Date de la Halacha: 17 Adar II 5774 19 mars 2014
Divré Torah sur Shémini – « Shabbat Para »
Par le Rav David A. PITOUN
5 Divré Torah
rentabiliser son temps
Il est dit dans notre Parasha, au sujet du jour où fut édifié le Mishkan :
« Ce fut au 8ème jour…Il (Moshé) dit à Aharon : Prend un veau pour le sacrifice expiatoire…Un feu sortit de devant Hashem et consuma l’offrande sur l’autel, … »
Nos maîtres attestent dans le Midrash que ce « 8ème jour » était le jour de Rosh ‘Hodesh Nissan qui « s’empara de 10 couronnes » (qui fut marqué par 10 raisons de se réjouir). Ce jour là était un jour de joie pour Hashem, comme au jour où furent créés le ciel et la terre. C’est à ce jour que le Roi Salomon fait allusion lorsqu’il dit dans Shir Hashirim :
« Sortez et allez voir, filles de Tsion, le roi Salomon, ainsi que la couronne que lui a offert sa mère, au jour de son mariage, au jour de la joie de son cœur »
Les termes « Le roi Salomon (« Ha-Méle’h Shélomo ») » font allusion à Hashem (le roi à qui appartient le Shalom).
La couronne = le Mishkan.
Au jour de son mariage = au jour où Il fit résider Sa She’hina (Sa Présence Divine) dans Sa maison.
Au jour de la joie de son coeur = au jour où le feu descendit du ciel.
Tout ce verset n’est qu’une allusion à Hashem et à sa joie de l’édification du Mishkan.
A partir de ces enseignements de nos maitres, nous pouvons constater la grande joie d’Hashem au jour de l’édification du Mishkan.
Pourtant, nous trouvons aussi parmi les enseignements de nos maîtres des paroles qui peuvent sembler contredire le précédent Midrash.
En effet, nos maîtres commentent le verset :
« Et ce fut, au jour où Moshé acheva le Mishkan … »
La chose est comparable à un roi dont l’épouse s’ingérait constamment dans les affaires du gouvernement, et cela, malgré son incapacité à comprendre quoi que ce soit de ce domaine. Ce comportement était très agaçant pour le roi, car à chaque fois il était forcé par correction, d’entendre l’avis de la reine, et de lui expliquer pour quelle raison il n’y avait pas de sens dans ses propos. Ceci provoquait au roi un grand sentiment de malaise. Que fit-il ? Il lui dit :
« Ma chère reine ! Je voudrais que tu te construises un prestigieux palais d’une très grande superficie, et qu’il soit parfait à tout point de vue, beauté, prestige et luxe, avec tout autour, des jardins de toute beauté … »
La reine entama immédiatement les travaux de son palais, et s’y investit totalement au point de ne plus avoir de temps pour s’occuper des affaires du gouvernement, ce qui satisfaisait pleinement le roi.
Seulement, quelques temps plus tard, la reine termina son palais, et vint devant le roi dans une grande joie, afin de lui annoncer la prochaine inauguration de sa nouvelle maison, qui se fera dans les chants et l’allégresse.
Lorsque le roi se rendit à l’inauguration du palais de la reine, il se réjouit en admirant la beauté de la maison de son épouse. Mais simultanément, une angoisse pouvait se lire sur son visage, et il commença à gémir : « Oï, Oï, Oï ! … »
La reine lui demanda :
« Qu’as-tu mon roi, pour gémir ainsi ?! As-tu trouvé un quelconque défaut dans la construction de mon palais ? »
Le roi lui répondit :
« Pas du tout ! Tout le palais a trouvé grâce à mes yeux, seulement tant que tu étais occupée à construire ton palais, tu ne me dérangeais plus dans les affaires du gouvernement, mais maintenant que tu as terminée sa construction, il n’y a aucun doute que tu reviendras t’ingérer dans les affaires du gouvernement, et c’est pour cela que je suis attristé. »
De même, Hashem dit à Israël :
« Tant que vous étiez occupés à construire le Mishkan, vous étiez tous motivés et investis totalement dan sa construction. Mais maintenant que vous avez achevé sa construction, vous allez en arriver - par ennui – à fauter envers moi, et c’est pour cela que je gémis « Voï Voï ! ».
