3 sortes de pâte n’a pas l’aspect d’un pain ordinaire. Ceci est l’explication donnée par le Maamar Mordé’haï.
Mais selon l’opinion de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l, la raison pour laquelle nous considérons ces 3 sortes de pâte comme « Mezonott », repose sur le principe de « Safek Béra’hott Léhakel » et donc du risque de réciter des bénédictions en vain, comme nous l’avons expliqué initialement.

En conclusion : La bénédiction du pain est « Hamotsi ».
Toute chose faite à base d’une pâte pétrie avec un ingrédient doux, comme du miel, du sucre, du lait, ou des jus de fruits, et que le goût de la douceur est distinct, sa bénédiction est « Mezonott ». De même, toute chose faite à base d’une pâte fourrée avec divers ingrédients doux, comme des noix ou des amandes ou autres, et que l’on a enfourné cette pâte avec son contenu, sa bénédiction est « Mezonott ».
De même, toute chose faite à base d’une pâte craquante et croustillante, comme des crackers ou des biscottes par exemple, même si le goût de la pâte n’est pas doux, sa bénédiction est « Mezonott ».

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