Halacha pour lundi 20 Adar 5776 29 février 2016              

Pour la guérison totale de :
Gabriel Ben Simha
Nissim Ben 'Hanna (Roubach)
Azar Ben Lisa Kamouna (Cohen)
Maxime Moché Ben Sarah (Amar)
Michelle Bat Daisy Esther (Amar, née Madar)

Pour l'élévation de l'âme de :
Jacques Jacky Yaakov Ben Chalom (Ben Adiba) z''l
Alain Chélomo Ben Avraham (Sebban) z"l
Eliyahou El'hanan Its'hak Ben Yoël (Bouhnik) z"l
Ethan Eliyahou David Ben Fredj (Arfi) z"l
Georges Jojo Nissim Ben Moché (Hadjadj) z"l
Yvonne Ouarda Bat Sultana (Hadjadj, née Fitoussi) z"l

Date de la Halacha: 20 Adar 5776 29 février 2016

Catégorie: Tsédaka


La récompense aux Mitsvot est-elle dans ce monde-ci ou dans le Monde Futur ?

Dans la précédente Halacha, nous avons mentionné les propos de nos maitres dans le traité Péssa’him où il est enseigné qu’il est permis à un homme d’offrir de l’argent à la Tsédaka dans le but matérielle d’obtenir une satisfaction dans ce monde-ci. Par exemple, lorsqu’un homme a un enfant malade, il est autorisé à offrir de l’argent à la Tsédaka « afin que son fils guérisse ».

Cependant, il faut préciser à ce sujet que toutes les Mitsvot que nous réalisons dans ce monde-ci n’ont pas pour objectif de procurer une récompense dans ce monde, car nos maitres enseignent (Kiddouchinn 39b) que « la récompense n’existe pas dans ce monde-ci ». En effet, Hachem ne rétribue les Mitsvot aux Tsaddikim que dans le Monde Futur. Et même si les actes des Mitsvot procurent à l’homme une plénitude incomparable dans ce monde-ci - qui contribue à parfaire sa personne, et de plus, la Torah construit la personnalité de l’homme afin qu’il soit quelqu’un d’élevé et doté des plus grandes qualités au sein de l’espèce humaine – malgré tout, ceci ne représente pas la récompense essentielle aux Mitsvot, et n’est uniquement qu’une sorte de « fruits tombés de l’arbre ».
Ce n’est que pour certaines Mitsvot que nos maitres nous ont dévoilés explicitement la propriété qu’elles contiennent, à faire obtenir à l’homme une récompense dans ce monde-ci, comme il est enseigné au début du traité Péa :
« Voici les choses que l’homme accomplit et en consomme les fruits dans ce monde-ci, mais dont le capital lui est préservé dans le Monde Futur : le respect des parents ; la pratique du bien envers autrui ; faire régner la paix entre un homme et son prochain, ainsi qu’entre un mari et son épouse ; et le devoir d’étudier la Torah qui les dépasse toutes. »

De même, il existe des fautes pour lesquelles l’homme reçoit son châtiment dans ce monde-ci, et parmi ces fautes, celle de l’idolâtrie, comme l’expliquent nos maitres à divers endroits.

Dans la Guémara Bava Batra (10a), nos maitres commentent que la Mitsva de Tsédaka – lorsqu’elle est faite de sorte que celui qui donne ignore à qui il donne, et que le bénéficiaire ignore qui est son bienfaiteur – sauve d’une mort violente.
Par exemple : Lorsqu’on offre de l’argent à une institution gérée par des gens religieusement intègres et qui ont la crainte du Ciel, qui vont distribuer cet argent à divers nécessiteux, le bienfaiteur ignore qui sont précisément les nécessiteux qui vont bénéficiés de son argent, et inversement, les nécessiteux ignorent qui est leur bienfaiteur. Cette forme de Tsédaka est la meilleur en qualité, et c’est elle qui a pour propriété de sauver d’une mort violente.

Les Tossafott demandent : Si la Mitsva de Tsédaka - lorsqu’elle est accomplie de cette manière - est une Mitsva si particulière, il aurait été juste de dire qu’elle épargne également du châtiment du Guéhinam dans le Monde Futur, qui est encore plus atroce qu’une mort violente ?! Pourquoi nos maitres dans la Guémara ne mentionnent que le sauvetage d’une mort violente grâce à une telle Tsédaka ?

