Date de la Halacha: 28 Cheshvan 5787 8 novembre 2026
Question : De nombreuses personnes ont l’usage - après avoir procéder à la Nétilat Yadaïm pour le repas - de réciter la bénédiction tout en se séchant les mains.
Cet usage est-il conforme à la Halacha ?
Réponse : Nous avons un principe fondamental enseigné dans la Guémara Péssa’him (7b) selon lequel : Pour toutes les Mitsvot, on doit réciter la bénédiction avant leur accomplissement, excepté pour l’immersion du converti dans le Mikvé.
Cela signifie que pour toute Mitsva que nous accomplissons, nos maîtres ont instauré la récitation préalable d’une bénédiction.
Pour exemples : avant de consommer la Matsa le soir de Péssa’h, nous récitons la bénédiction « ‘Al A’hilatt Matsa » ; avant d’immerger dans le Mikvé des ustensiles neufs (achetés chez un non-juif), nous récitons la bénédiction « ‘Al Tévilatt Kélim » ; avant d’allumer les Nérott de Chabbat, nous récitons la bénédiction « Lé-Hadlik Ner Chel Chabbat ». Et ainsi pour tout autre exemple similaire. Excepté pour l’immersion du converti dans le Mikvé, car avant de s’immerger dans le Mikvé, il est encore à ce moment-là un non-juif qui vient s’abriter sous les Ailes de la Ché’hina (présence divine) pour devenir juif, et il ne peut donc pas encore réciter la bénédiction avant de s’immerger, puisqu’il ne peut prononcer les mots « Acher Kiddéchanou Bémitsvotav Vétsivanou… » (« qui nous a sanctifié par ses commandements et nous a ordonné … »), car à ce moment précis il n’est sanctifié d’aucune sainteté. Par conséquent, nos maîtres lui ont instauré de ne réciter la bénédiction qu’après s’être immergé et devenu juif.
Mais hormis le cas du converti, pour toutes les autres Mitsvot, sans aucune autre exception (excepté pour une Mitsva dont l’accomplissement se poursuit dans le temps), il faut réciter la bénédiction sur la Mitsva avant son accomplissement, et non après.
Une personne récitant la bénédiction sur la Mitsva après son accomplissement, récite une bénédiction en vain, et selon les Guéonim, le RAMBAM et MARAN l’auteur du Choul’han ‘Arou’h, cette personne transgresse l’interdit de la Torah « Tu ne prononceras pas le Nom d’Hachem en vain ».
Selon cela, même pour la Nétilat Yadaïm, il est apparemment une obligation de réciter la bénédiction sur la Mitsva avant de l’accomplir.
Malgré tout, nous trouvons différentes opinions Halachiques au sujet de la bénédiction de « ‘Al Nétilat Yadaïm » parmi les décisionnaires :
Selon le Or Zaroua’, Rabbénou ‘Hanan’el et d’autres décisionnaires médiévaux, il faudrait réciter la bénédiction de « ‘Al Nétilat Yadaïm » immédiatement en commençant l’ablution, afin de réciter la bénédiction avant la fin de l’accomplissement de la Mitsva de l’ablution des mains, mais nous n’avons pas l’usage d’agir selon leurs propos.
Selon d’autres décisionnaires médiévaux (cités dans le Or Zaroua’ chap.79), la Nétilat Yadaïm serait elle-aussi une exception (comme l’immersion du converti), et il n’y aurait pas de nécessité de faire précéder la bénédiction à l’ablution, car il arrive parfois que les mains ne sont pas toujours propres, et de ce fait nos maîtres n’auraient absolument pas instauré de réciter la bénédiction avant l’ablution.
Selon cet avis, on pourrait réciter la bénédiction après l’ablution, mais la Halacha n’est pas fixée selon cette opinion.
L’opinion intermédiaire sur ce point est celle des Tossafot et d’autres décisionnaires médiévaux selon qui, il faut réciter la bénédiction après l’ablution, lorsque les mains sont propres, mais avant le séchage. Ceci en raison du fait que le séchage des mains fait partie de la Mitsva de Nétilat Yadaïm, puisqu’il est interdit de consommer du pain avec les mains mouillées et qu’il est une obligation de les sécher avant de consommer. En agissant ainsi, on récite la bénédiction lorsque les mains sont propres et que l’on se trouve encore au milieu de l’accomplissement de la Mitsva.
L’usage courant se réfère à cette opinion, et nous récitons donc la bénédiction de « ‘Al Nétilat Yadaïm » après l’ablution, mais avant le séchage des mains.
Selon l’opinion de MARAN l’auteur du Choul’han ‘Arou’h (chap.158-11), toute personne récitant la bénédiction après le séchage des mains, récite une bénédiction en vain. Tel est également l’avis du RAMBAM et de la majorité des décisionnaires médiévaux, si l’on a oublié de réciter la bénédiction avant le séchage des mains, il est interdit de la réciter après le séchage, et si l’on récite malgré tout cette bénédiction après le séchage des mains, cette bénédiction est vaine.
En conclusion : Il faut réciter la bénédiction de « Al Nétilat Yadaïm » après avoir procédé à l’ablution des mains, mais avant de les sécher.
Si l’on n’a pas récité cette bénédiction et que l’on a déjà séché les mains, on ne doit plus la réciter. Ainsi tranche notre saint maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l dans son livre Halichot ‘Olam (vol.1 page 317).