Date de la Halacha: 11 Iyar 5780 5 mai 2020
Il est enseigné dans les Pirké Avot (chap.4 Michna 19):
Chémouel Ha-Katan dit : « Lorsque ton ennemi tombe, ne te réjouis pas.
S’il trébuche, que ton cœur ne jubile pas, par crainte qu’Hachem voit cela d’un mauvais œil et qu’ll détourne de lui sa colère. » (Michlé 24-17 et 18).
Notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l commente dans son livre ‘Anaf ‘Ets Avot (page 300):
Les grands d’Israël ne portaient pas attention aux personnes qui leur causaient des souffrances et qui ne se comportaient pas correctement envers eux. Ils ne leur rendaient pas ce qu’ils leur faisaient subir, mais au contraire, ils rendaient le bien pour le mal.
Il est enseigné dans la Guémara Yabamott (63a) que Rabbi ‘Hiya (l’oncle de Rav) avait une épouse qui le faisait souffrir, et malgré cela, lorsqu’il sortait dans la rue et qu’il voyait un beau bijou, il lui achetait, par sentiment de reconnaissance envers elle.
Lorsque notre maitre le Rav z.ts.l était jeune, lorsqu’il commença à diffuser ses décisions Halachiques dans le monde à travers ses premiers ouvrages et qu’il se fit une excellente renommée dans le monde de la Halacha, plusieurs personnes originaires d’Irak s’élevèrent contre lui, et parmi eux plusieurs Talmidé ‘Ha’hamim (érudits dans la Torah) et Kabbalistes.
Ils s’opposèrent à tout ce qu’il disait ou diffusait, car il contestait parfois (avec sources et arguments comme tel est l’usage des érudits dans la Torah, avec respect et de façon sincère et désintéressée) les décisions Halachiques de Rabbenou Yossef ‘HAÏM auteur du Ben Ich ‘Haï, qui était le maitre de tous les originaires d’Irak.
L’un des opposants de notre maitre le Rav z.ts.l était un Talmid ‘Ha’ham et Kabbaliste qui étudiait dans la synagogue et Beit Midrach « Ohel Ra’hel » à Jérusalem. Il s’opposait farouchement à notre maitre le Rav z.ts.l, et il fit ce qu’il fit.
Ce Talmid ‘Ha’ham dirigeait l’orphelinat Séfarade de Jérusalem, qui était toujours placé sous l’autorité du Richon LéTsion Grand Rabbin Séfarade d’Israël. Ce fut d’abord sous l’autorité du Richon LéTsion le Gaon Rabbi Ben Tsion Méïr ‘Haï ‘OUZIEL, et ensuite le Richon LéTsion le Gaon Rabbi Its’hak NISSIM. Durant tout ce temps, ce Talmid ‘Ha’ham dirigeait l’orphelinat, remplissait des rapports et les présentait au Richon LéTsion pour approbation, et ainsi de suite.
En 5733 (1973), notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l fut nommé Richon LéTsion Grand Rabbin d’Israël. A ce moment, ce ‘Ha’ham - opposant à notre maitre le Rav z.ts.l - pensa que notre maitre le Rav z.ts.l allait à présent certainement lui « rendre sa dette » au centuple.
Les jours passèrent et ce ‘Ha’ham constata que notre maitre le Rav z.ts.l ne tentait absolument pas de le démettre de ses fonctions de directeur de l’orphelinat. Le temps passa et ce ‘Ha’ham appris que notre maitre le Rav z.ts.l signait même des documents qui confirmaient son maintient à son poste, et qu’il l’aidait même sur tout ce qu’il réclamait.
Notre maitre le Rav z.ts.l signait même de sa main tous les formulaires de rapports que le ‘Ha’ham directeur de l’orphelinat réalisait durant son travail.
Lorsqu’il constata tout cela, il comprit que notre maitre le Rav z.ts.l ne visait dans ses actes que la seule gloire divine, que la crainte d’Hachem était son seul trésor, et que des gens mécréants l’avaient persécuté gratuitement.
Il commença donc à réfléchir, et conclu qu’il avait fait une terrible erreur.
Il fut rempli de remords et décida d’aller trouver notre maitre le Rav z.ts.l et le supplier de lui pardonner tout ce qui était arrivé dans le passé.
Un jour, notre maitre le Rav z.ts.l marchait dans la rue ‘Amos à Jérusalem, accompagné de son fils le Gaon Rabbi Its’hak Chlita (qui est aujourd’hui le Richon LéTsion). Soudain, le ‘Ha’ham en question arriva face à eux et demanda au Rav s’il pouvait s’entretenir avec lui. Notre maitre le Rav z.ts.l poursuivit son chemin sans lui porter attention. Mais ce ‘Ha’ham était de nature très vive, et il se plaça de nouveau devant le Rav de sorte que le Rav ne pouvait plus l’éviter. Le Rav resta devant lui et garda le silence.
Le ‘Ha’ham lui dit:
« Pardonne-moi ! »
Le Rav lui répondit:
« Crois-tu que je peux te pardonner facilement ?! »
Le ‘Ha’ham insista et commença à s’expliquer en disant que son intention n’était pas mauvaise etc…
Le Rav lui répondit:
« Je te pardonne, mais sache qu’à l’époque où vous m’avez persécuté et où vous avez beaucoup perdu, moi j’étudiais sans cesse et je rédigeais mes livres. »
De nombreux autres actes comme celui-ci étaient fréquents chez notre maitre le Rav z.ts.l, et nous les citons dans le nouveau volume du livre « Avir Ha-Ro’im », que nous auront le mérite de publier avec l’aide d’Hachem prochainement.