Date de la Halacha: 21 Cheshvan 5787 1 novembre 2026
Il est enseigné dans une Michna des Pirké Avot :
יְהוּדָה בֶּן תֵּימָא אוֹמֵר : הֱוֵי עַז כַּנָּמֵר, וְקַל כַּנֶּשֶׁר, וְרָץ כַּצְּבִי, וְגִבּוֹר כָּאֲרִי, לַעֲשׂוֹת רְצוֹן אָבִיךָ שֶׁבַּשָּׁמַיִם. (אבות פ''ה משנה כ')
Yéhouda Ben Téma dit : « Sois effronté comme la panthère, agile comme l’aigle, rapide comme le cerf, et fort comme le lion, afin d’accomplir la Volonté de Ton Père Céleste. » (Avot chap.5 Michna 20)
Nous allons expliquer cette Michna :
Sois effronté comme la panthère - Le Tana (le sage de la Michna) nous enseigne ici que l’individu se doit d’être « effronté comme la panthère ». En effet, il arrive parfois qu’un individu s’abstienne d’accomplir certains devoirs religieux, pour ne pas être pris en dérision par les personnes de son entourage. C’est pourquoi la Michna nous enseigne de ne pas se priver de nos obligations religieuses, mais au contraire, faire preuve de véritable « effronterie », et ne pas avoir honte vis-à-vis des gens qui se moquent de nous.
Ce phénomène de moquerie est très fréquent sur les usages que la société n’adopte pas.
Par exemple : Il sera difficile à une femme mariée de s’engager à se couvrir la tête tel que l’exige la Torah, si ses amies dans son entourage ne le font pas, de peur que ses amies s’éloignent d’elle. De même, un homme qui désire se montrer très pointilleux sur la fréquentation d’un cours de Torah en refusant de répondre au moindre coup de téléphone pendant la durée du cours, aura peur de la moquerie de ses amis le voyant devenu soudainement « un Tsaddik ». Ou bien, un homme qui s’engage à ne pas bavarder pendant la prière (tel que l’exige la Halacha), lorsque que son ami assis à ses côtés lui posera une question, il aura honte de ne pas lui répondre.
Toutes les personnes se trouvant dans ce type de situation doivent exprimer « l’effronterie de la panthère » sur ces points, et observer les Mitsvot d’Hachem conformément à leur désir. Hachem les aidera à surmonter la moquerie des autres, et au contraire, ils ne bénéficieront que davantage d’estime de leur entourage du fait de leurs bonnes actions.
Cependant, il faut veiller à ne pas en arriver à se disputer avec ces moqueurs, car en définitive, l’effronterie est un trait de caractère très négatif, au point où selon certains avis, il n’est pas permis de l’utiliser, même dans le but de servir Hachem.
C’est la raison pour laquelle, chacun doit veiller à avoir un entourage de qualité du point de vue spirituel, et ne côtoyer que des gens qui marchent eux aussi dans la voie de la Torah, et grâce à cela, il sera beaucoup plus facile d’observer les Mitsvot d’Hachem.
Agile comme l’aigle - Nous constatons que le Tana a choisi « l’aigle » pour exprimer « l’agilité », sans faire mention d’un autre volatile. En effet, l’aigle possède une acuité visuelle particulièrement développée, puisqu’en volant à très haute altitude, il peut discerner le moindre élément qui se trouve sur la surface du sol. La Michna nous met donc en garde contre les dégâts causés par les yeux. En effet, la vue constitue le début de la faute, car « l’œil voit, le cœur convoite, et les outils de l’acte (les membres du corps) terminent. » Il faut donc se montrer « agile comme l’aigle » afin de se dérober rapidement de ce que les yeux nous montrent et de ce que le cœur convoite.
Rapide comme le cerf - Cela correspond aux jambes de l’individu, afin qu’elles courent pour faire le bien. Comme le dit le Roi David dans le Téhilim :
הַדְרִיכֵנִי בִּנְתִיב מִצְוֹתֶיךָ ... (תהלים קיט-לה)
Guide-moi à travers le chemin de tes Mitsvot … (Téhilim 119-35)
On ne doit donc pas se conduire avec paraisse lorsqu’on s’apprête à accomplir les Mitsvot, mais avec hâte et engouement.
Fort comme le lion - L’individu doit faire preuve de la « force du lion » pour accomplir les obligations religieuses d’un juif. Il doit « prendre le dessus » sur son mauvais penchant, afin de ne pas commettre des transgressions.
Car l’accomplissement des devoirs religieux, comme le fait de ne pas commettre de transgressions, nécessitent une très grande force.
C’est pour cela que MARAN débute son Choul’han ‘Arou’h par les mots :
יתגבר כארי לעמוד בבוקר לעבודת בוראו, שיהא הוא מעורר השחר. (שולחן ערוך אורח חיים סימן א סעיף א)
L’homme doit se renforcer comme un lion, afin de se lever le matin pour servir son Créateur, il doit faire en sorte de « réveiller le matin » (Choul’han ‘Arou’h O.H Chap.1-1)
C'est-à-dire, qu’il existe une notion selon laquelle, il faut être éveillé avant l’aube.
Mais les décisionnaires expliquent que celui qui ne peut se lever aussi tôt le matin - en particulier de notre époque où nous avons la lumière électrique et que nous n’allons pas nous coucher très tôt - ou bien celui qui craint d’être fatigué dans la journée, et qui ne pourra pas servir Hachem correctement, dans ces cas-là, il est permis de se lever plus tard, à la condition de respecter l’heure limite du Chéma’ (pour les hommes), ainsi que l’heure limite de la ‘Amida, car ces limites sont totalement obligatoires.
Si chacun s’imagine qu’il s’agit d’un roi de chair et de sang qui lui a ordonné de se lever tôt le matin afin d’exécuter l’un de ses ordres, avec quelle vigilance et quel empressement se lèverait-il pour exécuter l’ordre royal ?!
A fortiori, lorsqu’il s’agit d’exécuter un ordre émanant du Roi Des Rois, Hachem lui-même.