C’est pourquoi il est dit : Vayhi Bayom Hashémini (ce fut, le 8ème jour) = Voï au jour où Moshé acheva le Mishkan… »
Ce Midrash nous indique apparemment qu’Hashem ne s’est pas réjouit de la construction du Mishkan, puisque le but de sa construction n’était que d’occuper Israël afin qu’ils ne commettent pas de fautes envers Hashem, et l’essentiel de sa construction n’était pas pour Lui-même.
Ces propos s’opposent à ceux du 1er Midrash rapporté et selon lequel, Hashem fut très satisfait de la construction du Mishkan, il désirait réellement sa construction et exprima une grande joie de cette construction.
Mais pour rétablir les 2 Midrashim, il est nécessaire de dire que ces deux enseignements se complètent.
En effet, avec toute la joie d’Hashem du fait de la construction du Mishkan - grâce auquel, Hashem pourra faire résider sa Présence au sein du peuple d’Israël – et qui plus est, les Béné Israël l’ont construit dans la joie et l’amour, en l’honneur d’Hashem, pour toutes ses raisons, il est certain qu’Hashem fut très satisfait.
Mais à tout cela, était mélangée une sensation de peine du fait que maintenant, l’inactivité des Béné Israël peut entraîner l’ennui, qui entraînera à son tour, la faute envers Hashem.
De ce Midrash, nous pouvons retirer une grande leçon pour notre existence, car l’ennui représente la cause principale de la faute envers Hashem.
Comme le stipule le RAMBAM, la pensée de la ‘Avera n’a d’emprise que sur un coeur libre de Sagesse (un coeur tellement disponible et qui pourtant, ne s’occupe pas de sagesse).
D’ailleurs, tous les décisionnaires tranchent que l’oisiveté entraîne l’ennui, qui entraîne à son tour les pires fautes !
C’est pourquoi, chacun se doit de veiller à investir toutes ses pensées, lorsqu’il a du temps de libre, dans des paroles de Torah et de Sagesse, et faire en sorte de toujours s’imposer un travail ou un moment d’étude, et ne pas resté inactif, car l’inaction est la mère de toutes les fautes !!
On doit veiller à ne pas resté oisif à la maison, mais plutôt à apporter de l’aide à son épouse dans le rangement de la maison, chacun selon ses possibilités, et ne surtout pas resté assis sans rien faire.
Il faut aussi penser à éduquer les enfants dans ce sens, afin qu’ils sachent toujours apporter de l’aide à leurs parents dans le rangement de la maison, afin qu’ils ne s’habituent pas à l’oisiveté et à l’ennui, qui sont des habitudes détestables.
La Guémara raconte que l’un des plus grands Tanaïm, Rabbi El’azar Ben ‘Ara’h se reposait un jour dans un lieu où se trouvaient des sources thermales. Il y resta quelques temps. Mais lorsqu’il rentra chez lui, il avait oublié son étude (il n’était plus un aussi grand Talmid ‘Ha’ham qu’il était lorsqu’il était partit se reposer, et pire que cela, il oublia des choses essentielles de la Torah). Les gens prièrent pour lui et il retrouva sa mémoire.
On peut constater de cette histoire que même un géant parmi les Tanaïm, lorsqu’il laisse son esprit se détendre (selon son niveau) dans un lieu de repos, il en oublie son étude !
Comme nous l’avons dit, l’individu doit en permanence faire en sorte de s’imposer une étude ou un travail (s’il ne consacre pas tout son temps à l’étude), afin de ne pas atrophier sa force intellectuelle, qui entraînera le développement des forces animales qui se trouvent dans chaque être humain, et qui l’entraînent vers la faute.
Shabbat « Para »
Un point d’Hala’ha
Le Shabbat qui précède Rosh ‘Hodesh Nissan s’appelle « Shabbat Para ».
Nous sortons un 2ème Sefer Torah dans lequel nous lisons le passage relatif à la loi de la Vache Rousse (Para Adouma), qui était offerte en sacrifice et entièrement consumée sur l’autel, et dont on utilisait les cendres en les mélangeant à l’eau du Temple, et en aspergeant de ce mélange les personnes ou les objets qui avaient contracté l’impureté mortuaire.
