Halacha pour dimanche 9 Iyar 5783 30 avril 2023              

Pour la guérison totale de :
Gabriel Ben Simha
Nissim Ben 'Hanna (Roubach)
Azar Ben Lisa Kamouna (Cohen)
Maxime Moché Ben Sarah (Amar)
Michelle Bat Daisy Esther (Amar, née Madar)

Pour l'élévation de l'âme de :
Jacques Jacky Yaakov Ben Chalom (Ben Adiba) z''l
Alain Chélomo Ben Avraham (Sebban) z"l
Eliyahou El'hanan Its'hak Ben Yoël (Bouhnik) z"l
Ethan Eliyahou David Ben Fredj (Arfi) z"l
Georges Jojo Nissim Ben Moché (Hadjadj) z"l
Yvonne Ouarda Bat Sultana (Hadjadj, née Fitoussi) z"l

Date de la Halacha: ו' תשרי תשפ"ו 28 בספטמבר 2025

Catégorie: יום כיפור


L’esprit humble

Il est enseigné dans les Pirké Avot (chap.4):
Rabbi Lévitass de Yavné dit : « Sois très humble ».
Cela signifie qu’il incombe à chaque individu de veiller particulièrement à adopter la qualité de l’humilité qui est la meilleur de toutes les bonnes qualités. En effet, même le roi d’Israël qui doit pourtant diriger son peuple avec autorité et prestance, malgré tout, la sainte Torah lui ordonne de faire preuve d’humilité, comme il est dit (Dévarim 17) : « Pour ne pas que son coeur ne s’élève au-dessus de ses frères … ». De même, Moché Rabbénou qui n’a pas eu son pareil parmi les prophètes d’Israël, fut qualifié principalement par la qualité de l’humilité, comme il est dit : « L’homme Moché était le plus humble, parmi tous les hommes de la terre. »

En réalité, sans l’humilité, l’individu est susceptible de rester toute sa vie dans l’erreur et la méprise, sans avoir la possibilité de se libérer de son état, car il n’est pas disposé à accepter l’opinion des autres, souvent plus sages que lui, qui seraient en mesure de le guider et lui indiquer comment agir. Nous voyons souvent des gens qui ne sont pas de grands sages, mais qui se considèrent comme les plus grands, et de ce fait, méprisent les propos des autres en étant convaincus de la justesse de leur propre opinion, même si chacun constate que ces gens se dirigent avec entêtement vers une voie qui ne les mènera qu’à l’abîme.

Souvenons-nous de notre saint maitre le Rav z.ts.l, malgré toute son extraordinaire grandeur, il se diminuait avec une grande humilité. Même s’il était le dirigeant que l’on sait, avec force et puissance, en étant conscient de son niveau et de sa force, malgré tout, il n’a jamais fait preuve d’un quelconque orgueil.
Un jour, sa petite fille lui rendit visite et lui réclama une bénédiction. Notre maitre le Rav z.ts.l la bénit. Sa petite fille lui dit : « Nos maitres enseignent que le Tsaddik (le juste) décrète et Hachem exécute. Je te demande donc de décréter que me vienne la délivrance. » Notre maitre le Rav z.ts.l lui répondit immédiatement avec simplicité : « Mais moi je ne sui pas un Tsaddik ! Comment donc pourrais-je décréter ?! »

Ceci n’est qu’un exemple de l’humilité dans laquelle notre maitre le Rav z.ts.l s’illustrait tellement, et grâce à laquelle il mérita de s’élever si haut et qu’il trouva grâce aux yeux d’Hachem comme aux yeux des hommes, car aussi bien vis-à-vis des autres que dans son service d’Hachem, notre maitre le Rav z.ts.l faisait preuve d’une humilité parfaite.

