Halacha pour lundi 12 Nissan 5783 3 avril 2023              

Pour la guérison totale de :
Gabriel Ben Simha
Nissim Ben 'Hanna (Roubach)
Azar Ben Lisa Kamouna (Cohen)
Maxime Moché Ben Sarah (Amar)
Michelle Bat Daisy Esther (Amar, née Madar)

Pour l'élévation de l'âme de :
Jacques Jacky Yaakov Ben Chalom (Ben Adiba) z''l
Alain Chélomo Ben Avraham (Sebban) z"l
Eliyahou El'hanan Its'hak Ben Yoël (Bouhnik) z"l
Ethan Eliyahou David Ben Fredj (Arfi) z"l
Georges Jojo Nissim Ben Moché (Hadjadj) z"l
Yvonne Ouarda Bat Sultana (Hadjadj, née Fitoussi) z"l

Date de la Halacha: 12 Nissan 5783 3 avril 2023

Catégorie: Pesach


Le soir du Séder – Les Matsot de Rabbi Méchoulam

Le soir du Séder est le soir de Péssa’h, où nous sommes assis autour de la table et procédons au Séder selon les institutions de nos maitres.
En Erets Israël, nous n’effectuons ce Séder que le 1er soir de Péssa’h, alors qu’en dehors d’Israël on l’effectue les 2 premiers soirs de Péssa’h.

Notre maitre le TOUR écrit (chap.472) qu’il faut préparer tous les besoins de la nuit du Séder lorsqu’il fait encore grand jour. Cela signifie que dans l’après-midi de la veille de Péssa’h, la table du soir du Séder doit être dressée et ordonnée pour le soir. Il faut étendre une belle nappe sur la table, et disposer tous le nécessaire pour le Séder : Les Matsot, le Karpass (céleri), le Maror (herbes amères), le ‘Harossett (mixture à base de noix, de pommes et de vin), l’eau salée, ainsi que le reste des éléments du Séder.

La raison particulière pour laquelle il faut veiller à cela le soir du Séder est fondée sur le fait de pourvoir débuter le Séder immédiatement au retour de la synagogue.
Notre maitre le Gaon et Richon Lé-Tsion Rabbi Its’hak YOSSEF Chlita écrit qu’il n’est pas indispensable que tous les éléments du Séder soient déjà sur la table, car parfois il n’y a pas assez de place à table, ou bien lorsqu’on désire apporter chaque chose en son temps pour des raisons de confort. Par conséquent, il est suffisant de préparer à l’avance le ‘Harossett, l’eau salée, la laitue et le reste, et de les déposer là où on le désire, de sorte que tout soit prêt pour le repas de la fête, sans le moindre contretemps.

Cependant, notre maitre le Richon Lé-Tsion Chlita ajoute qu’il faut être vigilant et ne pas éveiller de discorde pour ces choses là, car pour la paix et l’harmonie dans le foyer on gagne plus que l’on pourrait espérer. En particulier lors de cette sainte nuit où il faut exprimer de l’allégresse et de la joie sans la moindre colère dans le cœur.

On raconte une anecdote au sujet de l’un des Guéonim des précédentes générations, Rabbi Méchoulam IGRA z.ts.l (il a vécu il y a environ 200 ans, il était un génie de la Torah depuis son enfance, le livre « Guaram Ha-Ma’alott » a été publié à son sujet). Il s’investissait personnellement dans la préparation des Matsot chez lui. Il plantait lui-même le blé pour les Matsot dans son jardin. Ensuite, il récoltait le blé lui-même pour les Matsot du Séder. Il moulait le blé de ses propres mains, et ensuite il préparait la pâte et cuisait les Matsot. Il faisait tout cela lui-même, dans la perfection de l’embellissement de la Mitsva, dans la sainteté et la pureté.

A cette époque, on avait l’usage de conserver les Matsot (ou tout sorte de pain) dans un sac particulier suspendu au plafond par une corde, afin de les protéger de nuisibles rampants. Le Gaon Rabbi Méchoulam plaçait lui aussi ses Matsot dans un tel sac et la Rabbanit plaçait à proximité un autre sac contenant les autres Matsot pour le reste de la fête, des Matsot simples qui n‘avaient pas été confectionnées par le Rav.

Au foyer du Rav vivait une jeune domestique juive pauvre. Elle aidait la Rabbanit dans l’entretien de la maison.
La veille de Péssa’h, la Rabbanit se trouvait dans la cuisine et préparait des « boulettes » (« Kneidlach ») à base de farine de Matsa afin de les mettre dans la soupe. La Rabbanit se tourna vers la domestique et lui demanda:
« Va me chercher s’il te plait 3 Matsot simples dans la pièce à côté, pour que je puisse les moudre pour en faire des boulettes. »
La domestique s’exécuta, et – sans faire attention – elle prit les 3 précieuses Matsot confectionnées spécialement par le Rav pour le Séder. Elle les apporta à la Rabbanit. Celle-ci – ignorant cette erreur – se mit à moudre les Matsot et prépara les boulettes.

Le soir, lorsque le Rav se rendit à la synagogue, la Rabbanit se précipita pour préparer les Matsot du Rav sur la table. Lorsqu’elle pénétra dans la pièce, un cri amer sorti de sa bouche : « Où sont les Matsot du Rav ?! »
Comprenant, immédiatement ce qui s’était passé, la domestique s’enfuit de la maison et alla se cacher à proximité de la synagogue.
En pleine panique, la Rabbanit décida de placer sur la table les Matsot simples, en espérant que son époux le Rav ne le remarquerait pas.

Le Rav revint de la synagogue et s’accouda à table en entonnant le Séder « Kadesh Our’hats … ». Mais soudain, il remarqua que les Matsot se trouvant sur la table n’étaient pas celles qu’il avait confectionnées lui-même. Il se tourna avec étonnement vers son épouse:
« Où sont les Matsot que j’ai confectionné ? »
La Rabbanit lui raconta ce qui s’était passé.
Le visage du Rav devint grave, mais ce n’était pas le souci des Matsot qui le préoccupait. Un tout autre souci remplissait sa pensée:
« Où est la domestique ? »
Il ordonna à son fils d’aller immédiatement à la recherche de la domestique.
Au bout de quelques minutes, son fils était de retour avec la domestique pleine de honte.
Le Rav la fit assoir et lui dit:
« Sache ma fille que je n’ai que faire des Matsot. Ne t’attriste pas sur ce qui s’est passé. Et afin de te montrer que je ne suis pas en colère contre toi et que je désire que tu te réjouisses avec nous pour le Séder, je te promets qu’immédiatement après la fête, la Rabbanit t’offrira une robe neuve ! »

Combien cette histoire et surprenante ! Rabbi Méchoulam – qui s’était tellement investi pour ces Matsot – ne s’est pas laissé toucher par la moindre implication personnelle dans ce qui s’était passé. Il a agit ainsi afin d’embellir les Mitsvott.
Et à présent, le plus grand embellissement de la Mitsva, était de réjouir le cœur de la jeune domestique ! Tel est la véritable volonté d’Hachem.
Qu’Hachem nous fasse mériter de marcher dans les voies de ce Tsaddik.

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