Rashi explique dans la Guémara Méguila (29a) que pour être autorisé à réaliser le sacrifice de Péssa’h, il faut impérativement être pur.
Il faut donc mettre en garde Israël avant Rosh ‘Hodesh Nissan, afin que chacun puisse offrir son sacrifice de Péssa’h en état de pureté.
Selon l’opinion de nombreux décisionnaires médiévaux ainsi que selon l’opinion de Maran l’auteur du Shoul’han ‘Arou’h (O.H chap.685-7), l’obligation de cette lecture est une ordonnance de la Torah, tout comme celle de « Za’hor ».
1.
Les mêmes moyens mais pas les mêmes objectifs
Contexte
Hashem ordonne à Moshé et à Aharon le commandement de Para Adouma – La vache rousse.
Cette Mitsva consiste à se procurer une vache totalement rousse, sans la moindre imperfection, et qui n’a jamais porté de poids. On procédait à la Shé’hita – l’abatage rituel de cette vache - puis elle était complètement brûlée. Les cendres de la vache étaient mélangées à de l’eau du Beit Ha-Mikdash, et toute personne ou objet ayant été au contact ou en présence d’un mort, étaient aspergés de ce mélange, et retrouvaient leur statut de purs.
Ce qui fait du commandement de Para Adouma, une ‘Houka – une loi irrationnelle - c’est que justement, celui qui aspergeait les personnes ou objets afin de les rendre purs, devenait lui-même impur. Il devait lui-même suivre un nouveau processus de purification.
« Hashem parla à Moshé et à Aharon en ces termes: "Ceci est la ‘Houka (la loi irrationnelle) de la Torah ; Parles aux Béné Israël et qu’ils prennent pour toi une vache rousse parfaite … » (Bamidbar 19 – 2)
Midrash Rabba (19-8) :
Pourquoi tous les sacrifices sont constitués d’animaux males, alors que la vache rousse est une femelle ? Rabbi Eybo dit : C’est comparable à l’enfant d’une servante qui a sali le palais du roi. Le roi dit : Appelez la mère de cet enfant afin qu’elle vienne réparer les dégâts de son enfant. Ainsi, Hashem demande que l’on offre la vache rousse, afin qu’elle répare la faute du Veau d’Or.
Le Rav GOLDVASSER - cité par le livre Yalkout Léka’h Tov - explique qu’il existe un véritable parallèle entre la salissure du veau et le nettoyage de la vache.
En effet, la confection du Veau d’Or résulta de la transformation de la matière (l’or) en être vivant (le veau), par l’intervention du feu.
Alors qu’en parallèle, les cendres de la vache rousse s’obtiennent par un processus contraire : la transformation d’un être vivant (la vache) en matière (les cendres), toujours par l’intervention du feu.
Cela signifie que l’on peut tout à fait construire le monde au moyen du feu, mais on peut aussi le détruire par ce même moyen !
Il en est de même avec toutes les autres forces et moyens existant dans le monde, qui peuvent être à la fois bénéfique et nuisibles.
Nous ne devons pas faire confiance à la seule compréhension de notre esprit, provenant de notre seule vision des choses !!
La destruction réalisée par des anciens est en réalité une construction. La construction réalisée par des jeunes n’est parfois qu’une destruction (Guémara Méguila 31b).
Il existe une descente qui aboutit vers une ascension, et une ascension qui n’est en réalité que la pire des chutes !!
C’est ce principe que nous apprennent la vache et le veau.
La combustion de la vache - que l’on pourrait interpréter comme une destruction – n’est en réalité que la création de la pureté. Alors que la combustion de l’or qui a engendré le veau – que l’on pourrait interpréter comme une création – n’est en réalité que destruction pour le monde.
2. Play-liste de Mitsvot
« Hashem parla à Moshé et à Aharon en ces termes: "Ceci est la ‘Houka (la loi irrationnelle) de la Torah ; Parles aux Béné Israël et qu’ils prennent pour toi une vache rousse parfaite … » (Bamidbar 19 – 2)
De nombreux commentateurs demandent :
Il aurait été plus précis de dire « Ceci est la ‘Houka de la vache… ». Ou bien « Ceci est la ‘Houka de la purification… ». Pourquoi généraliser l’aspect irrationnel de la Para Adouma à toute la Torah ? Il existe bien dans la Torah des commandements tout à fait rationnels, dont le sens est à la portée de chacun ?!