Il avait l’usage de raconter cette anecdote:
Lorsque le Gaon Rabbi Yéhonatan EVCHITZ z.ts. fut nommé Rav de la ville de Altona et de la région, Rabbi Yéhonatan voyagea vers Altona. Durant son voyage, il fit étape dans une ville voisine. On était la veille de Yom Kippour, et de ce fait, le Rav décida de s’arrêter pour passer la fête dans cette ville. La veille de Yom Kippour, le Rav pris son livre de prières et alla prier l’office de Minh’a à la synagogue avec la communauté. Il trouva une place aux côtés d’un homme âgé qui priait à voix légèrement haute. Lorsqu’il arriva à la fin de la ‘Amida, l’homme traduisait pour lui-même en allemand chaque phrase du « ‘Al H’et » et priait en pleurant à chaudes larmes. Lorsqu’il arriva au passage « Elokaï, ‘Ad Chélo Notsarti Eni Kédaï … » (« Mon D., Avant d’être conçu je n’étais pas méritant … je ne suis de mon vivant que poussière, à fortiori après ma mort, devant toi je ne suis comparable qu’à un objet plein de honte et d’humiliation … »), il éclata en sanglot et versa un torrent de larmes.

Rabbi Yéhonatan - qui se trouvait à ses côtés – fut très émut d’une telle prière dite avec autant de sensibilité. Après l’office, Rabbi Yéhonatan demanda à l’administrateur à être placé pour tous les offices de la journée de Yom Kippour aux côtés de ce vieil homme, car il est certain qu’autant de ferveur dans la prière ne pouvait qu’aider Rabbi Yéhonatan à prier avec davantage de concentration et d’émotion.

Ainsi, durant les offices de ‘Arvit et de Chah’arit de Yom Kippour - que le vieil homme pria en pleurant et en versant des larmes - Rabbi Yéhonatan pria à ses côtés. Lorsqu’arriva la lecture de la Torah, l’administrateur de la synagogue fit monter 4 personnes à la Torah et honora le vieil homme de la 5ème montée. Le vieil homme fut très vexé du fait qu’on ne lui donna pas la 3ème ou la 4ème montée qui sont plus honorables. Il se leva et dévisagea l’administrateur, puis il lui dit : « Idiot ! Imbécile ! Tu as donné la 3ème montée à untel, la 4ème montée à untel, alors que ces deux là ne m’arrivent pas à la cheville ni en sagesse ni en âge, et tu ne me donnes que la 5ème montée ?! Qui t’as placé administrateur sur nous ?! Reste chez toi c’est préférable ! »

Rabbi Yéhonatan fut stupéfait de ce qu’il voyait et entendait. Etait-ce bien le même vieil homme qui disait dans sa prière « De mon vivant, je ne suis que poussière » ??

Après l’office de Mousssaf, on annonça une pause jusqu’à l’office de Minh’a.
Rabbi Yéhonatan profita de la pause et se tourna avec étonnement vers le vieil homme : « Pourquoi as-tu crié ainsi sur l’administrateur ? Où sont donc passés tes propos disant « De mon vivant, je ne suis que poussière … Devant toi je ne suis comparable qu’à un objet plein de honte et d’humiliation … » ? Il est vrai que beaucoup de gens s’expriment ainsi, sans porter attention à ce qu’ils disent, mais toi qui a traduit chaque paragraphe de la prière en allemand, et qui a tellement pleuré, tu ne peux pas faire partie de ces gens là. »

Le vieil homme répondit à Rabbi Yéhonatan:
« Je suis très étonné de votre question ! Lorsque je parlais ainsi dans la prière, c’est à Hachem que je m’adressais, et en effet, lorsque je me dresse devant Hachem, que suis-je et que représente ma vie ?! C’est vrai, de mon vivant, je ne suis que poussière, et je ne suis comparable qu’à un objet plein de honte et d’humiliation. Ce qui n’est pas le cas lorsque je parle à cet idiot d’administrateur, qui ne m’arrive pas à la cheville, et qui n’avait pas à m’honorer seulement de la 5ème montée ! »

Voilà donc un homme qui ne s’est pas investit dans la qualité de l’humilité, et par son grand orgueil et son erreur, il pense qu’hormis toutes ses qualités il s’illustre particulièrement dans l’humilité, alors qu’en réalité il ne possède ni sagesse ni humilité.

Il n’en est pas ainsi pour celui qui place sa foi en Hachem, qui comprend son insignifiance dans le service d’Hachem, et qui voit d’un bon oeil les qualités des autres. Une telle personne méritera d’acquérir la qualité de l’humilité plus précieuse que tout, et vivra dans le bien dans ce monde-ci comme dans le monde futur.

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