Halacha pour lundi 18 Tammuz 5781 28 juin 2021              

Pour l'élévation de l'âme de 
Yossef Ben Moshé SEROUSSI z"l 
dont c'est la Azkara ce Shabbat 30 Kislev. 

Date de la Halacha: 18 Tammuz 5781 28 juin 2021

Catégorie: Ben Ha-Métsarim


La période de « Ben Ha-Métsarim » (5781)

Les jours de « Ben Ha-Métsarim »
Les jours entre le 17 Tamouz et le 9 Av se nomment les jours de « Ben Ha-Métsarim », en correspondance au verset de Eih’a (chap.1 verset 3) « Tous ses poursuivants l’ont atteinte (Jérusalem) dans la détresse… ».
Or, nos maîtres enseignent qu’il s’agit là des jours entre le 17 tamouz et le 9 Av, pendant lesquels les ennemis ont pénétrés notre sainte et glorieuse ville de Jérusalem, et ont réalisé les pires destructions au sein d’Israël, jusqu’à la date du 9 Av où ils ont détruit le Beit Ha-Mikdach (le Temple de Jérusalem), à cause de nos nombreuses fautes. Et depuis ce jour jusqu’à aujourd’hui, le peuple d’Israël ne connaît pas la tranquillité, car des ennemis se dressent contre lui, de l’intérieur comme de l’extérieur.

Et même si – grâce à D.ieu – nous avons eu le mérite de revenir sur notre sainte terre de façon relativement libre, nous n’avons pas encore mérité la rédemption finale et totale, car notre Temple est toujours détruit, et les nations du monde font souffrir le peuple d’Israël au quotidien. Les chefs des nations se comportent comme des hauts gouverneurs d’Israël. Les malheurs sont de plus en plus fréquents.
Plus que tout, d’un point de vue spirituel, nous sommes très éloignés de la véritable rédemption, jusqu’à ce qu’Hachem ait de nouveau pitié de son héritage, et qu’il nous délivre de nouveau de façon totale et définitive.

Chacun et chacune se doit d’être conscient vis-à-vis de l’exil, et ne pas rester paisible, car cette période  n’est pas une période ordinaire où nous devons malgré nous observer des usages de deuil, mais plutôt comprendre que ces jours sont de par eux-mêmes des jours de deuil car nous sommes peinés et affligés sur la grande perte occasionnée par la destruction du Beit Ha-Mikdach et par l’empêchement de la Rédemption. Notre maitre le Rav z.ts.l disait: « Nous pleurons davantage sur ce qui s’est produit dans notre génération au moment de la terrible Shoah, que ce qui s’est produit il y a des milliers d’années. » Et il motivait le public à se souvenir du million d’enfants innocents massacrés lors de la Shoah, ainsi que tout le peuple d’Israël qui a souffert sous la botte Nazie, nous devons aussi pleurer pour cela!
Nos maitres enseignent: Celui qui prend le deuil sur Jérusalem, mérite de voir sa réjouissance.

Les différents degrés de deuil durant cette période, et la semaine dans laquelle tombe le 9 Av
Durant cette semaine, nous expliquerons les règles de « Ben Ha-Métsarim » (à partir de ce que l’on a écrit les années précédentes, avec quelques suppléments).
Ces règles sont divisées, car à partir du 17 Tamouz jusqu’à Roch H’odech Av, nous observons quelques usages de deuil, et à partir de Roch H’odech Av, nous ajoutons d’autres usages de deuil. Ensuite, durant la semaine dans laquelle tombe le jeûne, d’autres usages de deuil entrent en vigueur.

Cette année (5781), le jeûne du 9 Av tombe dimanche, et de ce fait, selon la tradition des Séfaradim, nous n’avons pas cette année les règles spécifiques à la semaine dans laquelle tombe le jeûne du 9 Av, conformément à la décision Halachique de MARAN l’auteur du Choul’han ‘Arou’h (chap.551).
Seuls les Achkénazim ont l’usage de s’imposer la rigueur pour certaines règles depuis Roch ‘Hodech Av, comme nous l’expliquerons avec l’aide d’hachem en son temps.

« Tikoun H’atsot »
Puisque ces jours sont des jours de deuil pour le peuple d’Israël, nous respectons différentes coutumes de deuil durant cette période.
Les gens d’un haut niveau de piété, ainsi que les personnes très scrupuleuses du moindre de leurs actes, ont pour tradition de dire le « Tikoun H’atsot » (lamentations sur la destruction du Beit Ha-Mikdach et l’exile, que nous disons chaque nuit à la moitié de la nuit) après la moitié de la journée (en France, vers 13h40 ; en Israël, vers 12h40 heure locale) durant la période de Ben Ha-Métsarim.
Ils disent – à ce moment-là – uniquement le « Tikoun Rah’el » (2ème partie du Tikoun H’atsot) qui contient des versets de pleurs et de peine sur la perte du Beit Ha-Mikdach.
Cette tradition est très ancienne, puisqu’elle est déjà rapportée par notre maître le HYDA dans son livre Moré Beetsba’, et il écrit même que telle est la coutume en Erets Israël, selon les enseignements de notre maître le ARI zal. C’est aussi ce qu’il écrit dans un autre de ces livres, le Chou’t Yossef Omets. Il écrit que nous avons l’usage de dire le Tikoun Rah’el car il est basé sur des versets de pleurs et d’oraisons funèbres sur la perte du Beit Ha-Mikdach.
Il cite encore d’autres enseignements de notre maître le ARI zal qui écrit aussi qu’il est un très bon usage pour toute personne possédant une conscience religieuse, de s’asseoir à la façon des endeuillés après la moitié de la journée chaque jour de la période de Ben Ha-Métsarim, et de pleurer véritablement la perte du Beit Ha-Mikdach. Fin de citation.
Il est certain que le fait de dire le Tikoun H’atsot, ne peut que stimuler chacun à s’affliger sur la perte du Beit Ha-Mikdach, ainsi que pour tous les malheurs qui se sont abattus sur nous comme sur nos ancêtres durant cet exile amère.

Tel était l’usage de notre grand maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l, de stimuler le public à dire leTikoun H’atsot au moment précis de la moitié de la journée, pendant la période de Ben Ha-Métsarim. (Le Tikoun Rah’el est imprimé dans les livres de prières).
C’est ainsi qu’ils agissaient à la Yéchiva de Porat Yossef à Jérusalem.

Certains ont aussi la tradition de dire le Tikoun H’atsot tout au long de l’année, à la moitié de la nuit, et ses gens méritent la Bénédiction.

Il faut préciser que même durant toute l’année, il est bon de dire le « Tikoun H’atsot » chaque nuit.
Lorsque notre maitre le Rav z.ts.l disait le Tikoun H’atsot, ses yeux versaient des larmes dans des pleurs saisissants sur les malheurs du peuple d’Israël et sur le retard de la Rédemption finale.

Qu’Hachem nous donne le mérite de voir concrètement la consolation de Tsion et la reconstruction de Jérusalem, Amen.

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