Lors de l’un de ses Shiourim, notre grand maître, le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l a répondu à cette question de la façon suivante :
Il existe une catégorie d’individus qui se refusent à pratiquer toutes les obligations d’un juif. Ces gens prétextent qu’ils ne peuvent pratiquer que les choses dans lesquelles ils trouvent un sens. Par exemple, ces gens-là n’auront aucune difficulté à donner de la Tséedaka à un nécessiteux, ou bien on pourra constater chez eux une véritable aversion pour tout ce qui est de nuire à son prochain … etc.… Ces gens-là pratiqueront aussi d’autres Mitsvot à la condition qu’il y ait une certaine « logique » à leurs yeux.
En contre partie, il existe des personnes, dont la Emouna en Hashem et sa Torah, est inébranlable. Ceux là n’ont pas besoin d’avoir recours à une démonstration intellectuelle quelle qu’elle soit pour pratiquer les Mitsvot. Ces Tsaddikim accomplissent tous les commandements de la Torah sans jamais être dérangés par le fait qu’il y a certains points qu’ils n’arrivent pas comprendre !
Il est écrit dans les Tehilim (119) « Les Réshaïm (les impies) sont loin de la délivrance, car ils n’ont pas recherché tes ‘Houkim (lois irrationnelles) ».
Il existe plusieurs sortes de maladies. Certaines dont on connaît le mode de guérison, et d’autres maladies dont on ignore le mode de guérison.
Le Tsaddik qui accompli toutes les obligations d’un juif, même celles dont il ignore le sens, sera sauvé par Hashem de toutes les maladies, même de celles dont on ignore le mode de guérison, Midda Kenegued Midda – Mesure pour mesure.
Mais le Rasha’ (l’impie), qui s’autorise à se faire une sélection – une « Play liste » - des devoirs qu’il accomplit, ne se verra délivré que des maladies dont on connaît le sens, et cela aussi selon le principe de Midda Kenegued Midda – Mesure pour mesure.
Puisqu’ils n’ont pas recherché l’accomplissement des ‘Houkim, ces lois irrationnelles, sous prétexte que cela n’avait aucun sens à leurs yeux, les Réshaïm seront loin de la délivrance, en cas de maladie incurable !!!
Un peu de confiance en l’infinie sagesse de la Torah, un peu d’innocence dans la pratique des Mitsvot, mais surtout beaucoup d’humilité vis-à-vis d’Hashem, peut nous sauver la vie !!!!!
C’est pour cela que la Parasha qui traite de la loi irrationnelle de la Para Adouma (vache rousse), débute par les termes généraux « Ceci est la ‘Houka (la loi irrationnelle) de la Torah … », et non pas « Ceci est la ‘Houka de la vache… ». Ou bien « Ceci est la ‘Houka de la purification… ». Afin de nous enseigner que de la même façon que nous accomplissons des devoirs de la Torah, parce qu’ils nous semblent contenir un sens logique, ainsi nous devons accomplir l’intégralité des devoirs de la Torah, même lorsqu’on a du mal à les comprendre !
3. Les signes de conformité de la Vache Rousse
« Hashem parla à Moshé et à Aharon en ces termes: "Ceci est la ‘Houka (la loi irrationnelle) de la Torah ; Parles aux Béné Israël et qu’ils prennent pour toi une vache rousse parfaite … » (Bamidbar 19 – 2)
Hakadosh Barou’h Hou dit : « J’ai érigé une ‘Houka (une loi irrationnelle), j’ai établi un décret. Tu n’as pas le droit de remettre en question mon décret ». (Midrash Rabba sur ‘Houkat)
On peut se demander pourquoi cette répétition « J’ai érigé une ‘Houka, j’ai établi un décret… » ?
Et pourquoi ne pas faire cette mise en garde aussi sur d’autres ‘Houkim comme l’interdit de planter des greffes, ou l’interdit du lait et de la viande ? Pourquoi serions nous susceptibles de remettre en question uniquement cette ‘Houka de la Vache Rousse ?
Il est rapporté dans la Pésikta Rabbati (enseignements des sages du Talmud) :
Un jour, les sages d’Israël devaient se procurer une vache rousse. Après de grandes difficultés, ils en trouvèrent une chez un non juif. Ils lui proposèrent de la lui acheter.
