Halacha pour mardi 23 Shevat 5786 10 février 2026              

Pour la guérison totale de :
Gabriel Ben Simha
Nissim Ben 'Hanna (Roubach)
Azar Ben Lisa Kamouna (Cohen)
Maxime Moché Ben Sarah (Amar)
Michelle Bat Daisy Esther (Amar, née Madar)

Pour l'élévation de l'âme de :
Jacques Jacky Yaakov Ben Chalom (Ben Adiba) z''l
Alain Chélomo Ben Avraham (Sebban) z"l
Eliyahou El'hanan Its'hak Ben Yoël (Bouhnik) z"l
Ethan Eliyahou David Ben Fredj (Arfi) z"l
Georges Jojo Nissim Ben Moché (Hadjadj) z"l
Yvonne Ouarda Bat Sultana (Hadjadj, née Fitoussi) z"l

Date de la Halacha: 23 Shevat 5786 10 février 2026

Catégorie: General


Regarder le visage d’un impie

Cette Halacha est dédiée à l’élévation de la Néchama de
Mme Fortune Méssa’ouda Bat ‘Aïcha (Steboun) z’’l, dont c’est la Azkara aujourd’hui  

Il est enseigné dans la Guémara Bava Kama (chap. « Ha-‘Hovel »), ainsi que dans la Guémara Méguila (28b), qu’il est interdit de regarder le visage d’un Racha’ (un impie).
Nous devons comprendre quel est le sens exact de cet interdit, et s’il s’agit d’un véritable interdit.

Celui qui regarde l’arc en ciel

Similairement, nos maîtres enseignent dans la Guémara ‘Haguiga (16a) :
Celui qui regarde l’arc en ciel, ses yeux s’affaibliront », car il est interdit de regarder l’arc en ciel.
Nous avons déjà expliqué dans les Halachot relatives aux bénédictions que l’on récite à la vision de certains événements (Birkot Ha-Réiya), que lorsqu’on voit l’arc en ciel, il faut réciter la bénédiction suivante :
Barou’h Ata A-D-O-N-A-Ï Elo-hénou Mele’h Ha’olam Zo’her Ha-Bérit,
Neeman Bivrito Vé-Kayam Bémaamaro.

(Traduction : Tu es Bénis Hachem (Tu es la source de la Bénédiction) Notre D.ieu, Roi de l’univers, qui se souvient de l’Alliance, qui est digne de confiance pour Son
Alliance, et qui accomplie Sa parole.)

Rabbi David ABOUDARHAM (l’un des décisionnaires médiévaux) écrit :
« On demanda au ROCH : Comment se fait-il que l’on regarde l’arc en ciel lorsque nous récitons la bénédiction, alors que nos maîtres enseignent dans la Guémara ‘Haguiga (16a) : Celui qui regarde l’arc en ciel, ses yeux s’affaibliront ?
Le Roch répondit que celui qui « regarde » n’est pas comme celui qui « voit », car celui qui regarde, ajoute plus de précision dans sa vision que celui qui voit. » Fin de citation de Rabi David ABOUDARHAM.

Il est donc expliqué que lorsque nos maîtres interdisent de « regarder », il s’agit d’un regard observateur, mais lorsqu’il s’agit d’une vision brève comme lorsqu’on cligne des yeux pour voir une chose quelconque, il n’y a là aucun interdit.

C’est ainsi qu’écrit également l’auteur du Sefer ‘Hassidim (seconde édition chap.99) qui n’est autre que le neveu du ROCH :
« J’ai demandé à notre maître Rabbenou Acher (le Roch) : comment se fait-il que le monde se heurte à l’interdiction de regarder l’arc en ciel au moment de la bénédiction ? Notre maître m’a répondu en me disant que le terme « regarder » a pour signification observer avec intention et vision prolongée, mais lever les yeux et voir l’arc en ciel un instant, est permis. »

L’auteur du livre Yossef Omets (Yozfa) écrit quelque chose de similaire.
Il dit en effet que bien qu’il soit interdit de regarder la lune (on la regarde juste avant de réciter la bénédiction et pas davantage), malgré tout, lorsqu’il s’agit d’une vision globale, il n’y a aucun interdit. Ce n’est que lorsqu’on regarde de façon profonde que c’est interdit. Il y a de nombreuses preuves à cela dans le Talmud.

Est-il véritablement interdit de regarder le visage d’un impie ?
Il est expliqué à partir de tout cela que même lorsqu’il s’agit de regarder le visage d’un Racha’, l’interdit n’existe que lorsqu’on le regarde longuement avec observation, mais une vision brève et rapide, comme lorsqu’on parle avec une personne et qu’on regarde son visage de temps à autre, il n’y a aucun interdit.
C’est ainsi qu’écrit également l’auteur du Torah Temima (Paracha de Tolédot sur Berechit chap.27 verset 1 note 2).

Le Torah Témima ajoute encore que lorsque nos maîtres disent qu’il est « interdit » de regarder le visage d’un impie, il ne s’agit pas là d’un véritable interdit, car ni le TOUR, ni le Choul’han ‘Arou’h, ni aucun des décisionnaires n’ont mentionné cet interdit.
Cet enseignement signifie seulement qu’il est très juste de s’en abstenir, mais il n’y a pas de véritable interdit en tant que tel.
Le Torah Témima cite des preuves à ses propos, car il est rapporté dans la Guémara Mégula (Ibid.) que l’on demanda un jour à Rabbi Yéhochoua’ Ben Kor’ha :
« Par quel mérite as-tu vécu aussi longtemps ? » Et il répondit que l’un de ses mérites était de n’avoir jamais regardé le visage d’un impie.
Or, si nous considérons qu’il s’agit d’un véritable interdit, comment Rabbi Yéhochoua’ Ben Kor’ha atteste sur lui-même qu’il n’a jamais regardé le visage d’un impie, comme quelque chose de spécifique ?
Il est donc évident qu’il ne s’agit pas d’un véritable interdit selon le Din.

En réalité, c’est ce qu’écrit explicitement le Méïri (l’un des décisionnaires médiévaux) dans ses commentaires (Méguila ibid.) au sujet du fait de regarder le visage des impies, que toutes ces mises en gardes sont « des qualités des sages et de leurs disciples, et il est juste pour l’homme de s’en inspirer au maximum, » mais il ne s’agit pas de véritables interdits selon le Din.
C’est ainsi que tranche le Chou’t Léhorott Natann (vol.10 chap.24), ainsi que d’autres décisionnaires.       

C’est ainsi qu’ont agi les Grands d’Israël, lorsqu’ils rencontraient des rois et des princes qui étaient de véritables tyrans qui détestent ’Hachem, dans les divers lieux de leur exil, ils ne retiraient pas leurs visages avec provocation pour de ne pas regarder le Racha’, mais ils levaient leurs yeux en regardant légèrement le visage du prince qui se trouvait devant eux.
De même, nous avons souvenir que des gens qui ne craignaient pas Hachem rendaient visite à notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l, et en particulier lors de la visite d’un homme réputé pour sa haine d’Israël (il s’agissait d’une visite dans le but de libérer des captifs), notre maître le Rav z.ts.l n’a pas tourné le visage avec provocation, - en particulier à notre époque, où une telle attitude ne provoquerait qu’éloignement et serait sans aucun intérêt – notre maître le Rav z.ts.l levait de temps en temps les yeux vers son interlocuteur en le regardant légèrement, ce qui correspond à ce que l’on a expliqué.

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