Date de la Halacha: 18 Sivan 5783 7 juin 2023
Il est enseigné dans la Guémara traité Sotta (8a) :
Rabbi Méïr dit : La mesure qu’un homme utilise sera celle avec laquelle on le mesurera.
Cela signifie que depuis le Ciel on agira envers l’homme exactement comme lui-même agit.
Comme nos maitres l’enseignent dans la Guémara (Chabbat 151b) :
« Celui qui prend les autres en pitié, on le prendra en pitié depuis le Ciel. »
De même, nous trouvons à de nombreux endroits dans les enseignements de nos maitres, que les impies sont châtiés pour leurs actes à la mesure exacte de leurs fautes, alors que les Tsaddikim sont récompensés également à la même mesure que leurs bonnes actions.
C’est pour cette raison que nous trouvons dans le traité Sanhédrinn (90a) :
Voici ceux qui n’ont pas droit au Monde Futur : Celui qui renie la Résurrection des morts dans la Torah.
Celui qui prétend que la Résurrection des morts - qui doit se produire dans les temps messianiques - ne possède pas de source claire dans la Torah, est privé lui-même de cette résurrection.
La Guémara demande : Pourquoi un si grand châtiment ? Car toutes les mesures d’Hachem ne sont que « Mesure pour mesure », cet homme a nié la Résurrection des morts, il n’aura donc pas sa part dans la Résurrection des morts.
Et de même à l’inverse, concernant la récompense aux Tsaddikim, nous trouvons dans la Guémara traité Chabbat (118a) :
Rabbi Yo’hanann dit au nom de Rabbi Yossé : Celui qui donne du plaisir au Chabbat (par la nourriture et le sommeil), se verra recevoir un héritage sans limites, comme il est dit : « Alors tu te délecteras en Hachem et je te ferai dominer sur les hauteurs de la terre et jouir de l'héritage de ton aïeul Ya’akov ... ».
De même, il est expliqué encore dans la Guémara que celui qui donne du plaisir au Chabbat et qui veille à l’observer, sera épargné des souffrances des nations, on lui accordera également tous les souhaits de son cœur.
MARAN écrit dans le Beit Yossef (chap.242) au nom de Rabbi Its’hak ABOHAB que si on lui accorde un héritage sans limite, c’est tout simplement « Mesure pour mesure », car il a dépensé de l’argent sans limite pour les besoins du Chabbat, ainsi on lui donne un héritage sans limite. De même, s’il est épargné des souffrances des nations, c’est parce qu’il a accepté le joug du Chabbat, on lui retire donc le joug des nations, et on lui accorde aussi les souhaits de son cœur afin qu’il puisse assouvir son désir de tout plaisir qu’il souhaite.
Il y a quelques années, le Gaon Rabbi Aharon Leïb SHTEINMAN z.ts.l nous a quitté.
Dans son livre Matok Ha-Or, est citée une terrible histoire au sujet du principe « Mesure pour mesure ».
Un jour, un jeune étudiant en Torah, père de famille, se présenta devant le Gaon Rabbi Aharon Leïb SHTEINMAN z.ts.l en lui disant qu’il a un garçon qui souffre d’un terrible handicap puisqu’il est né avec une moitié de langue (Qu’Hchem nous en préserve !). Il a eu ensuite un autre garçon qui souffre d’un handicap similaire, et à présent son épouse est enceinte et les médecins lui conseillent d’aller procéder en urgence à des examens génétiques afin de savoir ce qu’il faut faire.
Cet Avre’h consulta donc Rabbi Aharon Leïb SHTEINMAN z.ts.l pour savoir ce qu’il devait faire.
Lorsque le Gaon entendit la question, il lui répondit immédiatement :
« Tu as un problème avec la langue ! Il y a une grande faute que tu as commise avec la langue ! »
L’Avre’h répondit au Gaon : « J’ai probablement dit du Lachon Ha-Ra’. »
Le Gaon lui répondit : « Non ! Beaucoup disent du Lachon Ha-Ra’ et ne sont pas punis de cette manière. »
L’Avre’h répondit : « Quelle est donc cette faute ?! »
Le Gaon lui dit : « Je ne sais pas. Réfléchis toi-même. »
L’Avre’h rentra chez lui très peiné.
Le lendemain, l’Avre’h se présenta de nouveau au Gaon et lui dit qu’il se souvenait qu’étant enfant, il avait attrapé des pigeons sur le toit de la maison, et leur avait arraché la langue.
Lorsque le Gaon entendit cela, il lui répondit immédiatement :
« C’est cette faute pour laquelle tu as été autant puni ! Fais Téchouva ! »
L’Avre’h entendit et avoua sa faute en versant de chaudes larmes, et s’engagea à se repentir complètement.
Effectivement, son épouse accoucha d’un enfant en parfaite santé.
(Le fait est tellement particulier que le Gaon Rabbi Aharon Leïb SHTEINMAN z.ts.l jugea lui-même qu’il était important de le citer dans son livre).