Le non juif accepta contre 4 ou 5 pièces d’or. Ils acceptèrent. Le non juif, voyant à quel point les juifs tenaient à lui acheter sa vache, changea d’avis et leur dit qu’il n’était plus disposé à leur vendre la vache. Ils lui proposèrent 5 pièces d’or, puis 10 pièces, puis 20, jusqu’à ce qu’ils arrivèrent à 1 000 pièces d’or et le non juif accepta. Les ‘Ha’hamim allèrent chercher l’argent. Que fit le non juif ? Il dit à son ami : « Viens voir comment je m’amuse avec ces juifs ! Ils sont prêts à m’acheter la vache à un très gros prix, parce qu’elle n’a jamais porté de poids. Regarde ! Je vais placer un poids sur la vache, et j’empocherai quand même leur argent !!! » Le non juif exécuta ses paroles.
Il existe 2 signes distinctifs pour savoir si une vache a porté un poids ne serai-ce qu’une seule fois dans son existence :
-
Elle possède 2 poils dans le cou, là où généralement on pose la charge. Tant qu’on ne lui a jamais fait porter de charge, ces 2 poils restent parfaitement dressés. Mais dès l’instant où on y pose un poids, ces 2 poils ne se redressent plus jamais.
-
Si elle a porté un poids, ses yeux ne sont plus à la même hauteur.
Les ‘Ha’hamim revinrent avec l’argent pour prendre la vache. Avant de payer, Ils examinèrent la vache, et s’aperçurent qu’elle n’était plus valable. Ils dirent au non juif : « Reprend ta vache, nous n’en avons plus besoin, et va t’amuser avec d’autres personnes !! » Voyant cela, le non juif s’écria : « Béni soit Celui qui a choisi ce peuple ! » Il rentra chez lui et s’étrangla. Qu’ainsi disparaissent tous les ennemis d’Israël !!
Le Ben Ish Haï (Rabbi Yossef ‘Haïm Irak 19ème siècle) fait remarquer que si Hashem ne nous avait pas gratifié de ces 2 signes miraculeux grâce auxquels nous sommes à même de vérifier la vache rousse, nous aurions été susceptibles de « remettre en question » la possibilité de réaliser cette Mitsva, en disant : « La Torah exige que la vache n’ai jamais porté de poids. Mais comment le savoir ?!! » C’est pour cela – dit le Ben Ish Haï - qu’Hashem nous met en garde : « J’ai érigé une ‘Houka, j’ai établi un décret… ». J’ai érigé une ‘Houka – en faisant en sorte que les 2 poils ne se redressent jamais. J’ai établi un décret – en faisant en sorte que ses yeux n’aient plus la même hauteur.
Puisque tu possèdes ces 2 signes, tu ne peux plus « la remettre en question !!! »
4. La vache rousse : Le juste milieu
Les élèves de Rabbi Israël BAAL SHEM TOV (Russie 18ème siècle, fondateur du courant de pensée de la ‘Hassidout) demandèrent un jour à leur maître :
« De quelle façon pouvons-nous accomplir de notre époque la Mitsva de Para Adouma ? Et quelle morale pour le service d’Hashem pouvons-nous tirer des cendres de la vache, puisque nous n’avons plus ni cendres, ni vache ?! »
Le Rav leur répondit :
« Le mot PARA (vache) fait allusion à la GAAVA (l’orgueil), puisque la racine du mot PARA est la même que celle de « Péré Ou-Rvé » (fructifie-toi et multiplie-toi), car l’orgueil élargit l’esprit de l’homme. L’orgueil est à la fois positif et négatif. Comme la Para Adouma (la vache rousse) qui purifiait ceux qui étaient impurs, et qui rendait impurs ceux qui étaient purs. On a toujours enseigné dans le milieu ‘Hassidic de la ville de PESHIS’HA (Europe de l’est) qu’un ‘Hassid doit toujours avoir 2 phrases à l’esprit :
« Je ne suis que poussière et cendre » (phrase dite par Avraham Avinou – Voir Bereshit), et « Le monde n’a été créé que pour moi » (enseignement de nos ‘Ha’hamim) »
Shabbat Shalom