Mais les Tossafott répondent eux même – au nom de Rabbi Its’hak – qu’en réalité, la Mitsva de Tsédaka sauve même dans le Monde Futur. Cependant, la plupart des Mitsvot n’apportent pas réellement de mérite à l’homme dans ce monde-ci, car toute la récompense lui est gardée dans le Monde Futur, alors que dans ce monde-ci, seules de grandes et particulières Mitsvot apporteront du mérite à l’homme, comme la Mitsva de Tsédaka ou toutes les Mitsvot mentionnées au début du traité Péa, et citées précédemment. C’est pour cela que nos maitres enseignent que « la Tsédaka sauve d’une mort violente », car ceci constitue une particularité supplémentaire à cette Mitsva qui – même si la majeure partie de sa récompense ne sera rétribuée que dans le Monde Futur – malgré tout, on en retire un certain bénéfice et un sauvetage même ici-bas, comme nos maitres l’enseignent : « La Tsédaka sauve de la mort ».

Dans son livre ‘Anaf ‘Ets Avott (page 119), notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l explique la raison pour laquelle Hachem ne rétribue pas la majeure partie de la récompense aux Mitsvot dans ce monde-ci. En effet, ce monde-ci dans son intégralité ne pourrait suffire à rétribuer ne serait-ce que la récompense d’une seule Mitsva, si petite soit-elle, puisqu’un seul instant de plénitude dans le Monde Future vaut plus que toute une vie dans ce monde-ci.

Cependant, les Récha’im (impies) gagnent dans ce monde-ci l’intégralité de la récompense à leurs quelques Mitsvot, comme il est dit : « Il rétribue ceux qui le haïssent de leur vivant afin de les perdre ». Il est également dit : « lorsque les impies fleurissent comme l’herbe … afin de les perdre à tout jamais … », car Hachem donne aux Récha’im l’intégralité de leur récompense dans ce monde-ci, étant donné leur mécréance, ils ne peuvent mériter de recevoir leur récompense dans le Monde Futur car ils n’y croient pas.

Notre maitre le Rav z.ts.l émet une remarque :
Si nous disons que ce monde-ci dans son intégralité n’est pas suffisant pour rétribuer la récompense ne serait-ce que d’une seule Mitsva, comment les impies peuvent-ils percevoir dans ce monde-ci la récompense à leurs quelques actes de Mitsva ?
Mais il répond par une image du Gaon auteur du « ‘Hafets ‘Haïm » z.ts.l :

Un homme riche acheta à un idiot 100 faux billets, et lui paya avec un seul billet authentique. L’idiot dit au riche : « Comment peux-tu me payer tous mes billets avec un seul billet ?! » Le riche lui répondit : « Fou que tu es !! Mon unique billet pourrait être apporté même à la cour royale et serait accueilli avec enthousiasme, alors que tes faux billets, je ne pourrais les utiliser que dans la clandestinité, et ils n’ont pas plus de valeur que quelques misérables pièces ! »

Il en est de même pour notre sujet.
Les Mitsvot réalisées par les Tsaddikim « Léchem Chamaïm » (pour la seule gloire du Nom d’Hachem), bénéficient de la signature d’Hachem lui-même, comme il est dit : « Ce sera inscrit dans le livre du Souvenir destiné à ceux qui craignent Hachem et à ceux qui valorisent Son Nom », et un tel « billet » portant le Nom d’Hachem, lorsqu’il arrivera en haut, sera reçu avec tous les égards, et sera rétribué avec engouement. C’est pour cela qu’il est impossible de rétribuer un tel « billet » dans ce monde-ci, mais uniquement dans le Monde Futur, puisqu’un seul instant de plénitude dans le Monde Futur vaut plus que toute une vie dans ce monde-ci.
Mais lorsqu’un Racha’ réalise une Mitsva, il est hautement probable qu’il la réalisera au nom d’intérêts personnels, pour des honneurs ou pour toute autre raison. Dans un tel cas, le Nom d’Hachem n’apparaît pas sur de telles Mitsvot, et un tel acte est comparable à un faux billet, sur lequel n’apparaît pas le Nom du Roi. Or, dans Sa grande bonté, Hachem ne prive aucune créature de la récompense qui lui revient, même s’il s’agit d’un impie, et de ce fait, Il lui rétribue l’intégralité de sa récompense dans ce monde-ci.

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