Date de la Halacha: 19 Sivan 5786 4 juin 2026
Question: Notre défunte mère a ordonné dans son testament de ne pas rester en compagnie de l’un de nos frères durant les 7 jours, de ne plus jamais lui adresser la parole, et bien sûr de ne pas l’inviter à nos réjouissances. Il faut préciser que notre frère est un homme bon et qui craint le Ciel, et ce n’est qu’à cause de certaines difficultés et différentes raisons qu’il n’avait pas de bonnes relations avec notre mère. Comment devons-nous agir?
Réponse: Notre maitre le ROCH écrit dans l’une de ses responsa (règle 15 paragr.5, le TOUR le cite au chap.240 sect. H.M):
Un père qui ordonne à son fils de ne pas parler avec untel, ou bien de ne pas lui pardonner ce qu’il lui a fait, mais que le fils désire se réconcilier avec lui et ne s’en abstient que par crainte de l’ordonnance de son père, il ne doit pas prendre en considération l’ordre de son père, car il est interdit de haïr quiconque si l’on ne la pas vu commettre un interdit. Un tel père qui ordonne de haïr n’est pas habilité à faire transgresser à son fils les paroles de la Torah.
C’est ainsi que tranche MARAN dans le Choul’han ‘Arou’h (ibid.).
Cela signifie que même s’il est un devoir de respecter ses parents aussi bien de leur vivant qu’après leur mort, malgré tout, puisque le fait de s’abstenir d’adresser la parole à quelqu’un est un comportement de haine, et que la Torah interdit aux juifs de se haïr mutuellement, par conséquent le fils ne doit pas écouter son père lorsqu’il lui ordonne de ne pas parler avec un autre juif.
Ce n’est que lorsqu’il s’agit d’une personne qui commet des transgressions – au point qu’il est dans ce cas un devoir de la haïr (pour ses actes) – qu’il y a lieu de prendre en considération les ordonnances du père et s’abstenir de parler avec cette personne.
C’est pourquoi le roi David ordonna à son fils Chélomo avant de quitter ce monde, de se venger de Chim’i Ben Guéra qui l’avait insulté, comme il est dit (livre des Rois I chap.2):
« Tu as aussi dans ton entourage Chim’i fils de Géra, de la tribu de Binyamine, de Ba’hourim: celui-là m'accabla des plus cruels outrages lorsque je me retirai à Ma’hanaïm… A présent, ne le laisse point impuni, car tu es un homme avisé; tu sauras comment en user avec lui, et tu feras descendre, ensanglantée, sa vieillesse dans la tombe. ».
En effet, le roi Chélomo observa l’ordre de son père, comme expliqué dans la suite des versets.
Or, selon vos propos, votre frère est un homme qui craint le Ciel, et la colère qu’avait votre mère envers lui provient de causes qui ne justifient pas son éloignement de la famille, et de façon certaine, ne justifient pas le testament ordonnant de ne plus lui adresser la parole. Par conséquent, il vous est interdit de respecter le testament de votre mère, et le mieux serait de convaincre votre frère de se rendre sur la tombe de votre mère pour lui demander pardon conformément au Din.
Et dorénavant, vous poursuivrez votre vie dans l’amour, la fraternité, la paix et l’amitié.
Dans votre sujet, un autre devoir particulier vous incombe : celui de vous éloigner des querelles et de vous comporter l’un envers l’autre avec amour et fraternité, car nous possédons une véritable attestation de notre sainte Torah selon laquelle Hachem désire que des frères soient toujours dans la paix et dans l’amour.
Nous apprenons cela du fait que la Torah interdit à l’homme d’épouser la sœur de sa femme, tant que sa femme est en vie (Vaykra 18-18).
Cela signifie qu’il est interdit à un homme d’épouser deux sœurs.
La raison à cet interdit est expliquée dans la Torah par le fait qu’Hachem désire que les deux sœurs vivent dans l’amour et la fraternité l’une avec l’autre, et il n’est pas de la volonté Divine que la haine s’introduise entre elles. Or, puisqu’en général les deux épouses d’un homme ne s’aiment pas entre elles, la Torah nous a donc mis en garde afin qu’un homme n’épouse pas deux sœurs, comme expliqué dans le commentaire du RAMBAN sur la Torah.
C’est pourquoi, même votre défunte mère – qui se trouve à présent dans le Monde de la Vérité – sait que tout ce qu’elle a ordonné n’est que futilités, et ses propos étaient totalement erronés, car elle désire – elle aussi – que vous continuiez à vivre dans l’amour et la fraternité.
Au contraire, les choses seront pour elle une satisfaction dans le Monde Supérieur.